Elle se rend au commissariat relevant du district de Fès Jdid-Dar Dbibegh. Les larmes aux yeux, elle se tient devant le chef lui affirmant avoir l'attention de porter plainte. Contre qui ? Elle s'est assise sur une chaise devant l'officier pour lui expliquer qu'elle venait de recevoir, via une agence de transfert d'argent, une somme de 40 mille dirhams de son fiancé, travaillant aux Emirats Arabes Unis. C'est une somme qu'il lui a envoyée afin d'acheter ce qui est nécessaire pour la préparation de leur nuit de noces qu'ils vont célébrer le plus tôt possible lors de cet été. Seulement, à mi-chemin de chez elle, l'un des deux jeunes qui étaient à bord d'un vélomoteur lui a arraché son sac à main contenant les 40 mille dirhams. Et d'ajouter que le malfaiteur en question était armé d'un couteau tout en indiquant ses signalements et ses traits. Elle lui a même révélé la marque du vélomoteur que les deux malfrats ont utilisé. Des détails a priori décisifs qui peuvent être d'un grand apport aux enquêteurs. Mais pour le policier aguerri qui écoutait ses paroles, elle en a fait trop. Il s'est logiquement demandé comment la plaignante pouvait mémoriser tous les détails en un si court laps de temps et de surcroît sous le choc. Nonobstant, la brigade de la police judiciaire s'est mobilisée en se déplaçant vers la scène du crime. Les enquêteurs se sont rendu compte qu'il y avait des caméras qui ont effectivement enregistré le passage à toute allure d'un vélomoteur à bord duquel il y avait deux jeunes hommes. Mais ils ont remarqué qu'aucun des deux jeunes hommes qui étaient à bord du vélomoteur ne lui a arraché le sac à main. C'est la raison pour laquelle les enquêteurs l'ont soumise aux interrogatoires pour lui faire cracher le morceau. Elle a affirmé, sans détour, avoir effectivement reçu l'argent de son fiancé, mais qu'elle a engagé deux jeunes pour simuler un vol à l'arraché. Chose qui lui aurait permis de garder l'argent pour elle et convaincre son fiancé de lui envoyer une autre somme d'argent. Elle a ajouté qu'elle a gardé les 40 mille dirhams chez elle. Arrêtée, elle a révélé les identités de ses deux complices qui ont été arrêtés ensuite pour que les trois soient poursuivis pour dénonciation d'un crime fictif et outrage à la police judiciaire pour fausses déclarations.