Le gouvernement espagnol a annoncé la suppression du dispositif de résidence par investissement, connu sous le nom de «Golden Visa», à compter du 3 avril Instauré en 2013, ce programme permettait aux investisseurs étrangers d'obtenir un titre de séjour en échange d'un engagement financier substantiel dans le marché immobilier espagnol. Par cette mesure, les autorités entendent endiguer la spéculation immobilière et répondre à la crise du logement qui frappe les grandes métropoles, notamment Madrid et Barcelone, où la flambée des prix a considérablement réduit l'accessibilité au logement pour les résidents. Un dispositif prisé, particulièrement par les investisseurs marocains Depuis sa création, le Golden Visa a attiré des capitaux considérables, séduisant des investisseurs issus de divers horizons, notamment du Maroc, où il était perçu comme une porte d'entrée vers l'espace Schengen et les opportunités qu'il offre. L'exigence minimale de 500 000 euros d'investissement immobilier en faisait un instrument de choix pour ceux cherchant à s'établir en Espagne tout en bénéficiant d'un cadre juridique favorable. Toutefois, ce programme s'est retrouvé au cœur des débats sur l'envolée des prix du foncier et l'éviction progressive des populations locales des centres urbains les plus prisés. Les autorités espagnoles, sous la pression croissante des mouvements sociaux et des élus locaux, y voient un facteur aggravant de la crise du logement, amplifiant les tensions sur un marché déjà saturé. Un arbitrage entre attractivité économique et justice sociale L'abolition du Golden Visa devrait avoir des répercussions notables sur les flux d'investissement étrangers, en particulier en provenance des pays où ce mécanisme jouissait d'une forte popularité. Certains observateurs anticipent une reconfiguration du marché immobilier espagnol, les acquéreurs étrangers devant désormais repenser leur stratégie. Cette décision a engendré des réactions contrastées. D'un côté, les défenseurs du logement abordable saluent une décision attendue, estimant qu'elle permettra de rendre le marché plus accessible aux Espagnols. De l'autre, certains acteurs économiques redoutent un affaiblissement de l'attractivité du pays, pouvant freiner l'essor du secteur immobilier et, par ricochet, l'ensemble de l'économie.