L'Union marocaine du travail (UMT) a décidé de ne plus reconnaître le de ministre de l'Inclusion économique, de la petite entreprise, de l'emploi et des compétences, Younes Sekkouri, comme interlocuteur valable et de suspendre sa participation aux instances de dialogue social qu'il préside. Réuni en conseil national le 8 février 2025 à Casablanca, l'UMT a rassemblé ses représentants des fédérations régionales et locales ainsi que ses syndicats affiliés pour analyser la situation sociale et politique actuelle. Dans un communiqué sanctionnant cette réunion, le syndicat dénonce un climat marqué par la dégradation du pouvoir d'achat, l'aggravation du chômage et la précarité de l'emploi, ainsi que des atteintes répétées aux libertés syndicales. La centrale fustige également l'attitude du gouvernement, jugée inflexible et désengagée du dialogue social. Une rupture consommée avec le ministre Sekkouri L'UMT reproche au ministre du Travail d'avoir dénaturé l'ampleur de la grève générale des 5 et 6 février 2025. Alors que la centrale syndicale affirme que la mobilisation a atteint un taux de participation de 84,9 %, paralysant de nombreux secteurs publics et privés, Younes Sekkouri aurait, selon elle, minimisé ces chiffres et présenté une version biaisée de la situation. Cette attitude, perçue comme une provocation, a été un point de rupture pour l'UMT, qui considère désormais le ministre comme un acteur avec lequel tout échange est devenu impossible. En conséquence, la centrale syndicale a annoncé son retrait des principales instances tripartites qu'il préside, notamment le Conseil de la négociation collective, le Conseil de médecine du travail et de prévention des risques professionnels, le Conseil supérieur de la promotion de l'emploi, la commission chargée du suivi de la bonne application des dispositions relatives à l'emploi temporaire et la Commission chargée des consultations pour la promotion de la mise en œuvre des normes internationales du travail. L'UMT a également pris soin de clarifier la méthode de calcul du taux de participation à la grève, soulignant que celui-ci est basé sur les seuls secteurs où les syndicats sont présents, conformément aux normes internationales. Elle a rappelé que plus de 200.000 fonctionnaires, soit près de 35% des employés publics, sont privés du droit de grève, ce qui n'a pas été pris en compte dans les chiffres officiels. La centrale précise également que plus de 61% des travailleurs du secteur privé, souvent dans des petites entreprises ou l'informel, sont exclus de cette statistique, d'où l'importance de présenter des chiffres ajustés pour refléter la réalité du terrain Un appel à la mobilisation Dans son communiqué, l'UMT tient également le gouvernement pour responsable de la montée du mécontentement social et critique son approche du dialogue social, notamment à travers l'adoption du projet de loi encadrant l'exercice du droit de grève dans des conditions jugées inacceptables. La Centrale syndicale salue la mobilisation massive des travailleurs et exprime son soutien à ses représentants parlementaires, qui ont protesté contre ce texte en quittant la séance de vote. Par ailleurs, l'UMT appelle ses militants à rester mobilisés et réaffirme son engagement à poursuivre son combat pour la défense des droits des travailleurs. L'organisation laisse à sa direction nationale la liberté de prendre les décisions qu'elle jugera nécessaires pour la suite de son action.