C'est la période des stages ! Des milliers d'étudiants quittent les bancs des écoles supérieures et des universités, le temps des vacances estivales, pour découvrir le monde de l'entreprise et, souvent, pour la première fois. Une étape destinée à renforcer leur formation et aiguiser leurs premières armes professionnelles. Une chose est sûre : réussir un stage n'est pas une mission facile aussi bien pour les candidats que pour les entreprises. Cela suppose toute une logistique aussi bien en amont qu'en aval. L'objectif étant que le stage soit rentable pour les deux parties. Ce qui est loin d'être garanti à tous les coups. Qui parmi nous n'a pas entendu parler des ces stagiaires qui se tournent les pouces où de ces entreprises qui se plaignent du rendement des candidats «recrutés» pendant l'été ? Conscientes de l'importance de la spécialisation comme critère déterminant dans l'intégration professionnelle, plusieurs écoles et universités marocaines se sont positionnées sur certains métiers prometteurs. Cette stratégie facilite pour les directeurs des ressources humaines la mission de recrutement des stagiaires. Selon les cas... Les étudiants les plus chanceux sont ceux qui profitent de l'image et de la force de frappe de leurs établissements. Le fait par exemple que des écoles supérieures signent des conventions avec de grandes structures vise à faciliter la mission à leurs étudiants. Cette démarche constitue par la même occasion un élément d'attractivité pour ces écoles. Ces conventions consistent à ce que ces entreprises assurent un certain nombre de stages par an aux étudiants dans différents domaines d'activité. S'agissant des facultés, ces conventions sont presque inexistantes, hormis quelques cas précis pour des filières bien limitées. Elles «lâchent leurs étudiants dans la nature sans aucun encadrement. Et malgré leur assiduité et leurs compétences, ces derniers ne séduisent pas les entreprises», déplore Imane Omari, consultante en ressources humaines à Amaljob. Quant aux entreprises, celles qui profitent davantage de leurs stagiaires sont celles qui déterminent à l'avance leurs besoins. Le cas notamment des multinationales et des grandes structures, mérite à ce titre d'être évoqué. Généralement, deux critères sont pris en considération à savoir la qualité de la formation et l'institut. Pour les multinationales, les offres de stages sont assez limitées. Elles ciblent généralement les étudiants des grandes écoles de commerce marocaines et étrangères. «Bien avant qu'il intègre l'entreprise, l'étudiant connaît à l'avance la mission qu'il va remplir durant cette période, la mission qu'il va mener et le manager qui sera chargé de son encadrement», explique Imane Omari. En revanche, les petites et moyennes entreprises ne profitent pas assez de leurs stagiaires. Dans ce genre de structures, «les stagiaires n'apprennent rien», constate Jamal Amrani, directeur général du cabinet Jadh en conseil et recrutement. Concernant les banques et les institutions de financement, leurs offres de stage sont les plus abondantes sur le marché durant cette période compte tenu du départ en congés de leurs collaborateurs. «Les stagiaires remplissent des tâches basiques dans des conditions draconiennes», ajoute Jamal Amrani. La plupart du temps, les stagiaires acceptent cette situation dans la mesure où leur stages valident leur année scolaire. CGEM jette le pont entre entreprises et stagiaires Soucieuse de «joindre l'utile à l'utile», la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a lancé courant cette année, un siteweb semblable à ceux de recrutement. Toutefois, contrairement à ces derniers, il est destiné uniquement aux demandes et offres de stage. À travers cette initiative, la CGEM cherche à satisfaire les besoins des entreprises en matière de main d'œuvre et employés durant les périodes estivales correspondant à des départs en vacances. En parallèle, la Confédération contribue ainsi à former les étudiants sur le tas en leur offrant la possibilité d'avoir une plateforme dédiée. Une solution s'offre donc aux deux parties pour choisir le profil adéquat et l'environnement de formation le plus propice. Malheureusement, nombreux sont les étudiants qui ratent chaque année leur stage. Vu leur jeune âge, ils ne sont pas encore conscients de l'importance de cette période dans la préparation de leur avenir, mais la responsabilité de cet échec est partagée les établissements de formation et les entreprises. Aussi, le ministère de tutelle n'a toujours pas fait un pas sérieux vers la création d'un cadre juridique qui gèrerait ces emplois saisonniers, à l'instar des pays développés. Les établissements de formation, quant à eux, ont commencé à faire appel à des conventions de stage. La plupart du temps, ce document mentionne uniquement la durée de stage, alors qu'il est conçu pour préciser la mission à mener, les objectifs du stage, la personne assurant l'encadrement, ainsi que le sujet du rapport de stage et son état d'avancement.