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Les Oasis du Maroc : un patrimoine unique valorisé par les communautés locales
Publié dans Hespress le 05 - 12 - 2024

Dans l'imaginaire collectif, l'oasis symbolise la vie et l'espoir qui émergent au cœur du désert. Pour beaucoup, l'oasis incarne une source de vie face à l'aridité du milieu environnant. Mais au-delà de cette image, cet écosystème abrite un riche patrimoine humain, culturel et naturel, précieux et unique au monde.
Ahmed Benamar, propriétaire du gîte touristique El Khorbate situé près d'Errachidia, au Maroc, déclare : « Quand on parle d'un ksar (ensemble de bâtiments fortifiés, en terre) ou d'une oasis, on ne parle pas de choses matérielles, on parle de valeurs humaines ». Les oasis représentent également un patrimoine culturel unique et un savoir-faire ancestral.
Par le biais d'une gestion concertée des ressources naturelles, notamment de l'eau, les communautés oasiennes ont cultivé des pratiques ancestrales qui continuent d'être préservées et qui se transmettent encore de génération en génération. « Les populations locales ont développé des moyens, des techniques et des savoir-faire qui s'adaptent aux contraintes et spécificités de leur environnement », explique Lahcen Kabiri, enseignantchercheur à l'université Moulay Ismail d'Errachidia, acteur de la société civile et expert des oasis.
Parmi ces exemples, figurent les techniques agricoles, les systèmes d'irrigation ancestraux, l'architecture en terre telle que les khettarras (galeries de drainage), ainsi que les systèmes ingénieux pour une gestion efficace et efficiente des ressources en eau. Ces pratiques et savoir-faire ancestraux ont permis de préserver la résilience des oasis au fil du temps, témoignant d'une relation profonde entre l'homme et la nature : « L'oasis, c'est ma mère, mon pays, ma terre nourricière. On y trouve tout », comme le rappelle Redouane Bousshaba, agriculteur dans la région d'Errachidia.
Au-delà de leur riche patrimoine architectural et culturel, les oasis abritent un capital naturel unique et inestimable. « Les oasis se distinguent par leur biodiversité, leur géodiversité et leur diversité culturelle, le tout soutenu par une gouvernance exemplaire », ajoute Lahcen Kabiri.
Cependant, le Maroc fait face à une sécheresse persistante depuis plusieurs années. Selon le Rapport national sur le climat et le développement (CDDR) de la Banque mondiale, les ressources en eau du pays ont diminué de presque 30 % au cours des 60 dernières années, exerçant une pression croissante sur les réserves en eau et plaçant le Maroc dans une situation de stress hydrique à long terme. Les oasis, qui dépendent étroitement de ces ressources en eau, subissent les conséquences directes de cet épuisement.
Dans ce contexte, la préservation des oasis et la promotion de pratiques agricoles adaptées et durables sont essentielles pour réduire les impacts environnementaux et climatiques. Il est également essentiel de soutenir les populations locales dans leur résilience face aux défis posés par le changement climatique.
Préserver le patrimoine des oasis tout en créant des opportunités pour les populations locales
Conscient de la valeur inestimable du patrimoine oasien et des menaces croissantes liées au changement climatique sur ses écosystèmes, le Maroc poursuit activement une stratégie nationale pour la préservation et la revitalisation de ces écosystèmes uniques, notamment à travers l'action de l'Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l'arganier (ANDZOA).
L'ANDZOA a pour mission d'élaborer, en coordination avec les autorités gouvernementales, les élus et les autres parties prenantes, un programme global d'aménagement des zones oasiennes et de l'arganier. Elle veille également à sa mise en œuvre et à son évaluation, dans le respect des principes du développement durable, sur les plans économique, social, culturel, environnemental et humain.
L'un des principaux objectifs de la stratégie nationale de préservation et de revitalisation des oasis est d'améliorer le bien-être des populations locales et d'accroître l'attractivité des territoires oasiens, grâce au soutien coordonné des initiatives locales et régionales.
Le gouvernement marocain a lancé plusieurs projets phares pour revitaliser les oasis du Royaume, comme l'unité de transformation des dattes à Ferkla, dans la région d'Errachidia, qui vient en aide aux petits agriculteurs de la région. « Avant, je devais vendre mes dattes le matin même avant qu'elles ne pourrissent, mais maintenant, si je ne parviens pas à les vendre au souk, je les conserve dans ces réfrigérateurs, et le Groupement d'intérêt économique nous aide à écouler notre production sur les marchés nationaux et internationaux », explique Mbarek Taadid, un agriculteur de la région d'Errachidia.
Ces projets visent également à soutenir les populations vulnérables, notamment les jeunes et les femmes. Mama El Harrouch est fière du travail de sa coopérative de produits dérivés des dattes : « Je suis heureuse de mon travail, car ce sont des produits de notre oasis, qui me permettent d'être active, de travailler, de gagner un salaire et d'aider ma famille ». Et d'ajouter : « Avant cette initiative, les femmes ne travaillaient pas dans ce douar (village), mais aujourd'hui, grâce à Dieu, elles ont la possibilité de le faire ».
Le Maroc a joué un rôle de premier plan dans la mobilisation des efforts internationaux pour préserver et revitaliser les écosystèmes oasiens. En avril 2025, une conférence de haut niveau sera organisée pour officialiser la création de la Commission internationale pour le développement durable des oasis. Cette conférence marquera le lancement de l' « Initiative des oasis durables », qui rassemblera les gouvernements, le monde académique, la société civile ainsi que les organisations régionales et mondiales, afin de soutenir la gestion durable des oasis.
Soutenir le Maroc dans ses efforts de revitalisation des oasis
La Banque mondiale accompagne le Maroc dans diverses initiatives visant à renforcer la gestion durable des écosystèmes oasiens et à améliorer la résilience climatique des oasis.
La Banque mondiale a notamment soutenu le Maroc dans la distribution de 200 000 plants de palmier vitro en novembre 2024 (d'autres plants suivront), des variétés plus résistantes et qui portent déjà des fruits. « Nous avons été les premiers à installer ces vitroplants, et désormais, d'autres agriculteurs en font la demande après avoir constaté les résultats : ces palmiers produisent des dattes de bonne qualité, sont résistants aux maladies et contribuent à la préservation de l'environnement et des ressources en eau », explique Redouane Bousshaba.
La Banque mondiale soutient également des programmes destinés à valoriser les déchets des oasis en impliquant les jeunes. Hmad Ousshat, qui a bénéficié de ce type de programme, a créé une coopérative spécialisée dans la réutilisation des palmiers dattiers comme objets de décoration. Aujourd'hui, il expose ses créations dans des foires nationales et internationales: « Grâce à ce projet, j'ai pu exposer mes créations dans différents pays, ce qui n'était pas facile pour un jeune ».
La Banque mondiale place la gestion de l'eau dans les oasis au cœur de ses priorités stratégiques, en se concentrant notamment sur la construction d'unités de recharge en eau. À l'avenir, elle s'engage à renforcer son partenariat avec le Maroc pour revitaliser et préserver les ressources des oasis à travers une série de projets collaboratifs dans les prochaines années.


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