À 4 jours du D-Day, élèves, familles et corps enseignant retiennent leur souffle. Cette année, le dispositif anti-triche focalise l'attention des responsables au sein du département de Mohamed El Ouafa, qui semble être prêt à tout pour conserver la valeur et la crédibilité des diplômes délivrés annuellement par l'Etat. Des critères communs ont été mis en place pour l'ensemble des académies régionales de sorte à homogénéiser le niveau de difficulté sur le territoire «pour garantir l'égalité des chances des candidats», indique le ministère dans sa note d'orientation préparée pour cette année. «Une révision des procédures de correction des épreuves a été opérée à la lumière de l'expérience accumulée au cours des dernières années», indique le département de tutelle, qui gardera un œil sur les comités de correction. Ceux-ci ne seront plus impuissants dans la lutte contre certains types de fraude ne figurant pas sur la liste des actes interdits pendant les épreuves. Les échanges oraux entre les candidats seront désormais sanctionnés par des avertissements, et les élèves qui garderont leurs portables, même éteints, seront présumés «de mauvaise foi». La lutte contre la tricherie se poursuivra après la fin des examens avec de nouvelles prérogatives octroyées aux comités de correction afin de détecter «les copies similaires, entièrement ou partiellement», insiste le département de tutelle qui introduit pour la première fois ce mécanisme de détection des fraudes. La hausse de 8% des candidats au cours de cette année scolaire 2012-2013 a obligé le département de tutelle à mettre en place un nouveau guide pour les étudiants, décrivant leurs droits et devoirs pendant l'examen. Pour la première fois l'attestation de réussite sera délivrée en 3 langues, avec l'introduction de la langue amazighe. Cette démarche vient combler une lacune dans la mise en œuvre des exigences constitutionnelles. Pour la consultation en ligne des résultats, le dispositif testé il y a 3 ans sera reconduit, avec un accès personnalisé pour chaque candidat au portail Taalim.ma, source fiable pour la délivrance des bulletins de notes des candidats. Pour éviter les retards de délivrance des attestations de réussite (pour les étudiants désireux de passer des concours d'accès à certaines formations), le département de tutelle a fixé les dates du 24 et 25 juin pour les délibérations finales, sans qu'une deadline ne soit fixée pour la remise des diplômes aux futurs bacheliers. Plusieurs cas d'étudiants ainsi privés des concours d'entrée pour certaines spécialités ont été enregistrés les années précédentes. Un projet de loi contre la fraude dans le pipe La loi projetée 02-13 déposée au SGG ne sera pas applicable cette année. Cependant, le département de tutelle compte sur l'effet dissuasif des règles qui seront mises en place lors des épreuves cette année. La loi, qui devra s'étendre à l'enseignement supérieur, met en place un recours judiciaire contre les décisions prises par les comités disciplinaires. Ceux-ci devront remplacer les comités de correction, qui jouissent d'un pouvoir discrétionnaire très large, et contre qui aucun recours n'est possible. De nouveaux modèles types de procès-verbaux des fraudes seront élaborés pour mieux s'adapter à l'usage fait des NTIC par les tricheurs, et pour pouvoir impliquer toute personne extérieure aidant les candidats de mauvaise foi.