Une introduction en Bourse tranquille mais porteuse d'un potentiel de croissance sur la durée. Salafin semble, en effet, privilégier la pondération et la constance. On peut décider de prendre le chemin de la Bourse et ne pas chercher à faire des vagues. Il y a, en effet, des sociétés qui privilégient un rendement sûr dans la perspective de la durée plutôt qu'un effet d'étincelles spectaculaire mais porteur parfois de questions. C'est le cas, par exemple, de Salafin. Spécialisée dans le financement par crédit, cette filiale du groupe BMCE Bank, récemment introduite à la Bourse des Valeurs de Casablanca, a ainsi choisi une autre approche que celle de la «bourse-casino», chère à certaines structures dont le public a eu le loisir de regarder l'évolution fracassante, au cours des derniers mois. Pas question donc pour le top-management de la société de s'attendre à une forte croissance de l'action après sa récente introduction. Manifestement, les responsables de Salafin ont une autre vision sur la stratégie de développement via la Bourse que celle du groupe Addoha, par exemple, d'où la décision d'avoir, dès le départ, prévu des souscriptions en nombre relativement limité. Aussi, pour le baptême de son aventure boursière, rien ne s'est fait pour Salafin à la manière d'Addoha, à commencer par le syndicat bancaire de placement où seuls les réseaux de placement appartenant aux deux groupes ayant conseillé l'opération, ont été retenus, en l'occurrence le réseau BMCE Bank-BMCE Capital Bourse et celui de CFG Group. Quelle croissance devrait réaliser Salafin après son introduction? Evidemment, et comme il fallait s'y attendre, aussi bien les investisseurs institutionnels que les boursicoteurs se sont rués sur le titre Salafin car les fondamentaux en sont très bons : filiation BMCE valorisante, image du groupe, potentiel de développement et donc marge de croissance… «Ceux qui veulent tirer le gros, en quelques jours, devraient tenter leur chance au loto», lançait Amine Bouabid, président du directoire de Salafin, au lendemain de l'introduction en Bourse, précisant que «cette opération s'adresse aux vrais investisseurs et non aux spéculateurs». Sur le long terme, il est vrai que l'espérance de gains semble assez importante pour la valeur Salafin au vu de la rentabilité affichée par la société depuis qu'elle a été créée il y a une dizaine d'années. «En termes de rentabilité, Salafin présente le meilleur retour sur fonds propres de tout le secteur financier, y compris les banques de la place. Elle est devenue le premier contributeur dans le résultat consolidé du groupe BMCE Bank en 2006», confie notamment M. Bouadib. La société présente un ROE (Return On Equity) de 26%, c'est-à-dire que son résultat net de 2006 représente 26% des fonds propres moyens entre 2005 et 2006. Voilà le genre d'indicateurs qu'aiment à apprécier les investisseurs.