Le Sénat de Floride acte le partenariat stratégique avec le Maroc    Intempéries : Programme d'aide de 3 milliards de dirhams sur Hautes Instructions Royales    Addis-Abeba : Le Maroc participe à la 48ème session du Conseil exécutif de l'UA    Nizar Baraka : « Les réserves actuelles peuvent garantir jusqu'à deux années d'approvisionnement en eau »    Maroc : la croissance devrait se poursuivre en 2026 grâce à une production agricole robuste (FMI)    Marché obligataire : quasi-stabilité des taux primaires    Zimbabwe. Débat sur la durée du mandat présidentiel    Amadou Chérif Diouf : « Ce qui unit le Maroc et le Sénégal est plus fort que ce qui pourrait nous diviser »    De la CAN 2025 au Mondial 2030, le Maroc construit bien plus qu'un événement    Marruecos: 3 mil millones de dirhams para apoyar a las poblaciones afectadas    Autonomía del Sahara: Desacuerdos sobre la diplomacia, el regreso de los saharauis de los campamentos de Tinduf y los recursos naturales    Délais de paiement des EEP : une moyenne de 32,5 jours en décembre 2025    Coupe de la CAF (6è journée/Gr. B) : Wydad Casablanca/Azzam FC, bataille pour une place en quart de finale    Le suspense Regragui : communication maîtrisée ou réelle incertitude ?    Abdellah Ouazane : du rêve madrilène brisé à la renaissance à l'Ajax    PSV : Ismaël Saibari manquera le déplacement à Volendam    Venezuela : vers la fin de l'embargo pétrolier américain après un accord énergétique inédit avec Washington    ORION 26 : La France et le Maroc renforcent leur coopération militaire    Bulletin d'alerte : fortes pluies orageuses, neige et rafales de vent vendredi et samedi    Maroc–Emirats arabes unis : Partenariat stratégique renforcé en santé    Températures prévues pour vendredi 13 février 2026    HPS : la cession de l'activité Testing n'aboutit pas    Les Marocains, 2èmes bénéficiaires des visas Schengen accordés par la France en 2025    Projet de loi 66.23 : la Primature rouvre le dialogue    Suspension du trafic maritime entre Tarifa et Tanger en raison du mauvais temps    Etats-Unis : L'ambassade du Maroc propose un guide des supporters au Mondial 2026    Edito. Pari sur le Mondial    CAN 2028 : La FRMF entretient le mystère sur une éventuelle candidature du Maroc    Croissance, importations, déficit : ce que disent vraiment vingt ans de chiffres    Maroc : Un séisme d'une magnitude de 3,7 près de Setti Fadma    Officiel : annonce du premier pays arabe fixant la date du début du Ramadan    Intempéries en France: Un mort et un blessé grave, cinq départements en alerte maximale    Sidi Kacem : L'ONSSA assure le suivi sanitaire du cheptel affecté par les crues    Intempéries : Ouverture de 124 sur 168 tronçons routiers endommagés    Chefchaouen : Reprise des cours après l'amélioration des conditions météorologiques    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Berlinale 2026 : Le cinéma marocain sous les projecteurs à l'European Film Market    Une chanteuse namibienne entre dans le catalogue mondial de Sony Music    Trafic record à l'aéroport de Dubaï en 2025, avec 95,2 millions de passagers    UNESCO : « L'artisanat marocain » célébré à Paris comme patrimoine vivant « en mouvement »    Dakar Restaurant Week 2026 : la capitale sénégalaise célèbre la gastronomie    « 3ech Tma3 » : le thriller choc qui va secouer le public pendant le Ramadan    39e sommet de l'UA : la problématique de l'eau au cœur des débats    Coopération sécuritaire : à Riyad, le Maroc consolide son ancrage stratégique dans le Golfe    Maroc-Comores : exemption de visa pour les passeports diplomatiques et de service    Stoïcisme à l'ère numérique : une philosophie vendue en 15 secondes ?    Ramadan sur Athakafia : Une programmation alliant spiritualité et découverte    Le Marché dar Essalam enrichit le quotidien avec l'ouverture de son aile ouest et du cinéma pathé    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La face sombre des sables bitumineux
Publié dans Le Soir Echos le 10 - 02 - 2010

-Au Canada, l'extraction de ces hydrocarbures solides génère d'importantes pollutions
- Le bilan en termes d'émission de CO2 et de pollution est globalement très mauvais.
- Au Maroc, la recherche pour la valorisation des schistes bitumineux a été arrêtée au milieu des années 80.
Accroche : Les substances cancérigènes contenues dans ces hydrocarbures  sont classées comme polluants prioritaires par l'OMS.
Légende photo : Les schistes bitumineux sont du pétrole non encore formé ; les sables bitumineux du pétrole dégradé.
Le Maroc dispose de réserves importantes de schistes bitumineux. Il est classé au 6 ème rang (50 milliards de barils) après le Canada, les USA, la Russie, le Brésil et le Vénézuela. L'idée de leur exploitation remonte au Protectorat. Les premières recherches pour leur valorisation ont été commencées à Tanger par la création de la Société des Schistes Bitumineux de Tanger qui avait construit une usine pilote d'une capacité de 80 t/jour de schistes bitumineux entre 1939 et 1945. Les gisements de Timahdit et de Tarfaya n'ont été découverts que plus tard durant les années soixante. Après les chocs pétroliers de 1973 et de 1979, la recherche et le développement pour la valorisation des schistes bitumineux ont connu un grand essor partout dans le monde. Au Maroc, les deux gisements de Timahdit et Tarfaya ont fait l'objet de plusieurs études géologiques et minières, des études de laboratoire ainsi que des tests de pyrolyse et de combustion directe. Les schistes bitumineux de ces gisements ont été testés par plusieurs procédés de pyrolyse et ont fait l'objet de nombreuses études de faisabilité technico-économiques. Mais la problématique des sables bitumineux ne se borne pas à ces questions économiques. Une étude publiée le 7 décembre 2009 dans la revue de l'Académie des sciences des États-Unis tire la sonnette d'alarme concernant les pollutions occasionnées par l'extraction des sables bitumineux. En effet, des chercheurs de l'université de l'Alberta ont mesuré des taux très élevés d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans l'eau et l'environnement situés autour des mines de sable ainsi que dans les poissons des rivières situées en aval. Plusieurs de ces substances cancérigènes sont classées comme des polluants prioritaires par l'OMS. Le point fort de cette étude c'est que les concentrations relevées par Erin Kelly et son équipe sont nettement supérieures à celles enregistrées par le Service de surveillance des milieux aquatiques de l'Alberta (Ramp), là où se trouvent les gisements de l'Athabasca. Ils ne manquent pas non plus d'épingler le Ramp pour son incompétence en dénonçant le fait que depuis dix ans cet organisme affirme que la pollution relevée correspond à des niveaux naturels. Dans leur conclusion, ils demandent que des experts indépendants contrôlent les travaux du Ramp. La revue scientifique va plus loin en publiant un commentaire d'une équipe de toxicologues de l'université du Saskatchewan (Canada). Non seulement, ces derniers valident l'étude précédente, mais ils demandent en plus, qu'à l'avenir, les compagnies pétrolières mettent en place des procédés d'extraction moins polluants. L'histoire géologique explique la mauvaise qualité des sables bitumineux par rapport au brut, une roche liquide, et les problèmes posés par leur extraction. Cette huile lourde et visqueuse était au départ du pétrole enfoui dans les profondeurs de la Terre mais elle a été remontée à la surface lors du soulèvement des montagnes. Ce pétrole a alors subi l'érosion et s'est peu à peu dégradé, perdant une partie des gaz volatils encore présents dans le brut. D'où une exploitation complexe dont le bilan en termes d'émission de CO2 et de pollution est globalement très mauvais.  Au Maroc, la recherche pour la valorisation des schistes bitumineux a été arrêtée parce que le procédé T3 n'a pas été considéré comme techniquement mature et pour les investissements colossaux que nécessite l'exploitation des schistes, ce n'est pas une mauvaise chose : un pays à vocation touristique doit éviter la pollution à grande échelle et le gaspillage de l'eau.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.