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Matières premières : L'OCDE tire la sonnette d'alarme
Publié dans Les ECO le 08 - 06 - 2011

En dépit d'une relative accalmie ces dernières semaines, les prix internationaux des denrées alimentaires de base «devraient rester soutenus et instables d'ici la fin de l'année et début 2012». C'est ce qui ressort de la dernière édition du rapport semestriel de la FAO «Perspectives de l'alimentation», publié mardi. En cause, des prix élevés et surtout volatils en raison, principalement, de deux facteurs : la forte diminution des stocks alimentaires et la faible augmentation de la production de la plupart des cultures. Le rapport estime d'ailleurs que «les prochains mois seront critiques pour déterminer comment les principales cultures se comporteront cette année». Bien que les perspectives soient encourageantes dans un certain nombre de pays, «la situation générale est tendue en ce qui concerne les cultures agricoles et les denrées alimentaires de base. La persistance des niveaux élevés des cours mondiaux représente une menace pour de nombreux pays à faible revenu et à déficit vivrier», souligne David Hallam, directeur de la division des marchés et du commerce à la FAO. Si, selon le bulletin mensuel d'analyse et de suivi du prix des produits alimentaires du mois de juin, les importations marocaines de céréales pour cette année «vont fortement baisser en raison du rebond, prévu, de la production interne», le répit pour les autorités pourrait être de courte durée en raison des incertitudes qui planent sur les perspectives des marchés internationaux. Surtout qu'en raison de la situation climatique en Europe, principalement en France, mais également des inquiétudes liées à la mauvaise qualité de la production de blé pour l'actuelle campagne agricole, le Maroc pourrait encore recourir aux marchés internationaux. Et c'est justement à ce niveau que l'horizon paraît des plus sombres. Selon une étude que vient de publier, en début de semaine aussi, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la financiarisation progressive des marchés de produits de base «affecte fortement les cours et entraîne des distorsions majeures et des retombées négatives pour les consommateurs».
Marchés spéculatifs
Selon l'étude de la CNUCED, la détermination des prix des produits de base sur les marchés obéit, en effet, de plus en plus à «la logique des placements financiers plutôt qu'aux fondamentaux des besoins, de l'offre et de la demande». La financiarisation, qui se traduit, selon la CNUCED, «par une augmentation des investissements réalisés dans des produits dérivés de matières premières», a introduit de nouvelles forces influençant les prix. Or, souligne l'étude, le milieu des années 2000 a marqué le début d'une forte tendance haussière des prix des produits de base, qui s'est accompagnée d'une instabilité croissante des cours. Cette évolution a coïncidé avec des changements majeurs concernant les fondamentaux du marché des produits de base, particulièrement dans les pays émergents et qui se résument à une forte croissance économique, une urbanisation en pleine expansion, l'élargissement de la classe moyenne combinée à un changement des habitudes alimentaires ainsi que le détournement de biens alimentaires pour produire des biocarburants et le ralentissement de la croissance de la production et de la productivité agricoles. Des facteurs qui ont, certes, exercé une pression sur la hausse des prix des denrées alimentaires, mais dont l'impact reste en deçà de l'incidence des placements financiers sur les prix, identifiée par la CNUCED comme devenant la nouvelle norme dans la détermination des prix sur ces marchés.
Pression sur la stabilisation des prix intérieurs
Selon la CNUCED, le constat est clair. La financiarisation de l'économie des produits de base favorise «les comportements grégaires et crée des bulles spéculatives». Ce qui, en résumé, équivaut au fait que le prix des matières premières n'est plus uniquement tributaire d'une faible production et donc d'un recours plus consistant aux importations. La nouvelle logique du cours des marchés peut faire en sorte que la réduction des importations nationales puisse paradoxalement s'accompagner d'un coût encore élevé en raison de la spéculation sur le marché international. De quoi donner des sueurs froides au prochain gouvernement qui aura fort à faire pour maintenir la stabilité des prix intérieurs avec un tel cas de figure. Il est vrai que l'inflation alimentaire reste encore modérée en raison principalement des interventions du gouvernement. Selon la FAO, en dépit du fait que le Maroc enregistre un taux de dépendance assez élevé à l'importation, «l'évolution des prix internationaux a eu peu d'impact jusqu'à présent sur les prix intérieurs en raison des interventions des pouvoirs publics». Les mesures prises par le gouvernement pour limiter l'impact des prix internationaux élevés sur les consommateurs, notamment la suspension des droits à l'importation et la mise en place d'un dispositif de restitution à l'importation, ont permis d'enregistrer une tendance baissière, depuis novembre 2010, du taux d'inflation des prix alimentaires qui a diminué de 0,1% entre février et mars 2011. Ce qui s'est traduit par un taux d'inflation en glissement, dans le secteur alimentaire estimé à 4% sur un an, en décembre 2010. Mais jusqu'à quand ? C'est là que réside la question. La sonnette d'alarme que vient de tirer la CNUCED est, en effet, assez inquiétante. L'organisme onusien estime que la situation actuelle est de nature à provoquer un durcissement des politiques monétaires en raison du fait que les «autorités monétaires réagissent à la pression des prix résultant de la hausse des cours des denrées alimentaires plutôt qu'aux goulets d ́étranglement de la production industrielle». Dans sa nouvelle version, le choc des prix alimentaires aura, en effet, et plus que par le passé, un impact majeur certain sur l'inflation et creusera davantage le déficit public. À défaut donc d'un accord entre les puissances mondiales pour une réforme de l'organisation des marchés agricoles, thème au centre de la première réunion du G20 consacrée à l'agriculture, prévue les 22 et 23 juin à Paris, et où il sera question des mesures contre la spéculation sur les denrées agricoles, des investissements en faveur de l'agriculture paysanne et l'arrêt des subventions à la production des biocarburants dans les pays riches, les perspectives s'annoncent des plus inquiétantes pour les pays importateurs de céréales.
Impossible consensus sur la régulation des marchés
S'acheminera-t-on un jour vers la régulation des marchés agricoles ? La question mérite d'être posée au regard de la «cacophonie internationale» sur le sujet. Le président français Nicolas Sarkozy a, il est vrai, fait de la régulation de la spéculation une des priorités de la présidence française du G20 sans toutefois parvenir à obtenir, jusque-là, le consensus obligatoire. Pourtant, en dépit de la nécessité d'intervenir en urgence pour une réponse adaptée à la volatilité des prix alimentaires, des avis discordants commandés par des lobbys internationaux puissants estiment qu'il n'y a aucune corrélation encore prouvée entre la spéculation et l'envolée des cours. C'est ce qui ressort d'ailleurs d'un rapport confidentiel, qui vient d'être remis au président français à quelques jours du premier sommet du G20 consacré à la question. L'auteur du rapport, Pierre Jacquet, a confié au quotidien français La Tribune que «encadrer la volatilité des cours relève de l'impossible». Pour l'économiste en chef de l'Agence française de développement, la spéculation peut s'associer à un mal inévitable, «la spéculation fournit deux services : un, positif, en apportant de la liquidité et l'autre, négatif, en accentuant les tendances de prix. Le problème c'est qu'il est difficile de séparer les deux effets». Imposer une régulation serait donc inutile même si la Banque mondiale souligne que la régulation «ne consiste pas à faire le procès des marchés ou à en bloquer le fonctionnement, mais à mieux les utiliser». Des pistes pour réduire la fluctuation des prix, à défaut d'une régulation, existent cependant, comme l'attestent les nombreuses recommandations adressées par plusieurs organismes (FAO, OXFAM, CNUCED, Banque mondiale,...). Parmi celles qui semblent faire l'unanimité, le renforcement de l'accès du public à l'information sur les stocks de céréales, le recours à des instruments efficaces de couverture de risque prix, la coordination des politiques agricoles nationales, la réduction du déficit de gouvernance mondiale face à l'ampleur des prix à travers l'intégration des marchés financiers agricoles dans la dynamique générale de la régulation financière.
POINT DE VUE: Ahmed Ouayach, Fédération Interprofessionnelle des Activités Céréalières (FIAC)
L'explosion de la bulle spéculative sur les matières premières comme le blé est un problème qui touche bien sûr directement le Maroc, étant donné le fait que le royaume est très dépendant des importations du marché mondial. C'est un fléau dont l'impact réel commence de plus en plus à se manifester sur le Maroc depuis quelques années. La même quantité de matière première peut-être revendue à une dizaine de reprises, favorisant la forte augmentation des cours appliqués. Ceux qui payeront les factures salées de ce phénomène, c'est bien sûr les pays du Sud, comme le Maroc. Il faut savoir, en outre, que cette spéculation ne touche que 10% de la production mondiale agricole. Mais ce sont ces 10%, justement, qui déstabilisent tout le marché, surtout lorsque le couple infernal «pénurie/spéculation» entre en jeu. Le Maroc fait partie des pays du Sud qui ont récemment soulevé, à Dakar, la problématique de l'établissement d'une réglementation internationale pour juguler les dérives spéculatives et leur impact sur les pays africains, en l'occurrence. L'idée a été soutenue par la France, et défendue lors de la dernière réunion du G8, qui regroupe d'ailleurs les premières puissances exportatrices de ces matières alimentaires. Par ailleurs, il faut souligner qu'au niveau local, le gouvernement est en train de déployer beaucoup d'efforts pour limiter les dégâts, aussi bien pour le producteur local, que pour le consommateur, en s'appuyant entre autre sur lla Caisse de compensation pour maîtriser la flambée.


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