Le plan d'action 2008-2012 du ministère propose la création d'organismes publics autonomes pour la gestion des établissements hospitaliers Pour réduire le prix de certains médicaments, la priorité sera donnée aux génériques. Ahurissante, l'analyse du système de santé au Maroc faite aujourd'hui par les experts de la ministre de la santé, Yasmina Baddou. Des indicateurs alarmants, avec un taux de mortalité maternelle (TMM) de 227 pour 100 000 naissances vivantes, un taux de mortalité infantile (TMI) de 40‰, un fort déséquilibre entre les régions et entre milieu rural et urbain avec une couverture médicale ne dépassant guère 30% de la population. Décortiquant les principaux dysfonctionnements dont souffre le système de santé, Yasmina Baddou s'est fixé dix objectifs à atteindre, qualifiés par certains observateurs d'irréalisables : réduire le TMM à 50 et le TMI à 15, à l'horizon 2012 ; assurer l'équité de l'offre de soins entre régions et entre milieu rural et urbain ; faciliter l'accès aux soins pour les plus démunis ; disposer d'un service public de santé compétitif et performant; rendre au citoyen la confiance dans le système de santé par l'amélioration de l'accueil, l'information, les urgences, la propreté, l'équité et l'accessibilité aux médicaments; réduire le coût des soins; renforcer la veille et la sécurité sanitaire; réduire la part supportée par les ménages dans le financement de la santé à moins de 25% ; prendre totalement en charge les affections de longue durée (ALD); et moraliser le secteur de la santé. Partenariat avec les ONG et secteur privé Pour y arriver, la stratégie que compte adopter le département de la santé repose sur quatre axes principaux. La création d'organismes publics autonomes de gestion des infrastructures hospitalières avec l'introduction d'un système de péréquation, à l'échelle nationale entre régions riches et pauvres, et à l'échelle régionale, entre population à faible revenu et celle à pouvoir d'achat élevé. Est prévue également une implication du secteur privé dans la conception et la mise en Å"uvre des orientations concernant le secteur et son développement, notamment en matière d'investissement et de vigilance, ainsi que le développement d'un partenariat stratégique avec les ONG, dans le but de la création d'un statut juridique particulier de privé non lucratif (PNL). Tout cela nécessitera évidemment un recentrage du rôle du ministère de la santé sur les activités de régulation, de planification, de contrôle et de veille sanitaire. Le deuxième axe repose sur l'amélioration de l'offre de soins, qui fera appel à une participation des instances locales et à une gestion basée sur la contractualisation, la priorité étant donnée aux médicaments génériques avec une utilisation de procédures claires pour la fixation des prix et du taux de remboursement. Troisième axe : la mise en place de plans spécifiques et ciblés sur des programmes prioritaires de santé, les affections de longue durée (cancer, insuffisance rénale, diabète, sida), la maternité sans risque, la néonatologie, la santé mentale, les maladies cardiovasculaires et la santé dans le monde rural. Le dernier axe s'attaque aux nouveaux défis que pose le vieillissement de la population marocaine, l'ampleur de plus en plus importante de la part des maladies non transmissibles dans la charge globale de morbidité (56%), les urgences de santé publique à portée internationale (USPPI), ainsi que la recrudescence de comportements à risques sanitaires tel le tabagisme et la toxicomanie.