Après sa nette domination de la 27e édition du Marathon des sables, Rachid El Morabiti a été contraint d'abandonner la course. Selon le directeur médical du marathon, Frédéric Compagnon, la cause serait une lésion musculaire importante à la cuisse gauche. « Je croyais que c'était une fracture mais c'est une lésion » confie le Dr Compagnon au Soir Echos. Le Dr Compagnon ajoute qu' « il n'a pas cru ses yeux quand il a vu El Morabiti blessé ». Rachid El Morabiti, quant à lui, nous raconte qu' « il a senti des douleurs au sixième point de contrôle, mais il fallait qu'il continue ». El Morabiti est resté au sol sans assistance médicale à 1 km de l'arrivée. Les gendarmes ont été les premiers à arriver sur place, suivis par les équipes de télévision marocaines d'Al Oula et 2M, puis par le service médical du marathon. El Morabiti a déclenché sa fusée de détresse pour attirer l'attention des organisateurs, mais ce sont les journalistes qui ont été les premiers à se rendre sur les lieux. Le tenant du titre a été transféré hier, jeudi, à Errachidia puis Ouarzazate pour un diagnostic complet, et en cas de nécessité, il pourrait être opéré. « C'est fini pour lui », lance le Dr Compagnon. « Il sera difficile qu'il revienne », ajoute-t-il. Enfin Salameh Le Jordanien Salameh Al Aqra est arrivé premier de cette quatrième étape. Il a parcouru la distance en 7h 23min. Le jordanien, qui mène désormais au classement général avec un chrono de 15h 29min 45sec, est suivi de Mohamed Ahansal, le Marocain, avec un temps général de 15h 58min 23sec. A l'arrivée de cette quatrième étape, Al Aqra est paru content, mais n'a rien mentionné quant à l'état de Rachid El Morabiti. C'est un Luxembourgeois, Serge, qui a alerté l'organisation et la presse présentes à l'arrivée. « Le dossard numéro 1 (El Morabiti, NDLR) est blessé. Il a besoin d'aide ». Mais pourquoi Al Aqra n'a rien dit à ce sujet ? « Je boîtais. J'ai laissé Salameh me dépasser. Je le suivais puisque j'avais une avance assez suffisante au classement général », nous confie El Morabiti, alité à la clinique du marathon. Donc, le Jordanien ne pouvait pas savoir que Rachid était blessé. El Morabiti n'a pas été le seul cas d'abandon de cette étape. Au moins 13 autres marathoniens ont dû laisser tomber la course. Eric Gabriels, un Néerlandais en fait partie. « Tout repose sur les pieds. Je n'ai pas pu marcher. Quand les pieds te lâchent, tu n'y peux rien », a souligné Eric. « Je suis un sportif, cycliste à la base. C'est ma première participation au marathon, et je peux vous dire que je n'ai aucun problème avec la chaleur, ou le climat du pays », a ajouté cet habitant de Rotterdam. Eric a été l'un des rares coureurs à attendre l'arrivée de Rachid el Morabiti. Quand il a su qu'El Morabiti a été blessé, Eric a semblé triste, et n'y a pas cru. Deux en une 81,5 km à courir, la quatrième étape est la plus longue de toutes. Elle a relié, avant-hier, El Maharch à Jebel Mraier, en passant par des terrains caillouteux, des dunes, des descentes de sable et des oueds. L'organisation a prévu deux départs, l'un à 8h45 et l'autre à 11h30. Le premier départ a concerné les mal classés. Le deuxième était prévu pour les cinquante premiers de la liste, dont les trois mousquetaires, les Marocains Rachid El Morabiti et Mohamed Ahansal ainsi que le Jordanien Salameh Al Aqra. En tout, ils étaient quelque 821 coureurs à participer à cette difficile étape, douze coureurs ont fait marche arrière, mais pas la Française Laurence Klein qui mène toujours la danse au désert. Son chrono a été, lors de cette quatrième étape, de 10h 29min 38sec. Elle a été secondée par la Marocaine Meryem Khali avec un temps de 11h 33min 14sec. Karine Baillet, l'autre Française, a été troisième. Son chrono a affiché 11h 45min 33sec. Au camp des coureurs Le matin du mercredi 11 avril, les coureurs se sont bien préparés pour la longue épreuve, malgré que la nuit ait été très agitée. Le vent de sable, et les gouttes de pluie, n'ont pas perturbé le mental d'acier de nos coureurs. Karim Bennis, un Casablancais, a dit que pour lui, toute étape « est un voyage ». « Ce marathon, c'est un concentré de la vie. Il faut accepter cette souffrance parce que, quand tu vois la ligne d'arrivée, ton estime en toi remonte à la surface. Et quand on abandonne, cela fait mal. Si on n'a pas le cœur, on ne doit pas faire cela ». Quant à Anselin Josephine, étudiante luxembourgeoise de 22 ans, elle a déclaré qu' « elle a un peu peur, et qu'elle aimerait bien terminer l'étape à minuit ou tôt le matin ». Un souhait que tout un chacun espère, puisque la plupart des coureurs vont devoir passer la nuit en dehors des tentes, dans le désert.