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Un tunnel sous-marin entre l'Europe et l'Afrique : un projet titanesque à plus de 1 000 milliards de dirhams qui ne se compterait pas en années, mais en générations
Publié dans Barlamane le 22 - 03 - 2025

Un tel ouvrage ne pourrait voir le jour que sur plusieurs décennies. «Entre les études de faisabilité, les évaluations environnementales, les tractations politiques et la recherche de fonds, au moins quinze ans seraient nécessaires avant même d'entamer les travaux. Puis, la construction elle-même prendrait une dizaine d'années supplémentaires, confrontée aux défis inhérents aux chantiers sous-marins : pressions extrêmes, sismicité et courants marins», affirme un expert en ingénierie.
Les infrastructures d'ampleur mondiale ne cessent de repousser les limites du possible, et les records tombent les uns après les autres au fil des avancées technologiques. Mais ce projet-ci pourrait être le plus audacieux jamais conçu. L'Express britannique a recueilli l'avis de Bill Bencker, spécialiste en construction, sur la faisabilité d'un tel tunnel reliant les continents européen et africain.
Un défi technique d'une ampleur inégalée
«En tant qu'ingénieur ayant travaillé sur de nombreux projets d'infrastructure de grande envergure, j'ai vu ce qu'il fallait pour transformer des idées ambitieuses en réalités concrètes. Et celle-ci est, sans aucun doute, parmi les plus audacieuses», affirme Bill Bencker. «Un tunnel sous-marin entre l'Europe et l'Afrique constituerait un exploit d'ingénierie historique, mais il ne serait en rien facile à construire.»
Avant même d'envisager un début de chantier, il faudrait déterminer l'axe exact du tracé. Selon M. Bencker, l'option la plus logique serait de traverser le détroit de Gibraltar, ce passage maritime qui sépare l'Espagne du Maroc. Sur le papier, la tâche semble abordable : en son point le plus étroit, le détroit de Gibraltar ne mesure que 14 kilomètres de large. À titre de comparaison, le tunnel routier de Laerdal, en Norvège, s'étire sur 24,5 kilomètres, et le tunnel sous la Manche, entre la France et l'Angleterre, atteint 50,5 kilomètres. Toutefois, la difficulté est ailleurs. Sous la surface, le détroit cache des profondeurs abyssales, atteignant plus de 900 mètres par endroits. Cela rend le percement d'un tunnel sous le plancher océanique infiniment plus ardu que pour le tunnel sous la Manche ou celui de Laerdal.
«À cause de ces profondeurs extrêmes, un tunnel foré sous le lit marin traditionnel serait d'une complexité redoutable», explique M. Bencker. «Une alternative serait d'opter pour un tunnel flottant submergé, maintenu en suspension sous l'eau par des câbles ancrés dans le sol marin. Une autre possibilité résiderait dans un système hybride combinant des segments creusés sous terre et d'autres reposant sur des infrastructures posées au fond du détroit.»
Un chantier de plusieurs décennies
La construction d'un tel tunnel ne se compterait pas en années, mais en générations. «Si vous imaginez que ce tunnel pourrait voir le jour en une décennie, détrompez-vous», avertit M. Bencker. «Un projet de cette ampleur nécessiterait entre 15 et 25 ans entre les études préliminaires et son achèvement.» «Et ce n'est pas seulement la construction qui prendrait du temps : les véritables goulets d'étranglement sont les études de faisabilité, les évaluations environnementales, l'obtention des financements et les accords politiques.»
«Même si les négociations commenceraient dès demain, il faudrait des années d'analyses géologiques et de modélisations expérimentales avant que la première coulée de béton ne soit réalisée.» Pour donner un ordre de grandeur, le tunnel sous la Manche a nécessité quatre années de discussions et d'études avant même que les appels d'offres ne soient lancés en 1985. «Ensuite, la phase de construction elle-même serait d'une lenteur extrême, confrontée aux défis du travail sous-marin : pressions abyssales, mouvements tectoniques et conditions météorologiques hostiles», précise l'expert.
Un coût colossal dépassant 1 000 milliards de dirhams
Le principal frein à ce projet demeure son coût astronomique. Selon M. Bencker, les estimations varient entre 540 et 1 080 milliards de dirhams (soit 42 à 84 milliards de livres sterling), en fonction du type d'infrastructure retenu. En comparaison, le tunnel sous la Manche, bien plus simple à construire, avait coûté l'équivalent de 150 milliards de dirhams (11,7 milliards de livres sterling) en tenant compte de l'inflation.
«Et avec un projet de cette envergure, des dépassements budgétaires sont inévitables», souligne M. Bencker. «Des conditions géologiques imprévues, la fluctuation du prix des matériaux ou des blocages diplomatiques pourraient encore faire exploser les coûts.» Pour lui, «avant même d'enclencher la moindre opération de forage, nous parlons de décennies de négociations pour déterminer qui en assumera la charge financière.»
Une faisabilité politique incertaine
Se pose alors la grande question : ce projet est-il seulement réalisable ? «D'un point de vue strictement technique, nous avons les moyens de bâtir un tunnel de cette nature. Des pays comme la Norvège et la Chine expérimentent déjà des tunnels flottants submergés, et les techniques de construction en haute mer progressent chaque année», affirme l'expert. «Mais la faisabilité ne se limite pas à la technique : elle dépend aussi d'une cohérence économique et politique.» Il ajoute que «le volume du commerce et du tourisme entre l'Europe et l'Afrique justifierait probablement une telle liaison, mais les questions de sécurité, de contrôle des frontières et de politique migratoire risquent de compliquer le projet, voire de le bloquer définitivement.»
«En somme, c'est un projet envisageable, mais qui s'annonce comme un chemin semé d'embûches. Entre le coût, la diplomatie et les défis techniques, il faudra un engagement colossal des gouvernements espagnol et marocain ainsi que d'investisseurs privés pour espérer un jour voir ce tunnel devenir une réalité.»
Une vision d'avenir encore lointaine
En définitive, l'idée d'un tunnel sous-marin entre l'Europe et l'Afrique relève encore du domaine du possible, mais du lointain. «Rien n'est insurmontable d'un point de vue technique», conclut M. Bencker. «Mais entre la démesure des financements nécessaires, les obstacles diplomatiques et la complexité de la construction, ce projet nécessiterait un élan politique et économique sans précédent.»
«Si un tel tunnel doit voir le jour, ce ne sera pas avant plusieurs décennies», a-t-il assuré.


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