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DanielGate. Pourquoi la thèse du cabinet royal ne tient plus
Publié dans Lakome le 11 - 08 - 2013

Les autorités espagnoles confirment l'existence de deux listes envoyées à Rabat, une pour les grâces et une pour les transfèrements. Information non-démentie par les autorités marocaines. Or l'existence des deux listes permet d'affirmer que le cabinet royal a menti et qu'Hafid Benhachem ne peut être l'unique responsable de ce fiasco.
Lorsque le cabinet royal a annoncé le 5 août dernier les résultats de son enquête et la révocation de Hafid Benhachem, tenu pour seul responsable de la grâce accordée à Daniel Galvan, son communiqué précisait que le pédophile faisait partie d'une liste de 48 détenus espagnols et que l'erreur s'expliquait par le fait que l'administration pénitentiaire avait envoyé des informations «erronées» au cabinet royal sur le cas Galvan.
Or, le même jour, une information publiée par les médias espagnols et marocains (dont Lakome) allait complètement invalider la version officielle marocaine : l'ambassade d'Espagne au Maroc a en fait envoyé deux listes à Rabat. L'une de 30 détenus espagnols demandant leur transfèrement en Espagne pour y accomplir le reste de leur peine ; et une liste de 18 détenus pour lesquels les autorités espagnoles demandaient la grâce.
L'ambassade d'Espagne à Rabat n'a jamais démenti cette information. Au contraire, mercredi dernier, le Secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires étrangères, Gonzalo de Benito, a enfoncé le clou en confirmant que Daniel Galvan se trouvait sur la liste des transfèrements et qu'une erreur des autorités marocaines avait permis la libération du pédophile.
Rabat n'a pas démenti, ce qui permet de conclure que le Maroc accepte la thèse des deux listes envoyées par l'ambassade d'Espagne.
La version officielle invalidée
Or, l'existence même de ces deux listes remet en question la version officielle présentée le 5 août. D'abord à propos de la responsabilité de l'administration pénitentiaire. Même si le cabinet royal avait délégué aux services de Benhachem le soin de vérifier administrativement les dossiers de grâce et de transfèrements, c'est bien un responsable du cabinet royal qui a réceptionné les deux listes et qui au final n'en a validé qu'une seule de 48 graciés. Comment alors faire porter «l'entière responsabilité» de ce qui est arrivé à Hafid Benhachem ?
Le cabinet royal aurait donc menti, et ce à plusieurs reprises. Dès le 30 juillet en annonçant que Mohammed VI avait gracié les 48 détenus espagnols à la demande du roi d'Espagne Juan Carlos. La Maison royale espagnole a d'ailleurs démenti quelques jours plus tard, sans susciter de réaction officielle côté marocain. Puis dans le communiqué du 5 août annonçant les résultats de «l'enquête approfondie» et le limogeage de Benhachem.
Si les 30 détenus prévus pour le transfèrement, dont Daniel Galvan, ont été graciés par erreur, le cabinet royal a aussi menti par omission et l'on peut se demander pourquoi Mohammed VI, qui a retiré sa grâce à Galvan le 4 août, ne l'a pas fait aussi pour les 29 autres espagnols, parmi lesquels Antonio Garcia Ancio, lourdement condamné l'année dernière à Tanger pour trafic de drogue.
Transfèrements, une prérogative du gouvernement
L'existence de deux listes soulève également une question majeure : comment le cabinet royal a-t-il pu mettre la main sur la liste des transfèrements, alors que ses prérogatives se limitent en principe à la grâce ? Et pour en faire quoi ?
Les demandes de transfèrement sont en effet du ressort de la Primature et instruites par le ministère de la Justice conformément à la convention bilatérale de transfèrement signée entre le Maroc et l'Espagne en 1997. C'est d'ailleurs auprès d'Abdelilah Benkirane que le roi d'Espagne Juan Carlos a intercédé lors de sa dernière visite au Maroc afin d'autoriser le transfèrement d'Antonio Garcia Vidriel.
Lakome et El Pais ont révélé que le conseiller du roi Fouad Ali El Himma avait insisté le 20 juillet par téléphone auprès de l'ambassadeur d'Espagne pour que les deux listes soient envoyées directement au cabinet royal, et ce afin de court-circuiter le gouvernement Benkirane. Lakome et El Pais maintiennent toujours cette version. De leur côté, ni Alberto Navarro dans son vague «démenti marocain», ni le cabinet royal, silencieux depuis le 5 août, n'ont fourni d'explications pour répondre à cette question.
Pourquoi la fusion des deux listes ?
Concernant la fusion des deux listes, celle des grâces et celle des transfèrements, peut-on vraiment croire que le cabinet royal a commis une erreur aussi grossière sans que personne au sein de cette structure ne s'en rende compte, même lors de la validation finale d'une liste unique de 48 détenus ? Si c'est le cas, l'incompétence du ou des responsables du cabinet royal serait avérée. Si ce n'est pas une erreur mais un acte volontaire, c'est encore pire...
Au final, si le cabinet royal ne s'était pas «accaparé» la liste des transfèrements, les dossiers de Daniel Galvan et des 29 autres détenus de cette liste auraient été traités par le gouvernement. En pratique, ces détenus n'auraient donc jamais eu la possibilité d'être graciés et libérés.


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