■ La consommation de ciment en progression de +10.7% au titre de l'année 2011. ■ +14,6% de croissance au S2-2011, profitables aux cimentiers historiques. ■ Les recommandations de CFG. Le marché du ciment a progressé plus fortement qu'attendu. Les tensions s'avèrent moins importantes du fait d'un marché plus friand. C'est ce qui a poussé les analystes de la CFG à revoir leurs recommandations pour les cimenteries cotées. Lafarge et Ciments du Maroc sont des valeurs à conserver dans les portefeuilles, tandis que Holcim est recommandée à l'achat. En effet, la croissance de la consommation de ciment pour l'année 2011 (+10.7%) a été largement supérieure aux attentes des analyses de la CFG, ainsi qu'à celles des professionnels du secteur qui tablaient sur un haut de fourchette de +5% annoncé par l'Association professionnelle des cimentiers marocains (laquelle prévoyait une croissance comprise entre +3% et +5%). La surprise provient du bond réalisé durant le deuxième semestre (+14,6%), grâce aux deux éléments suivants : - le secteur du logement a enregistré un essor notable, avec une évolution constatée dans l'auto-construction, qui répond à près de la moitié des besoins de logements du pays; - des conditions météorologiques caractérisées par une faible pluviométrie, qui ont conduit à une accélération de la cadence des travaux dans les chantiers. La consommation nationale de ciment a connu de cette sorte une accélération durant le deuxième semestre avec une croissance variant entre +14,6% à +17,0% au T4, comparativement avec la même période en 2010. Au niveau régional, ce dynamisme profite principalement à la région du Sud-Centre (présence de Ciments du Maroc) et à la région de l'Ouest (présence de Lafarge, Holcim et Ciments de l'Atlas) qui ont respectivement contribué aux performances du marché avec +24,7% et +19,1% au S2 (+24,7% et +21.6% au T4) vs +3,9% et +5,8% au S1. La croissance dans le Sud-Centre est à attribuer à la région de Tadla-Azilal qui a vu ses ventes doubler grâce, notamment, à la création de l'autoroute Berechid Khouribga. La vigueur de la demande dans la région de l'Ouest est quant à elle attribuable au dynamise qu'a connu l'ensemble des chantiers du Grand Casablanca (+21,0% au S2, +23,9% au T4). La région du Centre-Nord-Est (présence d'Holcim Maroc et Lafarge Ciments) qui représente 22,9% du marché, a sous-performé le marché au S2 avec une croissance de +10,8%, de même que la région du Sud qui affiche une croissance de +12,1% au S2. Les moins bons élèves restent les régions du Nord (présence de Lafarge) et de l'Oriental (présence d'Holcim) qui ont eu une croissance de +7,6% chacune, marquant quasiment le même rythme de progression aux T3 et T4 (+1,6% et +13,8%). La nouvelle recrue s'accapare davantage de parts de marché Installée à Béni Mellal et à Ben Ahmed, Ciments de l'Atlas a capté la majeure partie de la croissance au premier semestre 2011, avec une part de marché de 8,2%. En effet, l'ensemble du secteur cimentier tablait sur une décélération de la croissance pendant le deuxième semestre de l'année écoulée. Cette nouvelle cimenterie, qui n'est entrée en production qu'à partir de la mi-décembre, a été contrainte d'accélérer la montée de sa première unité de production de Béni Mellal, atteignant ainsi un taux d'utilisation de plus de 80%, ce qui offre une meilleure visibilité quant à la croissance à venir pour les cimentiers historiques. Holcim Maroc a ainsi prévu de doubler sa capacité de l'usine de Fès dès 2013. Quant à Lafarge, sa position est plutôt stable dans un marché qui croît en moyenne de 5% par an. Avec des taux d'utilisation frôlant 90%, le cinquième et dernier opérateur risque de ne pas excéder les 15% de parts de marché prévus par les analystes, ce qui permettrait une progression graduelle de la part de marché d'Holcim Maroc. «Ciments du Maroc et Asment Témara devraient être pénalisées par leur taux d'utilisation élevés et perdre ainsi, respectivement, 2,5 points et 1 point de part de marché entre 2011 et 2014». C'est du moins ce qu'on prévoit auprès de CFG. Lafarge Ciments : 37% de parts de marché au S2-2011 Le leader du marché a sorti ses griffes au second semestre 2011 pour s'accaparer la part du lion (37% de parts de marché au S2-2011 contre 36,6 au S1-2011), ce qui se matérialiserait par une croissance du chiffre d'affaires de l'ordre de +4,1% selon les analystes de CFG. Cela sous-entend une croissance des ventes à hauteur de 9,7% au 2ème semestre de l'année 2011 comparativement au S2 2010 où Lafarge Ciments avait enregistré une baisse de ses volumes vendus suite à l'arrivée sur le marché de Ciments de l'Atlas. Un phénomène qui s'était naturellement prolongé jusqu'au S1 au cours duquel l'entreprise avait enregistré une modeste croissance de ventes de +1,2% dans un marché qui a crû de +7,2%. Ciments du Maroc : des usines à plein régime La banque d'affaires est très confiante quant aux résultats 2011 de Ciments du Maroc portés par le dynamisme observé dans l'ensemble des régions du Sud du Maroc qui ont enregistré une accélération de croissance à 19,7% au S2-2011, contre 7,2% au S1-2011. Cette croissance est d'autant plus profitable au groupe que le dynamisme général que connaît l'ensemble du pays pousse les cimentiers à servir davantage leurs régions de prédilection plutôt que de diriger leurs produits vers le Sud, au risque d'impacter leurs marges par des coûts de transport conséquents. Holcim Maroc : Redressement de l'activité attendu au second semestre L'impact de l'absorption plus rapide que prévue du surplus de production au niveau national est particulièrement profitable à Holcim Maroc. Au regard des croissances qu'ont enregistrées les régions où le groupe est présent au S2-2011 (+7.7% pour l'Oriental et +19.1% pour l'Ouest) et qui impliquent une moindre pression concurrentielle sur le marché, CFG constate que l'entreprise a révisé sa politique de prix pour doper la croissance des volumes de vente. En effet, dans un marché plus imposant, il devient primordial de défendre ses parts de marché. ■