La date des élections des membres de la Chambre des représentants fixée au 23 septembre prochain    Genève met les adversaires du Maroc dans l'embarras... un soutien croissant à l'initiative d'autonomie au Conseil des droits de l'homme    Crèches privées: Ce que prévoit le projet de décret adopté en Conseil de gouvernement    Industrie manufacturière : les entreprises anticipent une augmentation de la production    Campagne agricole : les importations céréalières continuent de progresser    Casablanca : où en sont les prix des produits alimentaires ?    Tamwilcom lance son nouveau site web    CGEM: l'élection du nouveau président fixée au 14 mai    La Chine lance de nouvelles politiques pour encourager la natalité    Magazine espagnol : les fruits rouges marocains s'imposent fortement sur les marchés européens    La diaspora, pilier financier de l'Afrique    Pékin accueille l'ouverture de la quatrième session de l'organe législatif suprême de la Chine    Soudan. 18 civils tués par drone f    Cybercriminalité. Le Sénégal s'allie à Meta    Sonarges : l'opérateur historique à l'heure des sociétés régionales    CAN féminine 2026: La compétition reprogrammée du 25 juillet au 16 août    PSV : Sami Bouhoudane refuse Oranje et opte pour les Lions de l'Atlas    Alerte météo. Froid, pluies et chutes de neige, de jeudi à dimanche, dans plusieurs provinces    Enlèvement d'enfants : L'Intérieur dément les fausses informations relayées sur Internet    8 mars 2026-Droits des femmes : Une condition essentielle pour mettre fin au VIH    « Rass Jbel » : quand la légende de « Al Hayba » prend racine au Maroc    Comediablanca revient à Casablanca après une tournée internationale remarquée    Sahara : L'heure de vérité pour une MINURSO en sursis    Botola : Le Wydad de Casablanca s'incline sur sa pelouse face à l'AS FAR    Argentine : River Plate garde un œil sur Yassine Bounou    La Cour d'appel de Marrakech réduit les peines des deux Algériens pour insulte au drapeau et à la monnaie    L'armée US prévoit une domination « totale et absolue » du ciel iranien    Attaques iraniennes : le Conseil du Golfe et l'UE convoquent une réunion d'urgence    Les températures attendues ce jeudi 5 mars 2026    Growing bipartisan support in US Congress to label Polisario as terrorist organization    War in Iran: The double standards of Moroccan religious leaders    Le temps qu'il fera ce jeudi 5 mars 2026    Climat scolaire : OTED propose un dispositif d'évaluation du programme anti-harcèlement    Guterres expose les défis de financement de la MINURSO devant l'Assemblée générale de l'ONU    Paris : une exposition rend hommage aux soldats marocains des deux guerres mondiales    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    Guerre en Iran : Le deux poids deux mesures de religieux marocains    Carte intégrale de Tanger à Lagouira... l'Union européenne consacre le réalisme de l'approche marocaine    Etats-Unis : Don Bacon le projet de loi pour classer le Polisario comme entité terroriste    Mohamed Ouahbi remplace Walid Regragui à la tête de l'équipe nationale marocaine    « On Marche » 2026 : à Marrakech, la danse contemporaine au souffle du Ramadan    Le Maroc candidat pour accueillir la Finalissima Espagne-Argentine malgré les tensions avec la RFEF    De retour à l'entraînement, Sofyan Amrabat se confie sur sa convalescence    Dossier du Sahara : Washington impose un cessez-le-feu au Polisario    Loubna Jaouhari signe son premier stand-up le 8 mars 2026 au théâtre Diwan de Casablanca    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



CULTURE ET CIVILISATION : L'argile et la pierre
Publié dans L'opinion le 03 - 05 - 2013

En général, l'art, même dans son état primaire, reflète la société et l'époque qui l'ont engendré, et exprime leurs conflits, leurs espoirs et leurs horizons. On sait, par ailleurs, que la religion est en étroite union avec l'art ; elle l'influence, l'inspire parfois, à travers ses schèmes, ses symboles et sa vision, le forme et le développe, selon ses canons et ses codes.
Comme les religions évoluent et se transmettent, sans presque jamais se calquer sur d'autres, les arts, aussi, évoluent, forgeant pour la société et l'époque une identité propre, des schèmes et des codes nouveaux, qui enrichissent la vision humaine.Mais ni la religion ni l'art ne sont seuls aptes à créer ou à transformer l'identité d'un peuple ; tout un dialogue millénaire, alimenté par les échanges commerciaux et culturels, les guerres et les conquêtes entre les peuples, la migration des races, des mythes, des religions et des rites à travers les continents, est supposé constituer pour chaque région du monde des caractéristiques propres, sans oublier les influences souvent fortes du climat et du relief, qui peuvent, dans certains cas, orienter des civilisations et des cultures. Il est vrai que le début de la civilisation a été distingué par les pays du croissant fertile ; mais déjà dans ces contrées on constate une nette différence entre la Mésopotamie et l'Egypte ancienne, cette différence qui va caractériser les peuples, les cultures et les arts de ces régions jusqu'à nos jours. Pourtant, ces deux régions presque voisines, dominées par une chaleur accablante, sont irriguées toutes les deux uniquement par des fleuves.
La mouvance et le faste
La Mésopotamie, grâce à ses peuples divers, à ses mythes aquatiques et cosmiques, à ses épopées qui tournent pour une grande part autour du Déluge et du désir d'une vie éternelle, grâce aussi à l'argile, matériau de base de son architecture ascensionnelle, est caractérisée par la mouvance et la fluidité de ses formes, qui apparaissent principalement dans la voûte, la coupole et les bas-reliefs, l'atrocité et le culte du pouvoir, qu'on verra réapparaître à l'époque abbasside, la lutte et le défi qui jalonnent toute l'histoire de cette région, symbolisés dans l'ascension apparue dans la ziggourat et les jardins suspendus.Elle est caractérisée aussi par le faste et la vie d'apparat dont sont entourés les rois et les dignitaires mésopotamiens et perses, les Sassanides puis les Khalifes abbassides. Ce faste fut introduit dans l'art de la forme à travers le revêtement, l'embellissement et l'ornementation ; il s'agit là de couvrir la médiocrité du matériau par des enduits précieux, comme ailleurs dans les lettres, et même dans la culture en général, il s'agit de compenser la fragilité et la pauvreté du contenu par la richesse de la forme et du style, d'où une tendance exagérée vers l'amplification, le gigantisme, la rhétorique, la métaphore et la création des mythes, le culte des mythes même. Et là, elle rejoint, sur ce dernier point caractéristique, l'Egypte.
Une civilisation close
L'Egypte ancienne est, au contraire, caractérisée par le statisme, l'immuabilité et l'homogénéité ; c'est une civilisation qui nie le principe du mouvement, une civilisation isolée, close, repliée sur elle-même, figée dans ses ordres, ses canons et ses mythes. Tout est clos en elle, son architecture est close, sa sculpture est compacte, sa peinture est figée, ses personnages sont hiératiques, selon des canons immuables.La pierre, dont sont composés la plupart de ses créations, a aidé l'artiste à concevoir les formes en démesure et en colossal. Le gigantisme et le compact sont le propre de l'art égyptien. Mais cet art, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, est destiné au culte des morts ; c'est une civilisation de la mort, une civilisation qui conçoit la mort comme le commencement d'une vie éternelle. Ce culte de la mort et de la renaissance a favorisé en elle les mythes cycliques, symbolisés entre autres, par Râ et Osiris. A travers la conception des dieux en Egypte ancienne, on constate que sa mythologie se rapporte au Ciel-Père et au pharaon, dont l'ancêtre est Ménès, fils des dieux. Seulement, ces deux premières civilisations, la Mésopotamie et l'Egypte, ont des points communs : elles sont agraires, nourries par l'eau des fleuves, elles entourent leurs mythes par le mystère et l'énigme, tout en orientant l'art vers l'amplification et le gigantisme.
Les deux concepts primordiaux
Désormais, l'Orient, et même le monde, relié aux mythes de la Préhistoire, à ses rites et à sa culture, par ces deux premières civilisations, verra naître en lui des schèmes primordiaux, des mythes et des légendes, des substances de formes et d'expressions, des germes de structures politico-sociales, des embryons de visions, de notions et de thèmes globaux, tous basés sur l'union inconsciente, la lutte, la séparation puis l'assimilation consciente des deux grands concepts, le statique et le mouvant. Ces deux concepts, nés avec l'homme, dans l'homme, gouvernant la vie et le monde, sont conçus tout d'abord en une union spontanée et inconsciente chez les peuples dits primitifs, valorisés par la sagaie et la blessure, la droite et la courbe.
En Mésopotamie, c'est la lutte qui prend le dessus, une désunion forcée des deux concepts principaux ; aux schèmes primordiaux transmis par la Préhistoire, vont se greffer ceux de la lumière et des ténèbres. Dans cette lutte entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres, le mouvant et ses schèmes se développent en une confusion grossière, selon des structures précaires. Les Mésopotamiens, et après eux, les Perses, ont créé une civilisation guerrière mais fragile, caractérisée par le sang et l'argile.
Par contre, l'Egypte verra naître en elle le statique, concept de la conservation et des mythes cycliques, tournant autour du soleil et du Nil. A partir de ce concept pérennisé jusqu'à l'Empire Saïte, vont se former et se développer des schèmes épanouis en Byzance et dans l'art roman.L'art, qui suppose l'assimilation consciente du statique et du mouvant, du contenu et de la forme, qui suppose aussi la liberté consciente, l'authenticité et l'universalité, demeure là, sur ces terres, imparfaitement conçu, grossièrement formé, à cause de la symbolique qui l'étouffe et les canons qui le figent. Issu de la liberté instinctive, on le moule en Mésopotamie, en Perce, en Inde, en Egypte et en Byzance, pour qu'il serve la religion et le pouvoir, valorisant en lui le mouvant et la forme onduleuse, ou la statique et la forme compacte.
L'assimilation consciente de ces deux concepts verra le jour en Grèce ; elle s'épanouira dans la civilisation islamique, déclinera après l'époque abbasside, pour renaître et embraser l'Europe par ses feux dans la Renaissance.
Le Livre des Morts


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.