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Être patron, ça s'apprend !
Publié dans Les ECO le 30 - 08 - 2011

Impossible de réussir sa carrière en tant que patron d'entreprise sans avoir de nombreuses cordes à son arc. Si au Maroc, bon nombre de dirigeants de grandes entreprises appliquent ce principe à la lettre, ce n'est malheureusement pas le cas des patrons des PME/PMI. Force est de constater que ces derniers se penchent uniquement sur les fonctions achat, production et vente. Ils oublient qu'il est également nécessaire de s'intéresser à tous les aspects du fonctionnement de l'entreprise. Conséquence, «les patrons et dirigeants des PME et PMI marocaines se retrouvent souvent confrontés à des contraintes en matière de développement de leur business», atteste Youness Bennani, fondateur et gérant associé du cabinet Jet Finances. Comment faire face à ces contraintes ? Il n'existe pas de recette magique. Le patron doit avoir une seule ligne directrice qui influence tout le reste du processus et qui n'est autre que le développement des compétences personnelles. Amine Benmlih, directeur général de Bvlgari Maroc, insiste sur le fait qu'un patron d'entreprise doit apprendre tout au long de sa carrière, «car plus nous avons de pouvoir de décision dans une organisation, plus nous sommes tenues de se former». Une manière de dire qu'«atteindre les sommets sans diplôme est encore possible, mais uniquement dans les structures telles que les PME/PMI».
Du coup, «le diplôme compte toujours beaucoup comme marqueur social, particulièrement au Maroc», explique Benmlih. Même son de cloche auprès de Mohamed Chakib Rifi, DG de DataPlus président du CJD Casablanca, qui confirme que la qualité de leadership prime sur le diplôme, tout en reconnaissant que «les avis de certains partons divergent quant à l'importance des diplômes dans la carrière d'un dirigeant, mais désormais ils sont tous d'accord sur l'importance de la communication et la bonne maîtrise des langues». «C'est une règle générale dans le monde des affaires, vos interlocuteurs apprécient toujours que vous fassiez l'effort de parler la langue de leur pays», déclare de son côté Hazim Sebbata, directeur général à Polyvent Lamel Maroc. En matière de communication, «cela donne un signe fort d'ouverture d'esprit».
Diriger seul !
Au niveau de la gestion, Mohamed Chakib Rifi a un avis tranché. «Le patron ne peut pas diriger seul, mais il doit savoir prendre du recul vis-à-vis de son entourage», souligne-t-il. Pour lui, il n'y a pas de secret de réussite. Trois mots résument, à eux seuls, la trajectoire d'un bon gestionnaire, «le travail, l'acharnement et un moral d'acier». «Toutefois, le patron doit reconnaître ses erreurs, car c'est de là qu'on acquiert de l'expérience», tient à souligner Rifi. La compétence ne se résume donc plus à la maîtrise d'un savoir-faire, elle est aussi fonction d'un savoir-être. C'est en tout cas l'avis d'Adil Benmlih pour qui «être capable de gérer ses émotions et ses comportements est l'essence même du leadership. Dans des organisations où il n'y a pas de structure hiérarchique, telles les PME, il faut que le chef montre la voie à suivre».
À signaler que pour de nombreuses PME marocaines, les structures adaptées en gestion de ressources humaines font assez souvent défaut. C'est généralement le patron qui s'occupe de ces fonctions. Raison pour laquelle «un patron est censé savoir en quoi consiste le métier de tous ses collaborateurs afin de comprendre leurs difficultés et juger de la qualité de leur travail», explique Jamal Amrani, directeur général de Jad conseil. Ce qui confirme le fait que la méthode anglo-saxonne de recrutement reste, de loin, la plus adaptée pour les moyennes et petites entreprises. Cette dernière consiste à ce que les recruteurs partent du principe qu'un CV est très peu représentatif d'une personne. Du coup, il faut recevoir presque systématiquement tous les candidats. Un avis que partage Hazim Sebbata qui conseille, de plus, les entreprises à embaucher des gens qui ont une véritable soif de découverte et pour lesquels l'audace constitue une valeur fondamentale. «Personnellement, je préfère recruter des gens qui sortent du cadre plutôt que les candidats lisses et passe-partout. Ils sont parfois plus difficiles à intégrer car ils ont du caractère, mais apportent une véritable valeur ajoutée à l'entreprise», souligne-t-il. À côté du du recrutement des profils qualifiés, il y a lieu de définir une stratégie de développement. Dans ce sens, il est préférable, voire nécessaire, que les patrons se remettent en question.
«Le piège dans lequel tombent quelques patrons marocains c'est de se laisser enfermer dans des cases», argumente Sebbata. Et d'ajouter : «il faut savoir que le plaisir de faire quelque chose de nouveau chaque jour est un formidable carburant, qui peut parfois remplacer l'inexpérience». Tout en partageant le même avis, Chakib Rifi estime que «gagner de l'argent ne doit pas être le but ultime d'un patron, il doit plutôt être motivé par l'ambition de développer son entreprise pour en être fier». Ce qui, en termes plus clairs, veut signifier «qu'il ne faudrait jamais avoir de limites, car pour réussir il faut parfois suivre son instinct et saisir les opportunités». Abdallah Rachidi Alaoui, PDG d'IBM Maroc, n'adopte pas la même vision. «Personnellement, le meilleur conseil que je peux donner à un patron d'entreprise est de ne pas s'attaquer aux marchés étrangers avant de construire une bonne image de marque, ainsi qu'un réseau important sur le marché local», confie-t-il. Au sujet des réseaux, ce dernier est plus que jamais un véritable accélérateur de carrière. «Le réseau a été une constante dans ma carrière. Contrairement à ceux qui le voient comme quelque chose d'artificiel, je pense qu'il peut se construire de façon naturelle», conclut pour sa part Hazim Sebbata.
Point de vue: Youness Bennani, Fondateur et gérant associé du cabinet Jet Finances
Au niveau financier, les entreprises et les industries marocaines ne sont pas assez outillées et manquent d'accompagnement. Si certains patrons font une confiance aveugle à leur propre jugement, d'autres sollicitent souvent leurs conseillers historiques tels que les experts comptables, chef comptables... pour tenter d'apporter des solutions nécessitant une expertise certaine dans des domaines complexes. En adoptant cette attitude, ils risquent d'altérer et de biaiser leur jugement et appréciation des problèmes et contraintes rencontrées dans le cadre de leur exploitation. Ce qui, généralement, augmente substantiellement les risques encourus. Dans un autre registre, il y a lieu de constater que les dirigeants ne sont pas tous conscients et informés des différentes aides gouvernementales mises en place dans certains domaines et activités, et des incitations fiscales. Résultat : la majorité des responsables, directeurs financiers et patrons marocains de PME/PMI, et même de certains grands groupes, sont confrontés, d'une part, à une gestion quotidienne «day by day cash management» de trésorerie, très tendue compte tenu de la crise financière actuelle et du rallongement des délais de paiement, et, d'autre part, de l'accès au financement adapté et efficient. En effet, il existe des moyens de financement peu connus des petites et moyennes entreprises et industries marocaines et plus adaptés à leur structure pour ne citer que les fonds d'investissement.
«Le chef d'entreprise est censé être à l'écoute des tendances du marché»: Mohamed Chakib Rifi, DG DataPlus et Président CJD Casablanca
Les Echos quotidien : Comment se porte le moral des patrons suite aux dernières secousses économiques ?
Mohamed Chakib Rifi : Après cette période de turbulences de la finance et de l'économie en général, la reprise est attendue inéluctablement au niveau mondial, comme cela a été le cas pour les crises antécédentes. Mais le redressement de l'économie ne sera pas simple et systématique pour tous les secteurs, voire tous les acteurs économiques. La crise actuelle a été assez destructive et nous n'avons pas fini de voir ses répercussions sur les entreprises et l'emploi. À la crise comme à la reprise, un dirigeant d'entreprise doit se préparer, préparer ses équipes et mettre en place les rééquilibrages nécessaires, tant internes qu'externes. Le redressement doit être prévisible pour le chef d'entreprise censé être averti et à l'écoute des tendances du marché.
Qu'en est-il du secteur des TIC ?
Dans le secteur des TIC, une récession se fait sentir depuis le début de l'année, aussi bien au niveau de la demande du secteur privé que public. Au Maroc, plus de 50% des entreprises opérant dans le secteur du hardware doivent revoir leur stratégie de «dépendance» à une seule marque, surtout quand l'avenir des produits de cette marque devient imprévisible. Le cas également pour les donneurs d'ordre de l'administration publique. Le marché évolue et ne tolère plus la dépendance des multinationales. Il est temps de prendre les bonnes décisions stratégiques et d'encourager l'industrie locale. Le benchmark avec des pays comme la Turquie, le Portugal, la Tunisie, l'Egypte, l'Algérie, l'Afrique du Sud... démontre bien la pertinence du choix d'encourager l'industrie locale, et la valeur ajoutée que cela engendre dans la promotion de la Recherche et développement, de l'innovation technologique, de l'emploi, de la stabilité du secteur et de l'indépendance technologique du pays.
Quels sont les impératifs pour en sortir avec un minimum de dégâts et se préparer pour l'année 2012 ?
Les petites et moyennes entreprises du secteur qui sauront s'adapter à ce nouvel environnement sortiront renforcées de la crise. Aussi, les mécanismes mis à la disposition de la PME et de l'ANPME par le ministère de l'Industrie et des nouvelles technologies, sont de vrais instruments de sauvetage, de développement et d'expansion de l'activité des PME. Encore faut-il saisir les bonnes opportunités avant que cela ne soit trop tard. Il est clair que les choix stratégiques doivent s'accompagner d'une préservation de la situation financière, élément capital à toute survie d'entreprise. Sur ce registre, les banques sont invitées à rejouer leur rôle. La distribution des crédits bancaires, si elle a connu un fléchissement très net pendant la crise, est amenée à reprendre un rythme de croissance. Ainsi, l'impact négatif de la crise sur les crédits aux PME-PMI apparaîtra globalement modéré.


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