Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.
Les présidents des sections régionales de la FMEJ dénoncent le projet ministériel de soutien à la presse régionale, qualifié de «provocateur, régressif et décevant»
Les présidents des sections régionales de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) rejettent fermement le projet de «convention de partenariat pour le soutien à la presse régionale» initié par le ministère de la communication, qu'ils qualifient de «provocateur, régressif et décevant.» Réunis sous la présidence du président de la FMEJ et en présence de membres du bureau exécutif, les représentants des douze régions marocaines ont examiné les tenants et aboutissants de cette nouvelle approche du ministère, qu'ils dénoncent comme une «démarche unilatérale excluant la FMEJ de tout dialogue ou concertation, en violation flagrante du principe d'approche participative consacré par la Constitution.» Ils s'inquiètent, en particulier, du manque de transparence entourant cette convention, dont le contenu «demeure flou et ambigu, au point que plusieurs conseils régionaux éprouvent des difficultés à en mesurer la portée et à prendre une décision éclairée.» Selon eux, ce projet «traduit un désengagement manifeste du gouvernement à l'égard de la presse régionale, qui se voit clairement exclue du système d'aide publique, en contradiction avec le décret encadrant ce soutien.» Prétextes bureaucratiques Les sections régionales de la FMEJ rappellent qu'elles avaient conclu des conventions de partenariat avec plusieurs conseils régionaux, notamment à Tanger, Dakhla et Agadir, avant que le ministère n'intervienne pour en suspendre l'application sous des «prétextes bureaucratiques infondés.» Aujourd'hui, elles dénoncent une manœuvre par laquelle le ministère «reprend à son compte les efforts de la FMEJ, tout en y ajoutant des conditions draconiennes et des considérations électoralistes évidentes.» Elles fustigent également les critères d'éligibilité imposés par le ministère, qui conditionnent l'aide publique à la promotion des régions. Une exigence qui, selon elles, «réduit les médias à de simples outils de communication et de propagande au service des autorités locales, menaçant ainsi leur indépendance et le pluralisme de la presse.» Elles mettent en garde contre le risque de «voir cette aide devenir un levier de règlement de comptes politiques dans les régions, compromettant la liberté d'informer.» La FMEJ dénonce, par ailleurs, la composition de la commission de suivi, «confiée exclusivement au ministère et aux conseils régionaux, sans aucune représentation des professionnels du secteur», ce qui constitue un «net recul par rapport aux pratiques antérieures en matière de gouvernance du soutien public à la presse.» Face à cette situation, la FMEJ appelle les conseils régionaux et les autorités de tutelle à «ne pas se précipiter en validant ce projet dans sa forme actuelle» et à «exhorter le ministère et le gouvernement à assumer pleinement leurs responsabilités légales, financières et organisationnelles à l'égard de la presse régionale.» Elle exhorte également la commission provisoire chargée de la gestion des affaires du secteur à «mettre un terme aux procédures excessives et illégales imposées pour le renouvellement de la carte de presse», notamment les exigences fiscales, qui «ne reposent sur aucune base légale.» Enfin, la FMEJ appelle le gouvernement et le ministère de la communication à «restaurer un dialogue sérieux et responsable avec les acteurs du secteur afin d'élaborer un cadre de soutien juste, pérenne et adapté aux réalités de la presse régionale, indispensable à la diversité médiatique et au développement territorial.»