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Solaire : la course au green business
Publié dans Le temps le 05 - 01 - 2011

Les initiatives du développement des sources d'énergie propre se multiplient. Grâce à son plan solaire, le Maroc est bien parti pour entrer de plain-pied dans l'économie verte.
Décidément, les enjeux du développement durable et de l'économie verte sont énormes : des milliards d'euros à investir, des centrales solaires thermiques à construire dans toute la région MENA et un réseau de transport de l'électricité entre l'Afrique et l'Europe,… A partir de 2020, si les chantiers annoncés ici et là sont menés à bien, la carte énergétique du bassin méditerranéen sera totalement métamorphosée, pour le plus grand bonheur des défenseurs du climat. Il était évident que les Allemands, pionniers dans le développement et l'utilisation des énergies renouvelables, se lancent les premiers dans cette course à l'énergie propre. Le projet Desertec, pensé et imaginé par les Allemands, a depuis son lancement en juillet 2009 suscité un grand intérêt des pays désirant préparer l'ère du post carbone ou tout simplement casser leur dépendance du pétrole. Il n'aura pas fallu attendre très longtemps pour voire arriver la réplique des Français, avec leur projet Transgreen, devenu entretemps Medgrid, initié dans le cadre du Plan solaire méditerranéen.
D'une simple Fondation au départ, Desertec est aujourd'hui une constellation d'industriels de renom, avec une prédominance allemande, comme les géants de l'énergie EON et RWE, le conglomérat Siemens, la Deutsch Bank ou encore le réassureur Munich Re. Au total, 16 entreprises, à côté de la Fondation, forment la société DII (Desrtec initiative industrielle), dont le marocain Nareva Holding, l'algérien Cevital, les espagnols Abengoa et Red Eléctrica, le suisse ABB, l'italien Enel Green Power, le français Saint-Gobain Solar ou encore l'américain First Solar.
Renforcer la liaison Maroc-UE
Desertec ambitionne d'exploiter le potentiel énergétique du désert du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, via un vaste réseau de centrales solaires à concentration reliées entre elles et à l'Europe. A ce réseau pourraient également se raccorder parcs éoliens, centrales géothermiques ou hydroélectriques. Objectif : assurer, d'ici à 2050, 15 % de la consommation d'électricité du Vieux Continent et une part de celles des pays producteurs. Le tout nécessitera un budget d'investissement estimé à 400 milliards d'euros, dont 45 milliards pour le seul réseau de transport.
Présenté en mai dernier au Caire lors de la réunion des ministres de l'Energie des 43 pays de l'UPM (Union pour la Méditerranée), Medgrid vient, selon ses initiateurs, en complément du projet Desertec. Son objectif est de construire un réseau sous-marin en courant continu haute tension (CCHT) pour acheminer vers l'Europe l'électricité solaire produite en Afrique. À terme, le réseau électrique sous-marin pourra transporter dans les deux sens de l'électricité qu'elle soit solaire, nucléaire ou d'origine fossile. Son coût atteindrait 8 milliards d'euros rien que pour les liaisons électriques.
À l'heure actuelle, un seul câble de courant alternatif de 1.400 MW relie l'Afrique à l'Europe via le détroit de Gibraltar. Le projet Medgrid envisage par conséquent de renforcer cette liaison Maroc-UE, de relier l'Algérie à l'Espagne et à la Sardaigne, la Tunisie et la Lybie à l'Italie et l'Egypte à la Grèce. Environ 5 GW, sur les 20 à l'horizon 2020 retenus par le Plan Solaire Méditerranéen, devraient être exportés vers l'Europe.
Des difficultés majeures
Il n'en n'a pas fallu plus pour que des voix s'élèvent au Sud pour dénoncer ces projets «aux relents néo colonialistes». Ce que balaient d'un revers de la main les initiateurs de Desertec et de Medgrid, pour qui l'export de l'énergie devra contribuer à rentabiliser les projets de centrales. Une étude du centre spatial allemand avait démontré qu'en occupant moins de 0.3% de la surface entière désertique de la région Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) par des centrales thermiques solaires, il serait possible de produire assez d'électricité pour satisfaire aux demandes actuelles en énergie de l'Europe et de la région MENA, tout en répondant aussi à l'augmentation de la demande dans le futur. Pour les responsables de Medgrid, le développement des interconnexions renforcera la sécurité des systèmes électriques des pays partenaires face à la croissance de la demande. Pour le cas du Maroc, son Plan solaire est conçu, dans un premier temps, pour répondre aux seuls besoins énergétiques nationaux, comme le laissait entendre Mustapha Bakkoury, président de directoire de la MASEN (Morrocan Agency for solar energy). Qui plus est, à long terme, le Plan marocain doit permettre d'accompagner l'intégration régionale euroméditerranéenne du Maroc (voire entretien avec Dieter UH, conseiller principal à la GTZ). Aussi ambitieux soient-ils, les projets Desertec et Medgrid butent sur des difficultés majeures, notamment l'intégration maghrébine en proie au problème du Sahara qui continue d'empoisonner les relations entre le Maroc et l'Algérie, la problématique de la paix au Proche-Orient, ou encore l'instabilité qui sévit dans les pays du Sahel. En tout cas, Paul Van Son, président de la DII, s'est donné pour objectif de dévoiler les contours du projet Desertec en 2012 avec la définition de l'emplacement des installations, le financement, la répartition approximative entre solaire et éolien, etc. Un projet de référence, sorte de test qui prouvera la faisabilité de l'initiative, anime actuellement les discussions dans les coulisses. Le Maroc, fort de son plan solaire de 9 milliards de dollars, serait idéalement bien parti pour pouvoir le décrocher.
Said El Hadini
«Une force énergétique»
Quel regard jetez-vous sur le Plan solaire marocain ?
Si on observe dans le détail le plan solaire marocain, la production projetée de 2 GW n'est en fait que la phase initiale de ce méga projet. En réalité, le potentiel du Maroc est indéniablement beaucoup plus important. En 2007 déjà, nous sommes arrivés au constat selon lequel le potentiel du Maroc est 1000 fois sa consommation actuelle qui est de 25 terra wattheure. Maintenant il est évident que la technologie à concentration coûte très cher. Mais on sait que les coûts vont certainement baisser (à l'image de la technologie GSM) et a fortiori quand on est dans une logique de fabrication à grande échelle. Demain, il est tout à fait possible de voir émerger des entreprises spécialisées dans les structures métalliques ou la fabrication de miroirs photovoltaïques. Du coup, le Maroc peut facilement s'approprier la technologie de manière appropriée. Il peut également jouer le rôle de porte vers l'Afrique qui manque cruellement d'énergie et d'électricité.
Le projet Desertec prévoit de lancer un projet pilote. Quelles sont les chances du Maroc de s'adjuger un tel privilège ?
Le Maroc est le premier pays dans la région MENA à se lancer dans le développement des énergies renouvelables. Cette position de précurseur a fait que des banques et des bailleurs de fonds se sont rapidement joints à cette initiative pour appuyer le Maroc. Dans la région MENA, des pays comme l'Algérie, la Lybie ou encore l'Egypte, disposant déjà de ressources fossiles, ne ressentent pas la même urgence que le Maroc. Ceci étant, il ne faut pas oublier que l'objectif ultime de Desertec est de pouvoir réussir une intégration de la région du Maghreb et de l'Europe. C'est une nouvelle vision de pouvoir travailler ensemble et envisager une nouvelle approche de développement durable.
Il n'empêche que d'aucuns voient dans le projet Desertec ou encore Medgrid des relents néo-colonialistes. Qu'en pensez-vous ?
Desertec ambitionne d'approvisionner l'Europe à hauteur de 15% en 2050. C'est une perspective de 40 ans, donc à long terme. Derrière cet objectif, il y a bien évidemment des raisons économiques. Comment en effet peut-on soutenir des projets sur le plan financier, sachant que la technologie est aujourd'hui onéreuse ? L'acheminement de l'énergie produite vers l'Europe est une bonne chose puisque les prix y sont élevés comparés aux tarifs appliqués au Maroc. Nous sommes conscients que les pays de la région MENA sont confrontés à une augmentation de la demande en électricité. Pour le cas du Maroc, dont la demande nationale croît chaque année à hauteur de 5%, les responsables politiques l'ont dit clairement : la priorité est donnée plutôt à la satisfaction du besoin national. Le PSM est donc destiné à satisfaire d'abord la demande locale. Ce qui n'empêche pas que des projets additionnels peuvent se griffer sur le Plan solaire et produire une électricité destinée à l'export. Ce ne sont là bien sûr que des réflexions…
A votre avis, comment peut-on contourner certains problèmes politiques dans la région pour garantir le succès escompté ?
Les conflits dans la région empêchent en effet la promotion de tels projets et ne facilitent guère leur réalisation. Dans le Sahel par exemple, c'est surtout le manque d'emplois qui pousse les gens à des actes de vandalisme. Il n'empêche que cette nouvelle vision pourrait contribuer à trouver des solutions. Des projets comme Desertec ou Medgrid offrent une réelle opportunité de contribuer au développement économique et social de toute la région MENA. L'énergie est la base de tout développement économique et sociale.
Propos recueillis par S.E.H


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