Mohamed Ghalloussi, président de l'Association marocaine pour la protection de l'argent public (AMPAP), a récemment lancé de sévères accusations contre Abdeslam Ahizoune, président de la Fédération royale marocaine d'athlétisme également président du directoire de Maroc Telecom, l'accusant de manipuler la publicité pour faire pression sur les médias critiques. Ces accusations font suite à une vague de critiques essuyées par Ahizoune après les résultats jugés « nuls » de la Fédération lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Dans une publication sur sa page Facebook, Ghalloussi a dénoncé les manœuvres d'Ahizoune, affirmant que ce dernier « utilise la publicité comme un levier pour museler la presse qui ose critiquer ses échecs dans le domaine de l'athlétisme ». Selon lui, Ahizoune a carrément cessé de distribuer des contrats publicitaires à certains médias, ce qu'il qualifie de « scandale éthique » qui vient s'ajouter à une série d'échecs répétitifs à la tête de la Fédération. Connu pour son militantisme en faveur de la transparence financière, Ghalloussi a ajouté que la stratégie d'Ahizoune est une réponse directe à la pression croissante en faveur d'un audit des finances des fédérations sportives, y compris celle qu'il dirige. Il n'a pas manqué de critiquer la longévité d'Ahizoune à la tête de la Fédération ainsi que son maintien à la direction de Maroc Telecom, sans jamais avoir été tenu responsable de ses actes. Ghalloussi a analysé la décision d'Ahizoune de couper le « robinet publicitaire » en soulignant que cela démontre l'attitude des responsables qui refusent d'être redevables. Selon lui, « ces dirigeants pensent que la loi et la justice sont uniquement destinées à discipliner les citoyens ordinaires, tandis qu'eux-mêmes se considèrent intouchables, formant une élite au-dessus des lois ». Le militant a également rappelé que la Fédération royale marocaine d'athlétisme bénéficie d'un soutien financier public conséquent, incluant un milliard de dirhams provenant du Fonds national pour le développement du sport. Il a dénoncé l'absence de résultats probants, estimant que cet argent public est « généreusement gaspillé ». Ghalloussi a défendu le droit des médias de critiquer et d'interroger les performances des athlètes sous la supervision de la Fédération, rappelant que « l'État détient une participation dans le capital de Maroc Telecom ». Il s'est interrogé sur la légitimité d'Ahizoune à soumettre Maroc Telecom à ses désirs personnels, tout comme il le fait avec la Fédération qu'il préside. Ghalloussi n'a pas hésité à accuser Ahizoune d'utiliser la publicité non pas dans le cadre d'une stratégie visant à développer les services de Maroc Telecom, mais à des fins détournées. Il a soulevé la question de savoir si « accorder de la publicité de cette manière ne revient-il pas à acheter les consciences ? ». Enfin, Ghalloussi a qualifié les agissements d'Ahizoune de « défi clair aux exigences sociétales d'associer responsabilité et reddition de comptes ». Il a souligné qu'Ahizoune semble ignorer que le Maroc a changé, et que les défis actuels du pays nécessitent des responsables engagés à défendre véritablement les intérêts du pays, plutôt que ceux qui se complaisent dans le favoritisme et l'inertie. Pour conclure, Ghalloussi a accusé Ahizoune d'utiliser son pouvoir contre le peuple, en sachant que la loi ne s'applique qu'aux petits fonctionnaires, tandis que les « gros poissons » n'ont rien à craindre. Enfin, il a exhorté Ahizoune à réaliser que « la corruption et le favoritisme représentent désormais une menace sérieuse pour l'État et la société, amplifiant le sentiment d'injustice et de désespoir, et creusant davantage le fossé entre les institutions et les citoyens ». Il convient de rappeler qu'Abdeslam Ahizoune a été nommé pour la première fois président de la Fédération royale marocaine d'athlétisme le 4 décembre 2006, succédant à Mohamed Aouzal, président du comité provisoire. Réélu pour un second mandat le 29 novembre 2010, il a ensuite enchaîné un troisième mandat le 29 janvier 2015, pour une durée de quatre ans. Il a été reconduit pour un quatrième mandat le 22 avril 2019, et a obtenu un cinquième mandat l'année dernière. Malgré les moyens financiers considérables alloués à cette fédération, les résultats sportifs des derniers Jeux Olympiques de Paris ont été décevants, et Abdeslam Ahizoune continue pourtant de présider cette institution depuis 18 ans.