Lors de l'ouverture du 13e congrès national de l'Union marocaine du travail (UMT), tenu à Casablanca, le secrétaire général de la centrale syndicale, Miloudi Moukharik, a dressé un tableau sombre de la situation économique du Maroc, dénonçant un climat d'"étouffement économique" dominé, selon lui, par une "nouvelle oligarchie" qui accapare les leviers de décision et accentue les déséquilibres sociaux. Dans un discours particulièrement offensif, M. Moukarik (75 ans) a vivement critiqué la politique économique et sociale du gouvernement d'Aziz Akhannouch, accusant l'exécutif d'être responsable de la dégringolade des indicateurs économiques et de la dégradation du pouvoir d'achat des citoyens. Pour lui, la politique actuelle, loin d'apporter des solutions structurelles aux défis socioéconomiques, aggrave la précarité des travailleurs et creuse les inégalités au profit d'intérêts restreints. Une dette extérieure jugée "écrasante" M. Moukharik a également mis en garde contre les effets de l'endettement extérieur croissant du Maroc, qu'il considère comme un facteur d'affaiblissement de la souveraineté économique et de compression des marges budgétaires nécessaires à la relance sociale. Selon lui, les orientations budgétaires du gouvernement sont marquées par une dépendance excessive aux financements extérieurs au détriment de politiques de développement autonomes et équitables. Vers un vote sanction aux prochaines élections Face à cette situation, le chef de l'UMT, qui rempile dimanche 23 février pour la quatrième fois, a appelé la classe ouvrière à exercer un "vote sanction" lors des prochaines élections législatives afin de rejeter les partis ayant soutenu ce qu'il qualifie de "régression des droits sociaux". Il a fermement déclaré que son syndicat ne soutiendra aucun parti ayant approuvé la loi organique sur le droit de grève, un texte qu'il considère comme contraire aux normes internationales et aux engagements conventionnels du Maroc en matière de droit du travail. M. Moukharik a, par ailleurs, accusé le gouvernement de vouloir restreindre les libertés syndicales et affaiblir le rapport de force des travailleurs en légiférant sur le droit de grève sans véritable concertation avec les organisations syndicales. "Nous ne soutiendrons ni les partis de la majorité ni ceux qui ont cautionné cette loi liberticide", a-t-il assuré, soulignant que cette position engage l'ensemble des adhérents de l'UMT, qu'il a qualifiés de "bastion historique de la défense des droits des travailleurs marocains". Le congrès national de l'UMT, qui se tient dans un climat social tendu, est suivi de près par les observateurs économiques et politiques, alors que le Maroc fait face à des défis majeurs en matière de croissance, d'emploi et de réformes sociales.