Dans son programme, le gouvernement de Saâd Dine El Otmani avait annoncé la levée des subventions sur les produits subventionnés par la caisse de compensation à leur tête la butane, la farine et le sucre, et ce dans le but d'apporter de l'aide directe aux populations pauvres. Toutefois aucune date n'a été communiquée depuis déjà deux ans, laissant les Marocains dans la confusion. Y aura-t-il une levée de subvention ou pas ? Eléments de réponse. Pour mettre fin au brouhaha qui encercle ce dossier sensible, le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Lahcen Daoudi a annoncé, lors d'une rencontre avec les journalistes au domicile du chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, organisée dans la soirée du mercredi 15 mai, que «la date de la levée des subventions sur les produits subventionnés par la caisse de compensation a été reportée pour 2021, la date des élections législatives au Maroc». En 2018, les subventions aux produits de base devaient coûter à l'Etat 13 milliards de dirhams, un chiffre qui a augmenté ces deux dernières années en raison de la hausse des prix des hydrocarbures sur le marché mondial. Afin justifier cette annonce, Daoudi a attribué le retard de la levée des subventions au recensement entrepris par le gouvernement, qui rentre dans le cadre du registre social unifié (RSU), en raison des procédures requises telles que le questionnaire adressé aux citoyens et qui dure environ vingt minutes. Le ministre a également révélé que le Royaume dispose aujourd'hui de 139 programmes sociaux qui nécessitent un suivi et une prise en charge réelle afin de faciliter l'opération de ciblage de la population en besoin, soulignant que la phase qui suit la levée des subventions sur les produits de première nécessité, en vue de fournir un soutien direct aux pauvres, nécessite beaucoup de temps et de travail. système d'identification biométrique indien Le défi est d'unifier tous les services sociaux tels que les subventions alimentaires, l'aide monétaire aux veuves et aux étudiants, les programmes de soutien scolaire Tayssir ou le service médical de base pour les pauvres Ramed, pour cibler en un système les plus pauvres en fonction de leurs besoins. Dans ce sens, Lahcen Daoudi a également expliqué que le RSU s'inspire du système d'identification biométrique indien Aadhaar (300 millions de pauvres sur 1 milliard et demi) en matière de ciblage de la population pauvre au Maroc. Aadhaar est un système d'identification de la population de l'Inde basé sur la biométrie. Il est gérée par l'Unique Identification Authority of India. La carte comprend un numéro d'identification national à 12 chiffres associés à chaque personne en plus de données biométriques, comprenant la photographie des iris, la photographie du visage et les empreintes digitales. Le projet intègre également des données plus usuelles, comme le nom, le sexe, la date et le lieu de naissance. Doté de cette carte, l'utilisateur indien peut ainsi entrer dans n'importe quel magasin de quartier où un lecteur de cartes a été mis en place et a le droit d'acheter des produits de base à un prix très subventionné. De cette façon, le produit bon marché ne profite plus aux plus aisés mais seulement à ceux qui en ont vraiment besoin.