Le Musée Mohammed VI d'Art Contemporain s'ouvre sur le vandalisme. De la rue, aux rayons prestigieux des musées, l'ouverture de l'exposition de JanOne a eu lieu ce mardi 13 novembre au Musée Mohammed VI à Rabat. Les visiteurs du musée ont l'habitude de voir du réalisme, du naturalisme de l'abstrait... Cette fois-ci, ils avaient au menu : des graffitis ! D'un blaze au métro à une exposition au musée Le musée s'est transformé en petite ruelle où JonOne a orné des murs, mais cette fois-ci en plein musée de la capitale marocaine. Quand ce mouvement « propre à la rue » s'expose à la place de toiles de célèbres peintres, nous assistons à une fusion entre le réalisme d'un art issu du fin fond de la rue et un art qui ne sort que rarement des musées et des grandes expositions. C'est la rue qui rentre au musée, et c'est le musée qui s'imprègne d'elle. Cette passion a commencé avec ce qu'il y a de plus simple chez les graffeurs et les tagueurs, à savoir les blazes (le surnom qu'un tagueur se choisit). JonOne voulait laisser sa trace là où il va, en inscrivant son nom, ou plutôt son blaze, sur les murs du métro, il a toujours considéré les rues et les métros comme des musées à ciel ouvert. « Le métro est un musée qui traverse la ville », c'est la phrase fétiche de l'artiste. Habité par ce mouvement, il a créé le collectif 156 avec l'aide d'autres graffeurs engagés. Qui est JonOne ? De son vrai nom John Andrew Perello, JonOne est l'une des figures emblématiques du mouvement graffiti à New York des années 1980. C'est le vrai produit de la rue américaine, qui a fui l'abri familial et a trouvé refuge dans la rue, précisément dans ses murs. Il a pu aujourd'hui fasciner les plus grandes marques. « Ce n'est pas du vandalisme, c'est un art ! » C'était en quelque sorte la cause de JonOne. Celui-ci a depuis toujours trouvé que le graffiti est un art à part entière, un vrai moyen d'expression. Il s'est donc intéressé aux expositions d'artistes, et a commencé à visiter les musées et les expositions, c'est là où il prend conscience qu'il se passe autre chose ailleurs, en dehors de son quartier, et c'est là où il a nourri son goût et a commencé à donner beaucoup plus d'importance à l'harmonie des couleurs et à leur mariage. « Peindre illégalement, écrire et faire exister son nom le plus haut et le plus fort possible pour les gens du dehors, représentait alors le moyen d'expression le plus excitant que la rue avait à nous offrir », JonOne.