Après le site d'information Tout Sur l'Algérie (TSA), c'est au tour du site Maghreb Emergent et de sa compagnie de radio, Radio M, d'être « censurés » par les autorités algériennes. Les deux médias, dénoncent vendredi une « censure politique ». Le système algérien continue de museler la presse libre qui effectue couvre les manifestations pro-démocratie du Hirak algérien. Après avoir bloqué TSA, le premier site électronique sur l'Algérie en langue française en 2017 et 2019, puis après avoir arrêté plusieurs journalistes dont, le dernier en titre est Khaled Drareni, correspondant de Reporter Sans Frontières (RSF) et qui s'est démarqué par sa présence ponctuelles lors des manifestations du Hirak, c'est au tour de deux autres médias d'être « bloqués ». Le site électronique Maghreb Emergent ainsi que la Radio M ont en effet été suspendus dans le pays, ainsi les lecteurs et auditeurs résidents en Algérie ne peuvent plus consulter le site ou écouter les ondes de la radio, sauf par connexion VPN. Dans un communiqué, les deux médias appartenant au même groupe dénoncent une « censure politique » expliquant que « les vérifications d'usage avec l'hébergeur et les tests locaux sont convergents« . Le document au ton sanguin affirme que ce « blocage » correspond à « la pire séquence de répression de la liberté de la presse qu'aura connue l'Algérie depuis les assassinats de journalistes dans les années 90 (durant la guerre civile) ». L'un des animateurs de Radio Khaled Drareni, journaliste indépendant et correspondant de RSF en Algérie, qui a couvert les manifestations du Hirak depuis leur début en février 2019, a été placé en détention préventive depuis le 29 mars et est accusé « d'incitation à attroupement non-armé et d'atteinte à l'intégrité du territoire national ». Il n'est pas le seul journaliste à avoir fait les frais du « système » que les manifestants du Hirak n'ont de cesse de dénoncer dans leur marches pacifiques hebdomadaires. Deux autres journalistes, à savoir, Sofiane Merakchi et Belkacim Djir, sont jusqu'à présent en prison.