Ils ont déjà baissé de 39 points de base en moyenne durant le second trimestre. Les professionnels s'attendent à une nouvelle baisse du taux directeur ce mois-ci. Les taux débiteurs ont enregistré une baisse au titre du deuxième trimestre de cette année. Selon l'enquête trimestrielle effectuée par Bank Al-Maghrib, les taux d'intérêt moyens des crédits, toutes catégories confondues, sont passés de 6,52% à 6,13% d'un trimestre à l'autre, soit une baisse de 39 points de base. Par exemple, le taux d'intérêt des crédits à la consommation a accusé un repli de 27 points de base, à 7,19%, et celui des crédits de trésorerie aux entreprises s'est contracté de 48 points de base, à 6,08%. Les professionnels du marché imputent cette baisse à la décision prise par Bank Al-Maghrib en mars dernier d'abaisser son taux directeur de 25 points de base, à 3%, plutôt qu'à l'évolution de l'offre et de la demande au niveau du secteur bancaire. En effet, les banques ont maintenu plus ou moins serrées leurs conditions d'octroi de crédits, compte tenu de la montée des risques et de l'aggravation du déficit de liquidité (près de 71 milliards de DH à fin juillet). Selon les mêmes professionnels, cette baisse devrait se poursuivre si Bank Al-Maghrib décide d'une nouvelle baisse de son taux directeur, à l'issue de son conseil de politique monétaire qui se tiendra le 25 septembre. L'on s'attend à un abaissement de 25 voire 50 points de base. D'abord, cette mesure à laquelle s'attend le marché serait justifiée par une inflation contenue à un niveau de 1,9% qui est en ligne avec les prévisions de BAM et son objectif de rester en dessous de 2%, ainsi que par une décélération de la croissance du PIB au deuxième trimestre de 2,8% à 2,6% selon le HCP. Une telle démarche contribuerait à relancer la croissance à travers l'octroi de crédits dans le but de favoriser la consommation interne. En effet, un abaissement du taux directeur permettrait de diminuer le coût de refinancement des banques auprès de la banque centrale, diminuerait par conséquent les taux débiteurs et assouplirait les conditions d'octroi des crédits. En même temps, cela apaiserait également la tension sur les taux des bons de trésor dont les titres à court terme sont étroitement liés aux niveaux de taux sur le marché monétaire. Par ailleurs, la sortie décidée du Trésor sur le marché international en vue d'emprunter un montant d'environ 1 milliard de dollar (équivalent de 9 milliards de DH), prévue en novembre, devrait alléger le poids des levées de l'Etat sur le marché domestique. Par conséquent, les taux des bons de trésor, surtout ceux des titres de maturité courte et moyenne, pourraient repartir à la baisse après la tendance haussière observée depuis 2011. «La baisse n'atteindrait pas toutefois les maturités longues puisque ces dernières sont plutôt liées aux fondamentaux du trésor qui se dégradent de plus en plus», explique un professionnel de la place. Mais il n'empêche que la tendance haussière des taux des BDT serait freinée. En fin de compte, ces deux facteurs contribueraient conjointement à la baisse des taux d'intérêt pour les différents types de crédits distribués. «Celle-ci serait de la même ampleur que la première et ne se sentirait pas immédiatement, mais plutôt au début de l'année prochaine», conclut notre source.