Le maintien de la tendance haussière que connaît la Bourse de Casablanca dépend, de l'avis des analystes, de trois facteurs essentiels : les résultats des sociétés cotées, le comportement du titre Marsa Maroc et la distribution de la prime de fusion Largage/Holcim Maroc. Analyse. La Bourse de Casablanca est sur le bon tempo. Avec des performances de 9,58% pour le Masi (9.777,66 points) et 10,27% pour le Madex (7.997,91 points) au 18 juillet, le comportement du marché boursier tranche cependant avec la situation économique pour le moins amorphe. Comme en témoignent d'ailleurs certains indicateurs qui viennent d'être rendus publics. Ainsi, selon l'Office des changes, les résultats préliminaires des échanges extérieurs font ressortir, au titre du premier semestre 2016, une aggravation de 5,2 Mds de DH du déficit commercial, qui s'établit à 85,2 Mds de DH contre 80 Mds de DH un an auparavant. Pour sa part, le flux des investissements directs étrangers accuse un recul de 23% à 12 Mds de DH sur la même période. Le rythme de progression de la valeur ajoutée hors agriculture s'essouffle et n'aurait pas dépassé 2,5%, alors que les activités agricoles se seraient contractées de 12,1%, en variation annuelle, au deuxième trimestre 2016, après avoir régressé de 9% au premier trimestre, note pour sa part le haut-commissaire au Plan. En cela, la croissance économique nationale se serait établie à 1,4% au deuxième trimestre, au lieu de 1,7% lors du trimestre précédent. Ce «déphasage» entre la sphère économique et la sphère boursière s'explique, selon les analystes d'Upline Securities, par le manque d'alternatives dans un contexte d'accentuation de la baisse des taux obligataires et monétaires sur le marché. Cela durera-t-il pour autant dans le temps ? Marsa Maroc, un ballon d'oxygène La cotation de Marsa Maroc va incontestablement donner un nouveau souffle à la Bourse de Casablanca, friande de papier de qualité. Et l'euphorie qui suit habituellement les introductions en Bourse devrait certainement booster encore davantage les deux baromètres de la place. Et ce, en attendant, bien entendu, que tombent les résultats semestriels des sociétés cotées. Les analystes d'Upline ne s'y trompent guère d'ailleurs en soutenant que la tendance du marché durant le second semestre dépendra de ces résultats semestriels et du comportement de la nouvelle venue dans la corbeille, Marsa Maroc. Mais aussi de la tendance des taux obligataires durant les 6 prochains mois et de la distribution de la prime de fusion Largage/Holcim Maroc. En cela, la société de Bourse anticipe une évolution du Masi vers les 10.380 points d'ici fin septembre 2016, soit une performance annuelle de 16,3% au terme du troisième trimestre. A ce niveau, un consensus du marché semble se dégager. Et chez Crédit du Maroc Capital, on tient aussi quasiment le même raisonnement. «Nous estimons que l'évolution de la place casablancaise durant le S2-2016 devrait rester dépendante de l'orientation des réalisations financières des sociétés du Masi durant le S1-2016, de la distribution de la prime de fusion de Lafarge/Holcim Maroc de 8,2 Mds de dirhams, après affectation de «la réserve d'investissement» ainsi que du comportement de la nouvelle recrue de la BVC, Marsa Maroc», estiment les analystes de la société de Bourse. Peut-on donc logiquement rester optimiste ? Si l'on se fie dans l'absolu aux fondamentaux et aux perspectives de développement de Marsa Maroc, on peut en effet répondre par l'affirmative. Si également l'on se dit qu'il sera difficile aux sociétés cotées de faire pire qu'au premier semestre 2015, où la masse bénéficiaire avait accusé une régression de 32%, il y a des raisons de rester optimiste. Pourtant, les retournements de tendance auxquels nous a habitué le marché au cours de ces dernières années incitent à la réserve, particulièrement quand certaines sociétés cotées, comme Alliances pour ne pas la citer, se débattent encore pour avoir la tête hors de l'eau. Et ce, dans un contexte caractérisé par une conjoncture économique qui ne risque pas de s'améliorer dans les prochains mois. «L'économie nationale poursuivrait son ralentissement au troisième trimestre 2016, sous l'effet d'une régression de 13,2% de la valeur ajoutée agricole, en comparaison avec la même période de l'année passée», souligne en effet le HCP. De même, face au Brexit, la demande mondiale adressée au Maroc connaîtrait une progression relativement moins soutenue qu'au deuxième trimestre ( 2,8%). Pour sa part, «la valeur ajoutée hors agriculture devrait s'améliorer de 2,4%, au troisième trimestre 2016, en variation annuelle, favorisant ainsi une hausse du PIB global de 1,2% au cours de la même période, au lieu de 4,1% une année auparavant», fait remarquer le HCP.