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Moulay Driiss le grand, mon ancêtre
Publié dans Eljadida 24 le 10 - 12 - 2012

Il s'assit sur la chaise, près de son bureau à tiroirs qui contenaient divers documents, tel le registre de commerce et les factures. Il entreprit d'égrener lentement son chapelet, en marmonnant des louanges.

Il pratiquait ce rituel plusieurs fois par jour, aux moments creux en bon aspirant confrérique. Il le faisait aussi, quand il se sentait ennuyé et cela lui procurait de la sérénité. Il s'initia, dès son jeune age, sous la direction spirituelle de son père et, voilà trente ans, qu'il fut consacré moqadem de la zaouïa taybia, la plus ancienne en Afrique du Nord. Celle-ci fut fondée au 8ème siècle par la plus grande sommité soufi, Idriss, Ben Abdallah, Ben Hacen, Ben Hacen, Ben Ali, le quatrième khalife. Idriss, qui vivait à Médine, avait participé à une révolution menée, en 760 de l'ère chrétienne, par son frère Mohamed contre la tyrannie des Abbassides qui persécutaient les Alides. Le Khalife Abbasside, Al Mansour, l'écrasa dans le sang et mis en prison un bon nombre d'entre eux, dont Idriss, son frère, Brahim, et leur père Abdallah. Ces deux derniers furent tués dans la prison souterraine de Kouffa. La providence accompagnait Idriiss, lequel s'échappa miraculeusement à ses geôliers. Pour son salut, il immigra en Egypte, mais il n'était pas à l'abri des gouvernants d'Al Mansour. Il regagna l'Ouest du Maghreb et fut investi par les tribus berbères comme sultan, en raison de l'odeur de sainteté de ses aïeux, de sa perspicacité, de sa piété et de sa science. Il entreprit de grands travaux, fonda Volubilis (Meknes) et Promarium (Tlemcen) et créa la confrérie qui lui avait permis de mener la tâche complexe d'islamisation des tribus et de la diffusion de la langue arabe. Sa renommée dépassa tôt le cadre territorial de L'Afrique du Nord et parvint au Khalife de Bagdad, Al Mansour. Celui-ci dépêcha ses espions pour le tuer. Ceux-ci firent la trajet, travestis en aspirants confrériques et rencontrèrent Idriss 1er à Tlemcen, au lieu dit Ain El Hout et lui administrèrent un poison mortel, en l'an 774. Ses restes sacrés y furent inhumés dans un sanctuaire. Sa femme, qui était enceinte de trois mois, s'évada à Meknes où elle fut recueillie par la famille régnante. Elle mit au monde son enfant qu'elle baptisa Idriss. A l'age de la maturité, il fut intronisé Idriss II, le sultan. Il continua l'œuvre de son père, matérielle et spirituelle. La dynastie des Idrissides gouverna plus d'un siècle et tomba. Mais, la confrérie avait survécu et connut un grand essor au 17ème siècle, sous la direction spirituelle du grand maître, Moulay Tayeb descendant Idrissite, qui fonda la célèbre université de Dar Damana, d'où le nom de Taybia.
Le rôle de la zaouïa fut de tout temps éducatif et social : c'est le collège qui diffuse l'instruction publique gratuite, enseigne les sciences sociales, appliquées et religieuses ; c'est la maison de charité pour les pauvres, sans distinction de race, ni de religion ; c'est le séminaire qui inculque aux adeptes les vertus, la persévérance et la tolérance. Le Cheikh (maître) exerce l'autorité spirituelle, secondé par des moqadem, lesquels sont choisis après une longue initiation caractérisé par une remise en cause de soi de tous les instants. Ces hommes sont d'une moralité exceptionnelle et l'hagiographie ne rapporta aucune disgrâce pour quelque raison que ce fût, la rigueur étant la règle de conduite de chacun.
Hadj Maamar, le moqadem, vivait en fils de grande famille, hospitalier et prodigue ; la charité qu'il faisait n'avait pas de bornes envers les démunis. Sa fortune lui rapportait globalement un revenu annuel de vingt mille francs, mais elle diminuait sensiblement, rongée par le fisc depuis deux décennies. Il jouissait apparemment de tranquillité, mais il faisait l'objet d'une étroite surveillance du service de renseignement et se battait opiniâtrement pour se récupérer la demeure familiale à Meliana, séquestrée en 1841, date de l'occupation de la ville par les troupes françaises. La population arabe et juive abandonna la ville et se réfugia en montagne où elle fut accueillie par la puissante tribu des Beni Menaceur. Ayant grandi, Maamar épousa Fatima, fille des Beni Menaceur et il s'installa à Marguerite, pour travailler les terres familiales, menacées d'expropriation pour abandon.


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