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Partis et guerre des chefs : Une transition démocratique à géométrie variable
Publié dans Finances news le 27 - 02 - 2014

Vingt-sept mois sont passés depuis que le Maroc s'est lancé dans la plus significative alternance politique, avec l'arrivée au pouvoir du PJD. Il y a un peu plus d'un an, il a célébré ce qu'on pourrait appeler «l'An 1» du gouvernement islamiste.
On se souvient que le 25 novembre 2011, lors du scrutin législatif anticipé, une courte majorité de suffrages avait accordé la victoire au PJD, soit un score de 107 sièges, alors qu'aux élections législatives de 2002, le même parti n'avait récolté que 42 sièges à la Chambre des Représentants. Donc, un chiffre multiplié quasiment par trois ! Or, c'est moins le score qu'il faut souligner que la tendance sociologique ou le glissement tangible de l'électorat vers une islamisation rampante dont certains observateurs, et non des moindres, ont préféré traduire le message : une récupération en bonne et due forme du mouvement protestataire du 20 février, un cadrage du «ras-le-bol populaire , et «in fin», une sanction contre les partis ou le «Parti du pouvoir», incarné par l'establishment, l'administration, la classe bourgeoise, etc...
On s'échine de nos jours encore, et beaucoup ne s'en lassent pas, à interpréter ce tournant majeur dans l'histoire du Maroc, plus ou moins prévisible, voire programmé depuis que, oripeaux islamiques déployés, le PJD s'est érigé aux environs de 2002 comme la formation de l'opposition inédite, au discours sans concession et, ratissant large, organisant ses assises et ses bases, mettant à profit déjà le populisme ! En face, comme démantibulé et défié, le groupe des partis traditionnels ne prenait pas la réelle mesure des enjeux qui se dessinait. Doucement, mais sûrement, la carte politique s'intervertissait. Et le scrutin du 25 novembre 2011 confirma la tendance, mais non la vague prévue...
Le Parti de l'Istiqlal, dirigé alors par Abbès El Fassi, premier ministre, a remporté 60 sièges, suivi du Rassemblement national des indépendants (RNI) avec 52 sièges, le Parti de l'authenticité et modernité, 47 sièges, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) 39 sièges, le Mouvement populaire (MP) 32 sièges, l'Union constitutionnelle (UC) 23 sièges, enfin le Parti du progrès et du socialisme (PPS) 18 sièges.
Ces partis ont connu une évolution différente les uns des autres. Or, le PJD, non content de ses 42 sièges arrachés en 2002, a caracolé pour doubler et plus que doubler son score. Sa stratégie – une présence assidue dans les quartiers populaires et un grignotage de fiefs de l'USFP surtout –, tablée sur le long terme a été payante. Le 29 novembre 2011, soit quatre jours après le scrutin, le Roi Mohammed VI reçoit Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, parti vainqueur et le nomme Chef du gouvernement. Il lui donne les instructions, comme le stipule la Constitution, pour former un nouveau gouvernement. Il mettra un mois et quelque avant de former et d'annoncer en janvier 2012 la coalition gouvernementale, hétéroclite bien entendu, mais justifiant le partage numérique, formant vaille que vaille une majorité «lézardée» au parlement : Le PJD, l'Istiqlal, le Mouvement populaire et le PPS... Voici quatre partis que rien ne réunit, que tout sépare à vrai dire, mais qui cohabitent dans une configuration qui présage une crise latente.
Elle surviendra en mai 2012, lorsque Hamid Chabat, «cycliste» de son état, bénéficiant d'une légitimité qui agace beaucoup de ses adversaires, mais aussi de ses pairs au parti, élu maire de Fès et secrétaire général du parti de l'Istiqlal, lorgnant de toute évidence le poste de chef de gouvernement, intimera aux ministres istiqlaliens du premier gouvernement de Benkirane, de quitter ce dernier. Devenue béante au sein de la coalition, la brèche mettra le pays dans une sorte de «no man's land» politique anticonstitutionnel...Car, voilà six ministres de l'opposition, «exfiltrés» de force mais assistant aux conseils de gouvernement d'un «Chef» honni par leur leader qui, de loin, n'avait de cesse de tirer à boulets rouges sur lui...
Pendant deux mois, d'une tractation avérée à une rumeur orchestrée, le Maroc revivra le même scénario d'attentisme latent. La constitution du «gouvernement Benkirane bis» ne fut pas une surprise sortie d'un chapeau, mais la confirmation d'un postulat : aucun parti n'est en mesure de gouverner seul, ni de gagner à lui seul et de manière exclusive des élections législatives, susceptibles de lui conférer une majorité écrasante au parlement. C'est dire que l'alternance est spécifique, pour ne pas dire spécieuse. Elle se conforme à l'esprit d'une Constitution et d'un découpage politique qui, c'est le moins que l'on puisse dire, érige le consensus en loi politique et rejette la «dictature des godillots» !
Vingt-sept mois sont passés et le gouvernement islamiste n'en finit pas de célébrer sa relative victoire comme un «blanc-seing» accordé par l'opinion publique et ses électeurs surtout dont le nombre ne dépasse pas les 51%, sur les 13 millions d'inscrits, soit un peu plus de
1 million de votants...C'est la réalité numérique, c'est aussi l'aberration politique.. La tentation est grande pour dire que le PJD bénéficie de la moitié de la légitimité, à égale répartition avec les autres formations. L'arrivée du Rassemblement national des indépendants (RNI) au gouvernement bis a compensé et sauvé même la coalition gouvernementale du chaos et sorti le pays de l'impasse. Mais, plus que cet aspect, il faudrait y voir comme une réhabilitation des compétences et même une remise en cause du modèle vers lequel les dirigeants du PJD ont tenté d'orienter le Maroc : celui d'une Turquie islamiste, évoluant «mezzo voce», fourvoyant à la limite les uns et les autres, mais au bout du compte heurtant les aspirations du peuple ! Et donc exposé au mécontentement populaire...


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