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L'ONU Un Machin ?
Publié dans L'observateur du Maroc le 22 - 10 - 2010

L'ONU a été créée pour promouvoir la paix et résoudre les conflits de manière politique. Force est de constater que c'est l'échec absolu. Elle n'a pu résoudre aucun conflit majeur et est souvent débordée par les grandes puissances.
D'ailleurs les décisions les plus importantes pour la marche du monde ne se prennent plus au siège de l'ONU, mais dans des cénacles comme le G8 ou le G20. Il faut croire que l'homogénéité des intérêts en jeu dans ces groupements et l'engagement direct des chefs d'Etat leur assurent une efficacité dont l'ONU ne peut même pas rêver.
Ce que l'on appelle le système onusien, c'est-à-dire les organisations qui en dépendent, n'est pas plus efficace que la maison-mère. En 2010, 65 ans après la création de l'ONU, des milliers d'enfants meurent chaque jour de faim alors que d'autres croulent sous l'abondance. Sur ce registre, les chiffres sont accablants. Les ONG sauvent plus d'enfants que l'UNICEF et mobilisent plus de moyens.
Il y a sûrement des déperditions dans le fonctionnement de ces institutions qui aboutissent à une telle inefficacité. On l'a vu avec le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) et ses outils statistiques dépassés et dénoncés par plusieurs pays.
L'essoufflement du système étant avéré, une reforme est nécessaire si l'on veut qu'il reste au cœur de la gouvernance internationale. Autrement, les groupements régionaux prendront le pas et l'ONU n'offrira plus que l'occasion de discours généreux, enflammés, mais toujours creux. Cette réforme peut être l'occasion d'un signal politique fort, tel que l'association de représentants de l'Afrique et du monde arabe au Conseil de sécurité. Elle devra surtout mettre en place des moyens d'imposer les résolutions. Quant aux organisations, il leur faut une cure d'amaigrissement pour que leur budget de fonctionnement ne dépasse pas celui de leur mission.
La Société des nations (SDN) n'a pas survécu à la seconde guerre mondiale qu'elle n'a pu empêcher. L'ONU se décrédibilise chaque jour, n'ayant pu éviter les massacres dans l'Ex-Yougoslavie, le Soudan ou le génocide du Rwanda. Les équilibres sur lesquels elle était fondée sont aujourd'hui totalement caducs. La nature même des conflits a totalement changé. Au lieu de constater cette décrépitude et d'attendre qu'elle aille au bout, le monde devrait s'inventer un nouveau système de gouvernance plus efficient car l'humanité en a besoin.
L'OCP explore l'avenir
Pour la 3e année consécutive, l'OCP s'associe à la World Policy Conference (WPC) dans le cadre de sa 3e édition qui a eu lieu, pour une deuxième fois, à Marrakech du 15 au 17 octobre 2010. En s'associant depuis ses tout débuts à la WPC, l'OCP souhaite également à travers ce partenariat souligner la contribution du Maroc aux réflexions prospectives sur les grands enjeux de l'heure, réaffirmant par la même occasion sa vocation de terre d'accueil. Un des leaders mondiaux sur le marché du phosphate et de ses produits dérivés, le Groupe OCP opère sur les cinq continents. Il dispose des plus importantes réserves de phosphate au monde. Ses 90 ans d'expérience dans la mine et 45 ans en chimie lui permettent d'offrir l'une des plus larges gammes de roche pour divers usages. Le Groupe joue un rôle central dans ses régions d'implantation et emploie directement près de 18.000 personnes. Par sa contribution à l'organisation et à la réussite de la troisième WPC, l'OPC marque son intérêt pour les études et les recherches prospectives qui lui permettront d'élaborer ses politiques de développement. Mustapha Terrab est convaincu que l'avenir d'un groupe aussi important que l'OCP est intimement lié aux grandes réflexions qui animent le monde. Dans le cas, par exemple, de l'augmentation des besoins alimentaires, liée à l'augmentation de la population, l'OCP se trouve au centre du sujet puisque l'augmentation de la production alimentaire, et donc pour une grande part agricole, ne peut se faire que par une utilisation plus productive des terres existantes. D'où la nécessité de recourir aux engrais issus du phosphate.
Des experts discutent gouvernance mondiale
KARIM RACHAD
La World policy Conference Marrakech 2010 s'est intéressée cette année à la réflexion sur la gouvernance mondiale. Cette édition a une particularité. Elle intervient à quelques semaines du G20 prévu en novembre 2010 à Séoul. Selon l'organisateur de cet événement, «la World Policy Conference (WPC) est la seule conférence internationale spécifiquement consacrée aux problèmes de gouvernance mondiale sous tous ses aspects: global et régional, politique (sécurité), économique ou financier, général ou spécialisé (énergie, santé, etc.)». La WPC a accueilli cette année des personnalités politiques internationales de premier plan : Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies, Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, Ahn Ho-Young, ambassadeur de Corée auprès du G20, Kemal Dervis, du Brookings Institute, candidat possible à la prochaine élection présidentielle en Turquie, Hüseyin Diriöz, conseiller en chef du secrétaire général de l'OTAN, ancien sherpa et conseiller spécial du président turc Abdullah Gül, Joaquin Almunia, vice-président de la Commission européenne et Commissaire européen à la concurrence, Dr. Mohammed Ibrahim, fondateur et président de la Fondation Mo Ibrahim ainsi que Mary Robinson, première femme Présidente de l'Irlande entre 1990 et 1997, Jean-David Levitte, sherpa et conseiller diplomatique du président Nicolas Sarkozy. Parmi les temps forts de l'édition 2010, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon a prononcé, pour la première fois depuis le début de son mandat, une allocution sur la gouvernance mondiale.
La première session a abordé le problème de l'interaction à moyen et long termes entre évolutions démographiques, changement climatique et enjeux de santé publique. Ces trois sujets forment un tout, rarement traité en tant que tel. L'objet de la session plénière a été de poser correctement le problème et d'identifier les améliorations institutionnelles de nature à renforcer la gouvernance mondiale dans le cadre général de la problématique du développement. La deuxième session plénière a été consacrée à la gouvernance monétaire et financière mondiale. Depuis l'éclatement de la crise financière en 2008, le G20 a été créé et des dispositions ont été prises, d'une part pour éviter une grande dépression ou tout au moins limiter les conséquences déflationnistes de la crise, et d'autre part pour réduire la probabilité d'un nouveau choc. Ce second aspect est d'autant plus important que les marges de manœuvre des gouvernements comme des banques centrales sont désormais extrêmement réduites. L'objet de cette session était de faire le point sur les progrès accomplis et d'identifier les lacunes qui demeurent.
Un autre sujet fondamental a été traité, à savoir la gouvernance du numérique ou, selon la terminologie adoptée par la WPC, la gouvernance du cyberespace. Les participants ont identifié les défis majeurs posés par le monde de l'Internet, tels que la cybercriminalité ou la guerre numérique. Sujet d'actualité chaude cette fois-ci, l'institutionnalisation en cours du G20. Cette institutionnalisation qui pose un double problème. D'une part, le G20 peut paraître «trop léger pour ce qu'il a de lourd, et trop lourd pour ce qu'il a de léger». Les participants devaient donc s'interroger sur son avenir du point de vue des critères d'efficacité et de légitimité. D'autre part, l'émergence du G20 oblige à réexaminer l'architecture de la gouvernance mondiale dans son ensemble et notamment à reposer le problème de la réforme du système de l'ONU.
Par ailleurs, un intérêt sera accordé à la tendance du monde à la multipolarité, qui ne fait que s'accentuer d'année en année. Une session plénière a été consacrée à la façon dont des puissances comme la Chine, l'Inde, le Brésil, la Turquie ou l'Afrique du Sud envisagent leurs responsabilités du point de vue de l'articulation entre la gouvernance régionale et la gouvernance mondiale. Une sixième session plénière a permis à d'éminentes personnalités de débattre de l'actualité internationale sous l'angle de l'évolution de la gouvernance mondiale. Pour les questions les plus techniques, trois ateliers ont été prévus portant chacun sur un aspect fondamental de la gouvernance mondiale : L'énergie, les matières premières et l'environnement ; la sécurité alimentaire et la nutrition ; la gouvernance monétaire et financière mondiale.
Gouvernance
Questions lancinantes
H. A.
La World Policy Conference a révélé le besoin pressant d'une bonne gouvernance mondiale touchant tous les aspects des relations internationales. Pour les participants à cette conférence, la complexité de la gouvernance ne cache pas son constant mouvement. Chaque fois que la communauté internationale a été obligée de trouver des solutions à des situations délicates, elle a mis en œuvre des mécanismes qui ont plus ou moins bien marché. D'autres défis viennent compliquer davantage la tâche. Pour les participants, les besoins sont plus grands en matière énergétique, ce qui milite en faveur de la recherche d'une véritable énergie verte. La question est d'autant plus pressante que dans les 20 prochaines années, 80% de l'augmentation de la demande de consommation de l'énergie proviendra des pays émergents. Le risque est qu'il se crée une sorte de concentration des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère et, par voie de conséquence, une aggravation des changements climatiques. Puisque la dépendance à l'énergie fossile ne permet pas d'atteindre les objectifs de développement souhaités, les participants ont insisté sur «le besoin vital de changer la manière de produire et de consommer une énergie propre».
Concernant les changements climatiques, les participants n'ont pas été tous du même avis. Les partisans de la création d'un organisme international chargé des changements climatiques se sont opposés a ceux qui préfèrent l'adoption d'une batterie de mesures concrètes. Pour eux, la création d'une nouvelle structure risque de compliquer davantage la bureaucratie.
Concernant la question alimentaire, les participants ont mis le doigt sur le véritable danger qui guette la population mondiale. En fait, en deux générations, la planète devra doubler sa production alimentaire et son rendement agricole moyen pour répondre aux besoins de plus en plus pressants des populations. Il est donc nécessaire de concevoir de nouvelles politiques agricoles et explorer de nouvelles solutions avec le recours aux nouvelles technologies les plus efficientes. La révolution verte mise en place par l'Inde a été citée en exemple. Elle a permis à ce pays d'atteindre son autosuffisance alimentaire, grâce notamment à l'importance de l'implication de la Banque centrale indienne. Bien entendu, tout n'est pas totalement rose, puisque même dans ce cas, il reste tout de même 150 millions de pauvres. D'où l'appel fait aux banques centrales pour s'intéresser à l'agriculture et mettre celle-ci au centre de leurs politiques.
Le sujet qui a le plus passionné les participants est sans doute celui de la gouvernance financière mondiale. Le manque de visibilité et l'absence d'une architecture financière institutionnelle rigoureusement définie, en plus du risque inflationniste qui plane sur toutes les économies ont été largement critiqués par les conférenciers. Sans oublier la nature même des rapports entre les anciennes institutions de Bretton Woods (Banque mondiale, Fonds monétaire international) et les nouvelles (G8, G20...)
Des voix pour une paix durable
Hakim Arif
Les forums mondiaux sont les lieux où tout le monde peut se rencontrer et où chacun peut exposer ses idées, loin des passions et loin des sensibilités. La Palestine et Israël se sont encore une fois salués lors du troisième WPC à Marrakech. Un moment qui a été retenu par tous les participants comme une ouverture sur un avenir rassurant. L'ancien ambassadeur de Palestine en Grande Bretagne Manuel Hassassian a ainsi salué et longuement discuté avec le député à la Knesset Amir Perez. Les deux hommes se sont dit franchement pour une paix durable et ne semblent pas vraiment opposés sur des questions qui méritent un traitement particulier. Ils sont pour des négociations directes et pensent de la même manière quand ils en arrivent à la question des colonies. Pour Amir Perez, comme pour Manuel Hassassian, les négociations ne peuvent commencer ni se poursuivre si le processus de construction de nouvelles colonies n'est pas stoppé, du moins jusqu'à la fin des négociations. Si la question des frontières est réglée en premier, il n'y aura plus de problème de colonie puisque chaque Etat aura ses limites sur lesquelles il pourra construire comme il lui plaît. Très loin des idées du ministre israélien des Affaires étrangères, A. Perez semble plus proche de M. Hassassian. Les deux n'acceptent pas les propos d'Avigdor Lieberman quand il a annoncé aux Nations Unies qu'il n'y avait aucune chance d'arriver à une paix avec les Palestiniens. Les deux responsables politiques savent que la paix exigera des concessions de part et d'autres et parfois même des sacrifices douloureux. Ils intègrent parfaitement le fait que la paix a un prix et se déclarent prêts à le payer, car cela vaut mieux qu'une situation de non guerre qui paralyse tout le monde par la peur. Néanmoins, certaines questions constituent un blocage sérieux. Il s'agit en particulier des réfugiés. Là, évidemment, la position du Palestinien reste ferme étant donné l'importance de la question. Néanmoins, s'il y a un consensus entre les participants, il est bien celui de la paix. Les participants, dont le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos et Hubert Vedrine, l'ancien ministre français des Affaires étrangères, ont insisté sur la nécessité d'agir en direction d'une paix juste et définitive au Proche-Orient. Ils ont surtout montré l'urgence qu'il y a à bouger, d'autant plus, disent-ils, que l'écart se creuse entre Palestiniens et Israéliens au moment où la xénophobie ne cesse de prendre de l'ampleur. Il reste que traduits en politique, les idées des pacifistes se trouvent bloqués par la réalité du terrain. Les dirigeants politiques ont des intérêts qui ne peuvent être maintenus que dans des situations de conflit.
Inquiétudes alimentaires
F-Z Jdily.
Quand le nombre de personnes touchées par la faim passe de 800 millions en 2006 à un seuil critique estimé à un milliard en 2009, la question de la sécurité alimentaire commence à inquiéter sérieusement. C'est d'autant plus inquiétant qu'un enfant sur 10 dans le monde souffre de malnutrition. Pire encore, pour les bailleurs de fonds et les décideurs mondiaux, le simple fait de soulager la souffrance de ces enfants n'est pas une motivation suffisante. Il est utile de rappeler que d'après le rapport Banque Mondiale Repositioning Nutrition as Central to Development, la malnutrition coûte jusqu'à 2 à 3% du PIB des pays les plus touchés. De ce fait, la question de la sécurité alimentaire s'est imposée lors du Word Policy Conference. La sécurité alimentaire a fait même l'objet d'un atelier consacré au défi alimentaire. Il a été constaté lors de cet atelier que sur les marchés internationaux des matières premières agricoles, les cours des céréales s'envolent de nouveau. Pour certains, c'est faute d'efforts pour stopper la spéculation depuis la désastreuse crise alimentaire de 2008. La situation du maïs est encore plus préoccupante. La flambée des prix de 2008 est un signal d'alerte et la compétition pour l'accès à la nourriture va menacer encore davantage de personnes à l'avenir. D'après les experts, les éventuels besoins énergétiques et le déficit en nouvelles terres à défricher rendent moins probable le défi de multiplier par deux la production agricole. Pour Yashwan Thorat, directeur exécutif de la banque de réserve indienne, le défi pourrait être relevé s'il est accompagné d'une bonne politique. C'est une des recommandations de cet atelier: placer l'agriculture au cœur des politiques. Les institutions internationales intéressées par la question alimentaire n'en finissent pas, de leur coté, d'émettre des mises en garde contre le laxisme à ce sujet. En fait, la Banque mondiale, en collaboration avec l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Fonds international de développement agricole (IFAD), a publié il y a quelques mois une nouvelle étude intitulée "Renforcer la sécurité alimentaire au Moyen-Orient et en Afrique du Nord". Ce nouveau travail s'est focalisé sur le problème de la rareté de l'eau. Selon cette étude, l'utilisation croissante de l'eau, combinée à l'accroissement de la population, a contribué à la raréfaction de la ressource hydrique dans les pays arabes, dont le Maroc. Le constat est alarmant. Des années 50 à aujourd'hui, les ressources renouvelables en eau par habitant ont diminué d'environ 75%. Et ce n'est pas fini. En effet, ajoutent-ils, ces ressources devraient diminuer de 40% de plus par rapport aux niveaux actuels d'ici 2050 sous l'effet des changements climatiques. Pour y faire face, ils recommandent aux pays concernés d'adopter des approches différentes pour aborder la rareté d'eau quant à leur accès à l'irrigation. Les experts ont donné l'exemple des pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Libye, Mauritanie et Tunisie), où la proportion de terres irriguées varie de 7 à 18 % du total des terres cultivées.
Ils relèvent un constat contradictoire. En fait, expliquent-ils, malgré la prédominance du climat sec, de nombreux pays arabes dépendent principalement des cultures alimentées par les eaux pluviales. Que ce soit au Maroc, en Algérie, en Iraq, en Jordanie, au Liban, en Libye, en Mauritanie, au Soudan, en Syrie, en Tunisie et au Yémen, la culture sèche (culture alimentée par les eaux pluviales) est pratiquée sur plus de la moitié des terres arables, relève l'étude. Or, d'après celle-ci, les prévisions sur les changements climatiques indiquent que la moyenne annuelle des précipitations pourrait diminuer de 10 % au cours des 50 prochaines années. La sécheresse et les vagues de chaleur seront plus fréquentes avec l'accélération du cycle des saisons. Par conséquent, la production des cultures sèches fluctuera de plus en plus et la moyenne des rendements commencera à baisser. On prévoit une diminution de 20% dans les pays arabes en général et près de 40 % en Algérie et au Maroc.
D'après Bachir Saoud, directeur de l'Agence nationale pour le développement des zones oasiennes, le Maroc a consenti depuis l'indépendance des efforts pour améliorer le bilan alimentaire en accordant la priorité à l'agriculture et aux aménagements hydro-agricoles. La sécurité alimentaire au Maroc est indissociable du développement durable. Le pays a déjà commencé à prendre à bras-le-corps le défi de la sécurité alimentaire, avec le lancement du plan «Maroc Vert ». Celui-ci vise à doter le pays d'un secteur agricole moderne, bien structuré et performant. Surtout que cette ambitieuse stratégie se propose, entre autres, de moderniser le secteur de l'irrigation, moyennant un programme d'investissement qui porte sur près de 50 milliards de DH, soit 50% de l'enveloppe dédiée au Plan Maroc vert sur les 10 prochaines années.


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