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La croissance africaine garde la forme
Publié dans Les ECO le 28 - 10 - 2014

En dépit de la multiplication des facteurs à risque, l'économie africaine maintient son rythme de croissance des dernières années. Selon le FMI, elle sera en moyenne de 5% en 2014... De quoi consolider l'attractivité du marché africain pour les investisseurs.
La croissance économique reste vigoureuse dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne. C'est la principale conclusion de la dernière édition des Perspectives économiques que le FMI vient de mettre à jour en ce mois d'octobre. Ainsi, l'économie de la région devrait continuer de croître à un rythme soutenu (environ 5% en 2014 et 5,75 % en 2015). L'analyse du FMI se révèle donc être l'une des plus optimistes des dernières actualisations des perspectives économiques, même si, dans l'ensemble, les experts s'attendent à ce que la croissance économique du continent maintienne le cap qu'elle a pris ses dernières années. Il est vrai que toutes les économies ne sont pas logées à la même enseigne. Les analystes du FMI ont ainsi classé les pays en trois évolutions distinctes. La grande majorité des pays de la région continue d'enregistrer une croissance économique élevée, alimentée par l'effort soutenu d'investissement dans les infrastructures, la vitalité du secteur des services et une abondante production agricole. «La dynamique de la croissance reste particulièrement forte dans les pays à faible revenu de la région», a relevé le FMI. Selon les prévisions, le rythme d'évolution de la croissance de ces pays devrait s'accélérer en enregistrant une moyenne de 6 à 7% cette année et dépasser 8% pour le prochain exercice. C'est le cas des pays comme la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo, le Mozambique ou le Tchad. Dans le même cas, le Nigeria, première économie de la région de par sa taille, devrait continuer à se développer à vive allure et enregistrer une croissance moyenne d'environ 7%. Selon le FMI, les nouvelles données des comptes nationaux montrent que les économies sont bien plus diversifiées qu'on ne le pensait. «Le secteur des services joue un rôle plus important, tout particulièrement au Nigeria, où la place de ce secteur dans l'économie a presque doublé à la suite de l'actualisation de l'année de référence pour l'établissement des comptes nationaux». De ce fait, plusieurs pays du continent se sont inscrits dans cette stratégie de révision et d'actualisation de leur PIB.
Vulnérabilités
Selon le FMI, dans la plupart des pays, la croissance s'appuie à la fois sur les investissements d'infrastructure, la vitalité du secteur des services et une abondante production agricole. D'après les perspectives économiques régionales pour l'Afrique subsaharienne, ce tableau de bord globalement positif est toutefois assombri par la situation dramatique en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, où l'épidémie de fièvre Ebola a de lourdes conséquences humaines et économiques et des retombées économiques qui commencent à se faire sentir dans certains pays voisins. «Dans un petit nombre de pays, l'activité est freinée par des vents contraires liés aux politiques menées par les autorités», tempère le FMI. C'est le cas en Afrique du Sud où la croissance reste terne en raison des goulets d'étranglement dans la fourniture d'électricité, des relations tendues entre les partenaires sociaux et du manque de compétitivité. Les experts du FMI ont également mis en exergue la situation inquiétante de certains pays, dont le Ghana et la Zambie, où la poursuite de la dégradation des déséquilibres macroéconomiques prononcés ont engendré des tensions sur les taux de change et de l'inflation. Selon les prévisions du scénario de croissance du FMI, «la croissance vigoureuse de ces dernières années va se poursuive au cours des prochains mois, à condition toutefois que plusieurs aléas négatifs de plus en plus menaçants se dissipent». Les facteurs de risques pèsent de différentes manières selon les pays, à l'instar de la propagation de l'épidémie de la fièvre Ebola qui aurait de graves conséquences pour l'activité des pays touchés, «ce qui mettrait à mal la confiance, les décisions d'investissement et les activités commerciales dans toute la région». De même, les conditions de sécurité restent difficiles en République centrafricaine et au Soudan du Sud, et sont encore précaires dans le Nord du Mali, le Nord du Nigeria et sur le littoral kényan. Enfin, les vulnérabilités budgétaires au niveau domestique font que, dans certains pays, les ratios d'endettement public restent relativement stables alors que dans un petit nombre de cas (en particulier dans certains pays pionniers), la poursuite d'une croissance forte et l'existence de conditions favorables sur les marchés financiers internationaux se sont révélées insuffisantes pour éviter l'accumulation de la dette et les difficultés de financement. Il s'agit là des principaux défis pour le continent qui reste, toutefois, l'un des marchés les plus attractifs du monde.


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