Les investigations autour du tunnel découvert à «Tarajal», soupçonné d'avoir servi au trafic de drogues entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta, se poursuivent. La juge Maria Tardon de l'Audience nationale a adressé une demande d'entraide judiciaire aux autorités marocaines. D'après les médias espagnols, le tribunal a dépêché une commission judiciaire pour permettre à la Garde civile de poursuivre ses investigations au-delà des frontières. Une source judiciaire a révélé au journal El País que la Garde civile a, jusqu'à présent, exploré les 50 premiers mètres du tunnel côté espagnol. Les autorités espagnoles attendent désormais une réponse de leurs homologues marocains pour savoir si l'entrée du tunnel a été localisée sur leur territoire. Depuis vendredi dernier, les autorités marocaines mènent des recherches dans la zone adjacente au tunnel, y compris dans les habitations proches du ruisseau «Las Bombas». Jusqu'à présent, aucune information officielle n'a été transmise aux autorités espagnoles concernant les résultats des investigations marocaines, rapporte Europa Sur. Le tunnel, découvert près d'une usine de calcaire désaffectée depuis deux ans, est creusé à 12 mètres de profondeur et s'étend sur une longueur de plus de 50 mètres. Renforcé à l'aide de planches de bois et de ciment, il aurait été utilisé pendant des années pour le trafic de haschich du Maroc vers l'Espagne et pourrait également avoir servi à d'autres activités illégales, comme la migration irrégulière. Ces investigations s'inscrivent dans la troisième phase de «l'Opération Hadès», lancée suite à une plainte du Parquet anti-corruption, sous la direction de la juge Maria Tardon de l'Audience nationale. Dans le cadre de cette opération, 14 personnes ont été arrêtées ces trois dernières semaines, dont deux membres de la Garde civile. Trois camions transportant plus de 6 000 kilogrammes de haschich dissimulés dans des compartiments secrets ont également été saisis.