Les dépenses de subvention ont coûté 16,6 milliards de DH en 2009, dont 4,85 milliards au titre des arriérés. Elles ont fortement baissé par rapport à 2008 en raison du repli des prix des produits pétroliers. La consommation de butane affiche le plus fort accroissement en quantité : + 5 %. Les dépenses de subventions des produits pétroliers, du gaz et du sucre, au titre de 2009, auront finalement coûté à l'Etat 10,34 milliards de DH au lieu des 28 prévus initialement dans le Budget de l'Etat. En y ajoutant les arriérés des années précédentes (4,85 milliards de DH) et le soutien au prix de la farine, l'enveloppe globale monte à 11,74 milliards de DH. C'est encore beaucoup comparativement au niveau des dépenses de compensation des années antérieures, même si ce montant est en baisse de 50% par rapport à 2008 où la subvention s'était élevée à 33,51 milliards de DH. Par produit, le montant déboursé, en 2009, pour les produits pétroliers a été de 2,14 milliards de DH, de 5,6 milliards pour le butane, de 2,6 milliards pour le sucre et de 1,4 milliard pour la farine. Les arriérés eux étaient constitués de 4,2 milliards pour les produits pétroliers et le gaz butane et de 637 MDH pour le sucre. Comme l'explique le directeur de la Caisse de compensation, Najib Benamour, cette baisse de l'enveloppe dédiée à la compensation résulte essentiellement du repli des prix des produits pétroliers sur le marché international ainsi que de la mise en place, depuis le 16 février dernier, d'une nouvelle structure des prix des produits pétroliers et du gaz butane. Au cours des premiers mois de l'exercice, en effet, les prix sont tombés sous la barre des 40 dollars le baril. Mais à partir du mois d'avril, une nouvelle tendance à la hausse est apparue, portant le prix du baril à 57 dollars en juin, puis à 76 dollars en novembre. Sur l'ensemble de l'année 2009, le prix moyen du baril est de l'ordre de 60 dollars, selon le directeur de la Caisse de compensation. On est donc loin des 100 dollars le baril (en moyenne) de l'année 2008. S'agissant du gaz butane, son prix a plus que doublé en passant d'une moyenne de 320 dollars la tonne (coût et fret) en janvier 2009 à 697 dollars la tonne (coût et fret) en décembre. En dépit de ces évolutions, la consommation du gaz butane est restée sur le même rythme que celui enregistré depuis plusieurs années (+ 5%) ; cette progression stable résultant sans doute du fort soutien dont bénéficie ce produit. Les produits pétroliers, eux, ont évolué «petitement» (+ 3%). Les contrôles ne relèvent aucune anomalie Il faut rappeler ici que la baisse des cours des produits pétroliers n'a pas profité qu'à l'Etat puisque ce dernier en a fait bénéficier le consommateur dès la mi-février 2009 : – 2,63 DH/l pour le gasoil 50 PPM, – 1 DH/l pour l'essence super sans plomb et – 300 DH/t pour le fioul. Ceci pour dire que le montant global des dépenses de compensation aurait pu être encore moins élevé si des baisses n'avaient pas été consenties au profit des consommateurs. Comme pour le gaz butane, et même plus que le gaz butane, les prix internationaux du sucre ont poursuivi leur hausse pour la deuxième année consécutive, enregistrant un record à 479 dollars la tonne (coût et fret) en septembre 2009. Actuellement, c'est-à-dire à la fin de l'exercice 2009, les prix ont grimpé à 700 dollars la tonne (coût et fret). La production nationale, c'est connu, ne suffit pas à couvrir les besoins, et chaque année, il faut en importer presque la moitié. En 2009, la consommation du sucre sera de l'ordre de 1,157 million de tonnes contre 1,142 million de tonnes en 2008 (+ 1,3%). Rappelons ici que dans le cadre du renforcement de la bonne gouvernance de la Caisse de compensation, le contrôle des dossiers de compensation a été confié à des cabinets externes : Mazars Masnaoui pour le sucre et Fidaroc Grant Thornton pour les produits pétroliers et le gaz. Selon Najib Benamour, directeur de la caisse, ces cabinets ont déposé les quatre rapports de leur mission, tandis que les rapports finaux seront prêts ce mois de janvier 2009. «Aucune anomalie, tant au niveau de la caisse que chez les opérateurs, n'a été relevée», précise M. Benamour.