Il est de coutume de voir dans nombre de pays de par le monde, à la veille des fêtes et des grands évènements, promotions et réductions. En cette veille du Mouloud force est de constater dans le Royaume, que de la station-service au supermarché, en passant par les souks et autres marchés pour ne se limiter qu'à cela, biens des choses sont nettement devenues plus chères que d'accoutumée. Mais ce phénomène ne date pas d'aujourd'hui, le panier de la ménagère l'avait du reste fortement vérifié à ses dépens, ces derniers mois, au regard de la hausse des prix des fruits et légumes, de l'électricité, des produits énergétiques à la pompe, itou itou... Certes, les prix mondiaux des matières premières alimentaires atteignent des sommets, mais pour autant, les Marocains n'en doivent pas subir directement les conséquences et être affectés par cette inflation sournoise qui ne dit pas son nom. A dire vrai et même assurément, les chiffres mondiaux de l'augmentation des prix des denrées alimentaires, au niveau mondial prêtent à l'inquiétude au regard de l'Indice FAO (l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture) qui a oscillé en mai 2021, de 39,7% de plus qu'en mai 2020. Et encore cette moyenne globale cache des hausses de prix bien plus élevées pour certaines denrées alimentaires comme les céréales (un bon de 40%) et dont la ménagère marocaine a déjà tâté les effets en mettant la main à la pâte. C'est connu, quand le prix du blé s'ébranle, cela se paye cash en Egypte, en Algérie, au Nigeria, au Maroc... ainsi que sur tous les marchés devenus importateurs structurels de cette denrée. De plus, les modes de consommations évoluent et le passage du rural à l'urbain engendre des modes de vie autres et donc, des habitudes consommations alimentaires différentes. Bref, on assiste au Maroc et de par la planète, du reste, à un jamais vu de flambée des prix alimentaires depuis 2011, année record au niveau mondial. C'est en particulier l'augmentation des prix des huiles végétales, du sucre et des céréales qui en est la cause. Mais grosso modo, les produits agricoles, ont été propulsés vers le haut en raison de la hausse de la plupart des prix des matières premières, dominés ces derniers mois par une reprise économique rapide. Forcément les produits agricoles en ont donc indirectement profité. Dans ce brouhaha, c'est la Chine qui fait office de vilain petit canard, en important deux fois plus de denrées alimentaires et autres matières premières que d'habitude. Cela étant, au Maroc, cette tendance à la hausse, au niveau mondiale, se répercute forcément sur nos marchés. On aura beau être producteur agricole et bon élève en la matière, en fin de course, fruits, légumes, céréales, huiles et autres produits alimentaires s'affoleront au regard de leur prix à la hausse. Si elle s'explique par une pénurie de matières premières liée surtout à une demande très forte au niveau mondial, elle ne justifie pas que les prix s'envolent en un an parfois de plus du tiers (fruits et légumes, viande, poissons...) du quart (farine et dérivées de céréales en plus du riz) et qu'ils suivent la tendance mondiale de près de 40% pour les huiles. Sur nos étals cela se ressent et plus particulièrement en ce qui concerne, les produits alimentaires de première nécessité. Depuis le mois d'août, nous constatons au Maroc une augmentation voire même des pics au niveau des prix de ces derniers produits notamment, le blé dur, la farine et dérivées, l'huile, le beurre, le riz... avec au détail des hausses oscillant par-ci par-là entre 1 dirham, 3 voire 5 dirhams et plus selon le produit alimentaire comme pour le kilo de farine, ou l'huile ... Et encore on ne vous dit pas pour les fruits et légumes, le poisson, la viande et particulièrement la volaille et les œufs… Déjà L'indice des prix à la consommation (IPC) avait enregistré une hausse de 1,4% en avril 2021, comparé au même mois de l'année précédente, indique le Haut-commissariat au plan (HCP). La première victime de cette situation en est bien sûr le consommateur dont le pouvoir d'achat a fondu à cause de nombre de secteurs employeurs pas encore sortis de l'auberge de la crise ou qui sont à l'arrêt, Dame Covid oblige ainsi que les nombreuses pertes d'emplois, ce qui forcément impacte les ressources financières. Aussi peut-on s'interroger, dans ce contexte, pourquoi sanctionner encore plus la ménagère. Le Royaume dispose d'instances de contrôle et de gendarmes du marché, à l'instar du Conseil de la concurrence qui se doit de veiller au grain en tant qu'autorité.