Les Etats-Unis et le Fonds monétaire international ont tous deux appelé à aider le Soudan à alléger sa dette, au moment où le pays tente de se reconstruire après des années de dictature de l'ancien président Omar Béchir. Pays pauvre et surendetté, le Soudan a longtemps figuré sur la liste noire des Etats-Unis, bloquant ainsi tout espoir d'investissements étrangers. Mais la récente normalisation avec l'Etat hébreu lui a permis de sortir de cette liste et de bénéficier d'autres avantages. Lundi, après avoir aidé le Soudan avec une enveloppe d' 1,15 milliard de dollars visant à l'aider à rembourser sa dette envers la Banque mondiale, les Etats-Unis ont appelé 20 pays à rejoindre le mouvement. Lors d'une table ronde virtuelle organisée par le sous-secrétaire au Trésor américain Andy Baukol, et l'envoyé spécial américain pour le Soudan, Donald Booth, M. Baukol a appelé « les participants à soutenir pleinement le Soudan dans ses efforts pour atteindre la première phase du processus PPTE d'ici la mi-2021, et a exhorté tous les membres du FMI à soutenir l'apurement rapide des arriérés du FMI au Soudan ». Cet appel a été lancé aux représentants de plus de 20 pays et du Club de Paris, afin d'aider le pays à rembourser les 49,8 milliards de dollars de dette qu'il a (selon les données de 2019, surtout qu'actuellement il est éligible à l'aide au titre de l'Initiative pays pauvres très endettés PPTE, qui permet d'alléger la dette d'un pays pauvre. Dans un communiqué, le Trésor américain a estimé que l'objectif était d'aider le pays à progresser et à continuer à faire des efforts (notamment en termes de réformes, ndlr) afin qu'il puisse obtenir un allègement de sa dette « dans le cadre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ». De son côté, le numéro 2 du FMI, Geoffrey Okamoto, a souligné que le Fonds était « encouragé par les mesures prises par les Soudanais au cours des derniers mois pour atteindre les objectifs ». Le gouvernement de transition au Soudan s'est engagé dans une voie de réformes économiques visant à le faire sortir de la crise des suites du mouvement de protestation anti-système qui avait démarré à cause du triplement du prix du pain et du carburant.