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Les deux frères, Marzouki et le village
Publié dans Lakome le 23 - 03 - 2011

Attablé dans un bar casablancais, Lhoussaine Ouachen, belgo-marocain, né en « septante quatre », nous fait part de son expérience militante, ainsi que celle de son frère, Mohammed ; les rencontres avec Ahmed Marzouki, la lutte dans un village du Haut Atlas... Portraits de MRE exemplaires...
C'est à la lecture de Tazmamart Cellule 10, témoignage de Ahmed Marzouki, ancien détenu à Tazmamart, que Lhoussaine et Mohammed Ouachen, deux frères qu'une année seulement sépare, nés à Bruxelles, se sont penchés sur la situation de leur pays d'origine. Jusque là, Lhoussaine, fonctionnaire, « assez occidentalisé » selon ses propres mots, et Mohammed, comédien et réalisateur, s'intéressaient surtout aux problèmes de la communauté marocaine de Belgique : double peine et racisme entre autres. Enthousiasmé au plus haut point, Mohammed décide en 2006 de réaliser un portrait de 45 minutes de Marzouki : Rencontre d'un ancien détenu de Tazmamart.
Bruxelles, entre nid d'espions et communautarisme
Depuis, Lhoussaine initie des rencontres avec des acteurs associatifs marocains à Bruxelles ; Meryem Demnati, de l'Institut royal de la culture amazighe, Amine, de l'Association marocaine des droits de l'homme ont déjà fait le déplacement. Aléas de la vie militante, la dernière en date s'est soldée par un fait divers. En novembre 2010, Ahmed Marzouki est convié à une conférence au Centre International de Bruxelles. Peu avant le début de la rencontre, le 11 du mois, l'ancien détenu est agressé. « Ca a duré 15 secondes, on s'est un peu éloigné, on a entendu crier, on s'est retourné, Ahmed était au sol, les deux types qui l'avaient frappé prenaient la fuite » explique Lhoussaine. Une plainte est déposée. Pour Marzouki, cette agression porte la marque des « services ». A Bruxelles, à chaque rencontre militante du genre, quelques agitateurs viennent perturber ou prendre des notes et Lhoussaine reçoit souvent des appels anonymes de menaces lui demandant d'annuler les activités annoncées.
Pourtant, elles ne drainent pas un gros nombre des plus de 350 000 Marocains de Belgique. La plupart ne montrent que peu d'intérêt pour la politique marocaine et se mobilisent plus massivement pour d'autres causes : l'anti-racisme et la Palestine. Lhoussaine explique l'attachement à ces luttes très identitaires par le communautarisme et la piété de la communauté marocaine de Bruxelles. Il évoque des scènes de la comédie Les Barons de Nabil Ben Yadir, « qui cartonne carrément » selon lui, pour illustrer la chose (on y voit un imam suspicieux, un père conservateur…
Pour le reste, le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) est actif, notamment sur le plan culturel mais dans la plupart des regroupements de Marocains de Belgique, c'est la logique des « amicalistes » de l'ère Driss Basri qui perdure : il s'agit encore répercuter le son de cloche officiel dans la communauté, l'habillage en plus.
Au village, sans prétentions…
Eté 2009, Lhoussaine retourne au village de ses parents, Agadir El Ghachi, un petit douar à 38 km de Imintanout, dans le Haut Atlas. Parti avec deux copains pour randonner, Lhoussaine découvre l'existence de soucis typiques du « Maroc inutile ». Alors que les villageois se plaignent du manque d'eau (on en trouve seulement deux robinets dans le village) et qu'aucune tentative des autorités n'ai jamais été faite pour en trouver, un de ses amis, travaillant sur les questions hydrauliques procède à une petite étude de terrain au pied levé et l'assure de la présence probable d'une nappe phréatique.
Engageant du coup la discussion avec des habitants du modeste douar (l'accès complet à l'électricité ne date que de 2005), Lhoussaine met le doigt sur un autre problème : un projet d'exploitation des carrières de marbre situées sur la même colline que le village par la société Palmar (il est à noter que le marbre de la région est bien connu, il est par exemple utilisé dans le hall d'entrée du Sofitel d'El Jadida.)
Des routes risquent d'être tracées sur les terres collectives pour permettre l'accès de la mine aux camions et la découpe du marbre sur place, générant beaucoup de poussière est néfaste pour les pâturages. L'exploitation peut aussi entraîner un pompage d'eau, alors que le douar en manque déjà. Les habitants, 1000 environ, craignent aussi pour le marabout, situé sur la colline Taliza mais n'osent tenir tête aux autorités et aux entrepreneurs. Lhoussaine frappé par la peur qu'inspirent les autorités aux villageois tente de les rassurer, arguant de sa double nationalité.
Le village qui résiste encore et toujours
Le MRE expédie des courriers d'indignation à tous les ministères. La réponse vient de son ministre de tutelle, Monsieur Ameur, ministre chargé de la Communauté marocaine à l'étranger, qui promet un examen de la situation. En octobre 2009, 600 villageois manifestent avec leur bétail contre le projet d'exploitation de marbre. En réponse les autorités tentent pour d'effrayer les meneurs qui sont convoqués à la gendarmerie pendant que des agents effectuent des descentes remarquées dans le douar. Mais en décembre 2009, Lhoussaine, fort de son courrier ministériel est reçu par le secrétaire général du gouvernorat et obtient la promesse que le marabout et les terres collectives ne seront pas touchés. Depuis, le projet d'exploitation est gelé. A chaque fois que des agents de l'autorité viennent au village avec l'exploitant pour reprendre le travail, les habitants les en empêchent. C'est lors de la dernière tentative de coup de force, en avril 2010 que Mohammed a décidé de réaliser avec son frère un documentaire sur la mine. Faute d'autorisations de tournage (le Centre cinématographique marocain les a renvoyé vers le Ministère de la communication dont ils n'ont pas obtenu de réponse), le duo Ouachen n'a pu finaliser le film, dont il ont malgré tout diffuser le teaser ça et là pour dénoncer les agissements des autorités.


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