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Le ventre de la bête
Publié dans La Gazette du Maroc le 26 - 07 - 2004

La résistible ascension d'Arturo Ui” de Bertold Brecht a pour ultime réplique: “Le ventre de la bête est toujours fécond”. C'était tout juste après la fin de la deuxième guerre mondiale marquant la défaite nazie. Le message de Bertold Brecht était que l'antisémitisme pourrait réapparaître à n'importe quel moment. Il faut prendre l'antisémitisme au sens large puisque les trois religions du livre sont nées en terre sémite, bien que les sionistes forcenés veulent à tout prix faire un distingo entre Arabes et Juifs. Un démenti vient d'être infligé à cette thèse à l'origine de bien des malheurs en Palestine. C'est la profanation des cimetières juifs, musulmans et chrétiens en France. Ces crimes étaient auparavant commis contre des cimetières juifs un peu partout en France -mais pas seulement- et permettaient aux Associations juives de tenir une étonnante comptabilité : tant d'insultes, tant d'agressions physiques, tant de profanations, comme pour les accidents de la circulation. Et évidemment, le tout attribué à des Maghrébins, oubliant que des mosquées ont été taguées plus d'une fois avec les mêmes inscriptions. Cependant, les dernières profanations ont lieu en Alsace et visaient les trois religions, ce qui révèle une sinistre réalité, le nazisme n'est pas mort. Que ce soit l'Alsace qui le rappelle au reste de la France n'est pas le fruit du hasard. C'est d'abord une réplique aux différentes manifestations organisées tout azimut à l'occasion du 60ème anniversaire de la libération de la France. Cela veut dire que si les armées nazies ont été vaincues, la braise nazie était encore rougeoyante sous la cendre. Que cela se passe en Alsace n'est pas étonnant puisque cette province a toujours été disputée entre la France et l'Allemagne, même à l'époque du Reich. Ceci dit si l'Alsace est française, les populations sont de culture germanique et parlent allemand en privé. Ici il faut rappeler un événement dramatique qui illustre bien cette situation. Durant le repli d'une unité nazie à la fin de la guerre, les nazis s'étaient arrêtés dans un paisible village, Oradour-sur-Glane, et avaient exécuté froidement tous les hommes. Les femmes et les enfants avaient été enfermés dans l'église du village. Le tout avait été incendié. Parmi les exécutants de cet horrible massacre, il y avait 17 Alsaciens en uniforme nazie. Par conséquent l'hostilité des régions environnantes de l'Alsace est encore vivace aujourd'hui. Après la guerre, malgré la constitution du pool charbon acier, l'Allemagne avait pourtant suivi une tactique astucieuse. De nombreuses unités industrielles avaient été installées le long de la frontière avec l'Alsace. Tous les jours donc les Alsaciens se rendaient à leur travail en Allemagne et parlaient allemand, alors que le soir en rentrant chez eux faisaient de même. Il y a des choses dont il faut se souvenir, bien que les dirigeants européens affichent une satisfaction démesurée sous prétexte qu'il y a l'euro et que la Commission de Bruxelles régule les questions économiques. On peut signaler en passant que la Grande-Bretagne n'est pas plus européenne que Formose n'est indienne. L'important se passe au cœur de l'Europe. Après la réunification de l'Allemagne, l'ancien Président français Mitterrand avait dû insister lourdement auprès du chancelier Helmut Köhl pour que celui-ci reconnaisse la frontière Oder Neisse. Mais ostensiblement le chancelier nommait Dandzig le port polonais appelé Gdansk, ce qui se fait encore. En outre, il existe à Berlin un musée qui recueille des documents sur les horreurs nazies censées dégoûter les jeunes générations. “Plus jamais ça”, dit un slogan. Or, d'après des voyageurs qui visitent l'Allemagne, de nombreux jeunes ont la réaction inverse, avec cette réflexion : “C'est un nouveau Hitler qu'il nous faut”. Le chancelier Schröder perdra certainement les prochaines élections à cause de la situation économique de l'Europe que la majorité rejette -nostalgie de la grandeur prussienne- et de l'esprit de revanche qui demeure vivace, après l'humiliation du traité de Versailles en 1920 imposé au Kaiser, ce qui avait engendré Hitler, qui avait été défait en 1944, lui aussi.
Du reste, quand on constate l'énorme pourcentage d'abstentions aux dernières élections européennes, on s'aperçoit que l'Europe n'intéresse pas grand monde. Mais les dirigeants continuent l'élargissement de l'Europe à marche forcée -en passant par-dessus la Turquie- comme s'ils voulaient exorciser quelque chose. En tout cas, cela n'élimine pas les revendications territoriales. L'Allemagne a mis pour l'instant une sourdine à ses revendications sur la Silésie et la Pologne rêve d'un morceau de Russie. Celle-ci, bien que ne faisant pas partie de l'Europe revendique en Géorgie l'Abkhazie et l'Ossétie dont les populations russophones veulent leur rattachement à la Russie qui aspire toujours à reconquérir la grandeur de l'empire russe. Il faut rappeler que la Géorgie est un futur candidat à l'Europe. En même temps, plus l'Europe s'élargit plus il y a d'adhérents à l'OTAN, ce qui satisfait les Etats-Unis qui auront davantage de chair à canons à leur disposition. Mais pas plus que les Européens ils ne se préoccupent de l'ex-RDA où il y a 50.000 emplois pour 1 million de chômeurs. Pourtant, dès que le régime de l'Allemagne de l'Est s'était effondré, la droite y avait gagné massivement des voix. Dans les bras de qui tomberont ces nouveaux laissés pour compte ? Alors que non loin le chaudron de l'ex-Yougoslavie est toujours en effervescence. En revanche, l'Occident refuse toujours d'admettre que le terrorisme international a pour origine des siècles d'humiliations et d'exploitation infligées aux peuples arabo-musulmans. Et qu'il le veuille ou non, la Palestine spoliée et le sort des Palestiniens dépouillés chaque jour davantage seront une des causes, tant que la situation restera en l'état, à laquelle il faut ajouter désormais l'Afghanistan et l'Irak. Mais l'Occident attaché à ses anciennes méthodes de colonisateur ne connaît que la répression et la corruption. Ce n'est pas parce qu'il y a un nouvel homme fort à Ghazza dont les milices sont payées par les services spéciaux égyptiens -dixit Alexandre Adler, avec satisfaction- que le problème sera résolu.
Il ne faut pas se voiler la face. Tant que les sionistes de Palestine et de la Maison Blanche feront la loi, le monde arabo-musulman restera en ébullition, et le nazisme se montrera de plus en plus. Sans qu'il y ait aucune possibilité d'amalgame, tant il est évident qu'ils sont antinomiques.


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