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Faciliter l'accès des MRE : Quel manque à gagner pour le Maroc ?
Publié dans Hespress le 23 - 06 - 2021

Au Maroc, des milliers de familles sont impatientes de revoir leurs enfants et leur petits enfant résidant à l'étranger, après plus d'un an demi d'absence. En effet, l'année 2020 a été une exceptionnelle avec la pandémie du Covid-19 qui a donné suite à la fermeture des frontières. Mais le dispositif exceptionnel lancé par le Maroc pour faciliter le retour des MRE, sur hautes instructions royales, permettra à ces derniers de rejoindre enfin la mère patrie.
Pour son opération Marhaba 2021, le Maroc a exclu cette année les ports espagnols en raison de conflits diplomatiques, favorisant à la place les ports de France et d'Italie. Une décision qui a été d'une grande délicatesse surtout pour les MRE d'Espagne à qui le prix de la traversée pour le Maroc coûtera 2 ou 3 fois plus que d'habitude. Pour les MRE de France, en outre, les billets d'avion eux ont explosé. Aussi, plusieurs Marocains d'Europe ont-ils exprimé leur refus de rentrer au pays dans ces conditions.
Dans ce sens, le Roi Mohammed VI a ordonné à l'ensemble des intervenants dans le domaine du transport aérien, en particulier la RAM et aux différents acteurs du transport maritime, de veiller à pratiquer des prix raisonnables qui soient à la portée de tous, ainsi que d'assurer un nombre suffisant de rotations, afin de permettre aux familles marocaines à l'étranger de rentrer au pays.
Les tarifs de la RAM ont baissé d'un coup après cette initiative royale. Ainsi, au départ de toutes les destinations européennes (hors Russie et Turquie) de la RAM, un billet aller-retour est proposé à 97 euros TTC (toute taxe comprise) par passager pour une famille composée de quatre membres ou plus. De même, le tarif est programmé à 120 euros TTC en aller-retour en faveur du passager voyageant en famille de trois personnes, alors que pour le passager voyageant seul ou en compagnie d'une autre personne, le tarif unitaire est de 150 euros TTC (aller-retour) au moment où le tarif proposé il y a quelques jours était de 500 euros pour la même destination.
Quel manque à gagner pour le Maroc ?
Joint par Hespress Fr, Omar Kettani, professeur d'économie à l'Université Mohammed V de Rabat, a applaudi les mesures importantes prises par le Maroc pour faciliter le retour des MRE au bercail, notant que le Maroc cherche à sauver la deuxième saison estivale en pleine crise sanitaire due au Covid-19, puisque la saison estivale 2020 a été complètement ratée avec les mesures restrictives prises visant à limiter la propagation du virus, mais également par les pays européens.
» Le tourisme externe va certainement être impacté cette année. Restent les MRE qu'on peut toujours récupérer. Et il y a pratiquement 3 millions de MRE qui retournent vers la mère patrie chaque année en été. Cela donne suite à une injection de liquidité et de devises énorme. Ça va faire rejaillir le tourisme, ça va faire travailler toute la logistique liée au secteur touristique (taxi, train, autocars, café, restaurant …). Et puis, les réserves en devise ont baissé au Maroc, passant de 7 à 4 mois. Cette arrivée des MRE va permettre de renouveler ces réserves. En même temps, on va pénaliser l'Espagne par la même occasion« , nous dit-il.
Peut-être qu'au niveau des Marocains qui préfèrent passer leurs vacances en Espagne, il y aura une diminution, estime l'économiste, notant que cela nous permettra d'épargner un peu en matière de sortie de devises et cette mesure prise par le Maroc reste très importante et bien calculée.
« C'est vrai que beaucoup de MRE allaient rentrer en voiture puisqu'ils sont plus à l'aise. Mais ce contexte de hausse des prix de la traversée de la France ou l'Italie vers le Maroc va les inciter à opter pour l'avion avec la baisse des prix. Cela va permettra d'encourager, entre autres, la location des voitures au Maroc et de ce fait permettre aux agences de location de reprendre leur activité « , avance l'économiste qui estime que le manque à gagner reste beaucoup plus important que les pertes.
Les MRE consomment moins au Maroc face à des prix de consommation exorbitants
Généralement, on observe que les MRE ne consomment pas énormément au Maroc en comparaison avec les touristes étrangers. Interrogé sur le pourquoi du comment, Pr. Kettani nous explique que ces derniers sont d'abord habitués à rentrer en voiture au Maroc, et du coup s'approvisionnent énormément de produits de base en promotion dans les supermarchés dans leur pays de résidence, vu qu'ils trouvent les prix des mêmes produits trop élevés au Maroc.
« En France ou en Belgique par exemple, il y a en permanence des promotions sur les produits de première nécessité dans les grandes surfaces. Les MRE ramènent donc avec eux tout ce qu'il leur faut (savon, shampoing, produits alimentaires …). Et on ne peut pas leur reprocher cela parce qu'ils ont déjà fait une comparaison de prix et trouvent que cela leur coûterait beaucoup moins cher s'ils ramènent avec eux tous ce dont ils ont besoin. En plus, la plupart de ces MRE ont des personnes à charge au Maroc. Donc ce n'est pas toujours évident pour eux « , analyse-t-il.
Des prix d'hôtel et de location toujours aussi élevés
Sur ordre Royal, l'état et les intervenants dans les domaines de transports aériens ont fait leur part du travail pour faciliter l'accès des MRE au Maroc dans de meilleures conditions. Mais les opérateurs touristiques, quant à eux, ne jouent pas le jeu en baissant leur tarif que tous les Marocains trouvent exorbitants. D'ailleurs, ces derniers préfèrent passer leurs vacances à l'étranger au lieu du Maroc puisque ça leur coûte deux ou trois fois moins cher. Quand même, séjourner dans un bel hôtel au Maroc, en famille, ce n'est pas donné.
En effet, au Maroc, les tarifs des établissements touristiques ont explosé bien avant la pandémie et le sont au jour d'aujourd'hui si ce n'est plus. À côté, les salaires des Marocains n'ont quant à eux pas bougé pour accompagner justement cette augmentation des tarifs dans tout ce qu'ils consomment, pas uniquement dans le secteur du tourisme. Selon Omar Kettani, c'est le rôle du ministère du Tourisme de demander aux opérateurs touristiques, notamment les patrons d'hôtels et établissements touristiques, de revoir leur prix à la baisse.
« C'est là où le ministère du Tourisme doit intervenir au lieu de rester silencieux. Parce qu'effectivement les prix ne sont pas normaux surtout pour un père de famille qui prend en charge la totalité des charges de son foyer et veut faire profiter sa famille pendant l'été. Il va falloir jouer au niveau de l'information pour noter les hôtels qui ont baissé les prix. Pour qu'ils s'alignent sur des prix raisonnables, il faut une publicité. Il faut qu'on liste les noms des hôtels ou établissements touristiques par ville qui ont accepté de baisser leurs prix pour la période estivale et leur faire une certaine promotion« , estime l'économiste.
Et c'est comme ça qu'on peut faire pression sur les établissements dont la hausse n'est pas justifiée, relève-t-il. « Il va falloir mettre en place un label pour les hôtels qui ont accepté de baisser leurs tarifs à hauteur de 15 ou 20 % pour les nuitées et la restauration. Par esprit de solidarité, il faut adopter ce langage pour sauver la saison touristique 2021 et récupérer les MRE et touristes étrangers. Il faut une mobilisation générale. Les opérateurs touristiques sont certes passés par une période difficile, mais ils ont l'occasion aujourd'hui de rattraper la donne. Ils pourront avoir un taux de remplissage important à condition de proposer des tarifs raisonnables à la portée de la classe sociale qu'ils visent« , conclut Omar Kettani.


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