L'ouverture de capital permet à l'entreprise de se développer, ou à un entrepreneur de racheter une entreprise, sans recourir à l'endettement. Avec une entrée dans le capital jusqu'à 40 % au maximum, cette méthode permet une autonomie de l'entreprise. En 10 ans, Viveris a investi dans 200 entreprises en France. Présent au Maroc depuis deux ans via sa filiale Viveris Istithmar, il gère le fonds AlterMaghreb d'un montant de 300 millions de DH, dont une moitié est assurée par des institutions mondiales et les 50 % restants par des banques marocaines. Parmi la palette de services du Groupe, la filiale marocaine en déploie essentiellement deux au Maroc. D'abord, pour accompagner une entreprise qui a, dès lors, besoin de cash pour se développer davantage dans une conjoncture favorable. C'est le cas du Groupe Geomédia. L'opération portait sur l'augmentation du capital de 10 millions de DH. Le Fonds propose également ses services quand un chef d'entreprise veut racheter une deuxième entreprise selon la technique du LBO (Leveraged Buy Out, ou opération à effet de levier). Au Maroc, une opération dans ce sens a été menée avec EDICOM, société éditrice des annuaires téléphoniques professionnels Kompass et Telecontact. «Pour cela, nous avions créé un holding auquel nous nous sommes associés. Nous avons apporté 50 % en fonds propres et 50 % en prêt bancaire que nous avons remboursé au bout de 6 ans», explique Karim Benjelloun, Directeur général de Viveris Istithmar lors d'une rencontre CGEM-Viveris Istithmar. Le Fonds investit donc aux côtés du chef d'entreprise pendant tout le cycle du projet, c'est-à-dire de 5 à 7 ans, par une entrée de capital allant jusqu'à 40 % au maximum. «C'est un investissement non spéculatif dans le capital d'une PME. Nous sommes des actionnaires et non des gestionnaires, donc, nous n'avons aucune politique hégémonique sur la PME», assure K. Benjelloun. Le ticket d'investissement de Viveris est compris entre 10 et 30 millions de DH. Quand les besoins en financement se font plus importants, le Fonds intervient en co-investissement avec d'autres partenaires financiers. À l'issue de ce «mariage à durée déterminée», le Fonds revend sa participation. «Nous nous rémunérons sur la plus-value liée à l'augmentation de la valeur de nos actions détenues dans la PME. Nous préférons que les dividendes restent dans l'entreprise pour financer son développement», conclut-il. Bonne gouvernance, bonne solvabilité… Entre autres avantages du capital-investisseur, tels que déclinés par le Directeur général de Viveris Istithmar, figure une certaine autonomie de l'entreprise. En effet, les fonds propres apportés permettent de préserver l'indépendance de l'entreprise grâce à une trésorerie durable. Ils permettent éventuellement d'augmenter sa capacité d'emprunt et de limiter les garanties personnelles auprès des banques. Le Fonds peut également compléter son apport en cas de besoin. Les collaborateurs apportent leurs conseils au chef d'entreprise en terme d'amélioration de gouvernance.