La France redessine sa politique maghrébine avec une carte du Maroc mise à jour    Le respect de l'intégrité territoriale des pays, nécessaire pour relever les défis de la région euro-méditerranéenne    CPS de l'UA : La position africaine commune sur l'architecture de consolidation de la paix des Nations Unies adoptée à l'unanimité    Guerre tarifaire : le pétrole à son plus bas niveau pour la deuxième journée consécutive    Tarifs américains : Jaguar Land Rover suspend ses exportations vers les Etats-Unis    Présentation à Paris du climat des affaires et des opportunités d'investissement au Maroc    La mort de l'ancien international marocain Bouhlal à l'âge de 54 ans    E-sport : le Maroc participe au Championnat arabe de League of Legends    Un quadragénaire arrêté à Tanger pour diffusion de fausses alertes d'enlèvements    Températures prévues pour le dimanche 06 avril 2025    Festivals cinématographiques : 29 manifestations soutenues pour un montant global de 6,8 millions de dirhams    La session printanière du 46e Moussem culturel international d'Assilah du 5 au 20 avril    Taxes US : Le PJD veut saisir l'Organisation Mondiale du Commerce    Al Barid Bank : Une année 2024 marquée par une évolution remarquable de tous les indicateurs    Une ingénieure marocaine dénonce un haut responsable de Microsoft lors d'une cérémonie officielle : « Vous soutenez le génocide à Gaza »    CAN U17 : Le Mali valide son billet pour les quarts et la CDM U17    Basket/BAL: Le FUS Rabat s'incline face à Al Ittihad d'Egypte    Coupe du Trône: L'USM Oujda écarte le Raja Casablanca    Espagne: le FC Barcelone se contente d'un nul face au Betis Séville    CAN 2025 au Maroc : Hakimi, le leader d'une génération en quête de sacre    Marathon International de Rabat : Les points saillants de la conférence de presse d'avant l'événement    Le Maroc renforce sa préparation sécuritaire pour accueillir la Coupe du Monde 2030 et la Coupe d'Afrique 2025    La famille du football marocain fait ses adieux à Mohssine Bouhlal avec une profonde tristesse    Diaspo #383: Madhi Bnamrhar, el prodigio marroquí del scooter freestyle    Interview avec Youran Hong : « Des milliers d'enfants profitent de nos bibliothèques et programmes éducatifs »    Le Maroc s'impose comme un médiateur fiable face au recul du rôle de l'Algérie dans la région du Sahel et du Sahara    Nintendo retarde les précommandes de la Switch 2 aux Etats-Unis    GITEX Africa Morocco: des exposants et des participants de 130 pays attendus à Marrakech    La météo pour ce samedi 5 avril    Dakhla: l'AMCI et Attijariwafa bank lancent un cycle de formation à l'entreprenariat    Convention de Welcome Travel Group: un coup d'accélérateur au tourisme maroco-italien    Le PP critique le transfert de la gestion de l'espace aérien du Sahara au Maroc : un danger pour la souveraineté espagnole ?"    Maroc : l'Etat procède à l'expropriation de plus de 400 parcelles pour des projets d'envergure nationale    Projet d'aménagement stratégique à Dakhla : l'Etat acquiert un terrain de près de 7 000 m2 à Imlili    L'Etat décrète l'expropriation d'un terrain dans le Sud pour l'édification d'une installation permanente des Forces armées royales    Casablanca : Les «églises informelles» dans le viseur du PJD    Le Maroc, un partenaire clé de l'OTAN dans le voisinage sud    Después de los reveses sufridos, el Polisario cambia a su jefe de diplomacia    Affaire Bennis-Alj-Slaoui : Libération provisoire des mis en cause    Guerre tarifaire: Trump fustige les représailles de la Chine, insiste que sa politique sera maintenue    Sahara : le chef de la diplomatie espagnole dénonce «l'irresponsabilité» de ceux qui s'agrippent à des principes supposés de l'autodétermination pour figer le conflit    Marrakech : un nouveau visage pour la Place Jamaâ El Fna    L'Humeur : Val Kilmer dans les bras de Jim Morrison    El Jadida : Ces agrès, qui subliment désormais le cadre du front de mer !    Amine Radi ou « Le caméléon de l'humour »    Le 30e SIEL rend un hommage posthume à l'écrivain Driss Chraïbi    L'avenir du commerce international en lien avec l'emploi au menu d'un entretien de Younes Sekkouri avec la DG de l'OMC    Un petit bout du Maroc à Paris : le soleil s'invite place Saint-Michel    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



«Zéro» de Noureddine Lakhmari
Publié dans Albayane le 09 - 12 - 2012

Il s'en passe des choses la nuit à Casablanca
Comme son précédent «Casa Négra», le réalisateur N.Lakhmari investit une ville dans ce qu'il a de plus sombre, de caché mais évident, de non conforme à l'image en rose que le quotidien montre mais qui n'est que partiellement réelle. Cette fois-ci en privilégiant les ingrédients du polar, de la série noire. Ça donne un film noir, violent, sanglant, où l'amour se mêle à la brutalité, le désir de vivre bien et cool aux contraintes les plus variées, le présent gouverné par les affres d'un passé et d'une éducation.
Le film va dans la droite lignée des films américains du même genre. Un loser au grand cœur s'appelant Zéro (rien, wallo), policier désabusé traine son quotidien tant bien que mal, comme marchant sur des clous à chaque pas. Un père infirme et râleur à souhait qu'il lui faut entretenir, une jeune prostituée en compagnie de laquelle il complote pour escroquer et chanter de vieux libidineux, un supérieur commissaire véreux. Un beau monde sans grand attrait mais partie prenante d'un décor propice au cinéma et à l'éclatement singulier.
Il y a un peu du marocain, du mondial et de l'individuel humain dans ce film. La corruption, le crime, le chantage, le vol, l'amour, la lutte, la réalisation de soi. On ne vit pas dans un monde sain et simple. Zéro l'apprend à ses dépens, dans son corps et dans son âme. Mais une pointe d'humanité lui ouvre les yeux, et il décide de se convertir en justicier, et combattre le vice dans les racines, à côté de lui, et faire une bonne action. Ne plus se sentir une mauviette, ne plus se faire apostropher à tout bout de champ.
Le film nous parvient en plein figure, en gros plans, en rapproché comme pour nous faire pénétrer dans son univers et nous lier sans nous laisser une échappatoire suave. Le film devient par moment une ruelle sombre de la ville qu'on oublie qu'on est bien installée dans une salle de cinéma douillette. Le secret : la pluie d'injures ordurières qui sortent des personnages impitoyables avec les autres et avec eux-mêmes, les coups portés à l'un ou l'autre agressifs, les scènes de cruauté représentées par des mendiants, des fous, des voyous, et des prostituées. Une image de la ville actuelle quand on est obligé de passer par-là, semble dire la façon par laquelle elle est prise. Des quartiers de vieilles maisons coloniales délabrées et oubliées. Ce centre laissé à l'abandon.
Il n'est pas si important de connaitre l'histoire du film, qui plaira vraiment à un large public, puisque truffés de situations cocasses, véridiques, proches du vécu, données tel quel sans pinces moraux ni fausse pudeur. Tout le monde ne fait qu'injurier toute la journée, hommes, femmes et enfants, reflétant le malaise général de notre époque. Le plus important c'est ce cinéma élu par le réalisateur, ce choix d'aller au devant et ne pas se contrôler, s'autocensurer. S'il faut retenir des moments forts, se sont ceux où figurent ses deux forts personnages les plus marquants, le père de Zéro et la jeune prostituée et qui ont dessinés avec une grande sincérité et tant de maitrise. Leur jeu est d'un attrait éblouissant. Mohammed Majd est dans l'un de ses plus beaux rôles jusqu'à maintenant. Il s'est investit profondément. Un blasé chic, dirait-ton. Le parfait désabusé qui en veut à tout le monde, dont la nostalgie des vieux temps guide le quotidien. La prostituée est un personnage nouveau dans le cinéma marocain. Elle s'est investit à son tour à fond, ne mâchant pas ses mots ni ses coups de griffes, une fille dont la vie est un combat intransigeant.
On reconnait un réalisateur aux détails plus qu'à l'ensemble. N.Lakhmari a su créer ses deux personnages à la marocaine dans un conte urbain et moderne universellement reconnaissable. On réussit parfois en faisant cette sorte de corrélation. Casablanca participe au tumulte du monde, mais montrer en quoi elle diffère est le plus demandé. Zéro est l'homme qui vit, normal, ni bon ni mauvais comme nous tous. Zéro est un film qui nous raconte un peu, qui nous fait passer un moment de cinéma.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.