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Tourisme : Le Plan Azur redescend sur terre
Publié dans Challenge le 25 - 04 - 2009

Ce que beaucoup d'opérateurs pensaient depuis plusieurs années, Mohamed Boussaid, ministre du Tourisme, l'a craché tout cru : les ambitions du Plan Azur, colonne vertébrale de la Vision 2010, étaient surdimensionnées. L'incapacité des actionnaires de la station de Taghazout à lever des fonds a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
A sa prise de fonction à la tête du Département du Tourisme en octobre 2007, Mohamed Boussaid était certainement persuadé que sa mission ne serait guère facile. À l'époque, soit deux ans avant la date fatidique de 2010, aucun lit n'avait encore été livré sur les 85.000 lits hôteliers attendus dans le cadre du plan Azur. Toutes les stations connaissaient des retards allant d'un an à un an et demi. À l'origine de cette situation, le non-respect par les aménageurs développeurs des calendriers d'exécution initialement arrêtés dans les conventions signées par ces derniers avec l'Etat. Adil Douiri, le prédécesseur de l'actuel ministre, n'est pas arrivé à faire respecter les délais, si ce n'est de demander aux aménageurs développeurs d'accélérer la cadence à chaque fois que l'occasion se présentait. Il n'empêche qu'il a, devant la presse, toujours minimisé ces retards. Pire, l'ex-ministre ne voulait point entendre parler de la nécessité de re-calibrer le Plan Azur. «Je ne fais le procès de personne, mais le Plan Azur tel qu'il a été conçu, pèche par excès d'ambition en termes de délais de réalisation et de capacité litière », affirme Mohamed Boussaïd, qui ne veut point juger son prédécesseur. L'actuel ministre, qui estime par ailleurs que son prédécesseur a fait du «bon travail», ne cache pas que la Vision 2010 a été pensée sans prendre en compte les aléas, les contraintes voire la cyclicité du secteur. «C'est là une petite faiblesse de sa gouvernance par rapport à la réalité». Pour autant, Boussaid n'entend pas baisser les bras : « mon devoir en tant que ministre de tutelle est de réajuster le Plan Azur et de le redimensionner ». Comment va-t-il s'y prendre ?
35.000 lits au lieu de 85.000
Le ministre ne veut pas s'aventurer sur la question, sauf au sujet des stations de Taghazout et Plage blanche qui seront mises en veilleuse. « Nous allons réfléchir plus tard à des solutions alternatives pour ces deux sites. Le plus dur reste à venir et les années fastes sont derrière nous », dit-il. Pour l'heure, le ministre revoit les ambitions du plan Azur à la baisse. Lui qui ne voulait pas avancer de deadline a fini par repousser l'horizon de 2010 à 2016. Quant à la capacité d'hébergement, elle passera de 85.000 à 35.000 lits. «Pour l'instant, je n'ai de visibilité que pour quatre stations, notamment Saïdia, Lixus, Mazagan et Mogador. Trouver actuellement avec la crise des repreneurs relèverait de l'exploit», précise le ministre.
Rappelons qu'initialement, l'aménagement des six sites représentait environ 5 milliards de DH d'investissement et que la construction des chambres dans ces stations devait engager entre 45 et 50 milliards de DH supplémentaires. Ces montants font sans doute de cette opération la plus importante jamais réalisée au Maroc. Ce qui fera dire à Boussaid qu'un décalage dans la réalisation des objectifs est nécessaire, vu la complexité des projets. « Rien qu'entre la signature de l'accord-cadre en 2001 et le démarrage des travaux d'une station, il s'est passé au moins cinq ans, hormis Saidia, dont le chantier a démarré en 2004. Sans parler de l'aménagement, de la réalisation et de la construction… Le process de lancement d'un projet à lui seul nécessite 24 à 42 mois, une phase qui correspond aux études (marchés, marketing, positionnement urbanistique, architectural, impact sur l'environnement…), aux dossiers de demandes d'autorisation de lotir, aux dossiers d'appels d'offres et de consultation des entreprises ainsi qu'aux dossiers de demandes d'autorisation de construire », martèle-t-il.
Il faut dire que le département du Tourisme n'avait pas le choix. Il se devait de communiquer sur le Plan Azur, colonne vertébrale de la vision 2010 du tourisme, après les départs de chefs de file qui se sont succédé en l'espace de trois mois, notamment Orco, Thomas & Piron et Colony Capital, qui laisse la station de Taghazout sans héritier. C'est sans doute la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. « C'est un dossier malheureux qui connaît un deuxième échec», dira Boussaïd, pour qui la station ne peut se permettre un troisième échec. Le gouvernement a résilié la convention relative à la mise en valeur de cette nouvelle station, conclue avec le consortium attributaire qui réunit le groupe Colony capital et la société Satocan pour non-respect de clauses du cahier des charges. En rompant le contrat, «le gouvernement a montré sa fermeté», justifie Boussaid. «Notre décision est blindée juridiquement. Nous avons pris nos responsabilités. Mais cela ne remet pas en cause l'avenir de la station, qui est l'un des plus beaux sites du plan Azur. Il faut tout de même reconnaître qu'après le départ de Dallah El Baraka, Colony avait présenté la meilleure offre avec toutes les garanties de réussite. Sauf qu'en deux ans, pas le moindre mètre cube n'est sorti de terre», explique Boussaïd.
Quand les majors filent à l'anglaise
Le consortium dirigé par Colony Capital n'a pu lever tous les fonds auprès du pool bancaire composé d'Attijariwafa bank en tant que chef de file, de la BCP et de la BMCE, qui lui avait donné son accord en décembre 2007 pour un crédit moyen terme de plus d'un milliard de DH. Pourtant en 2008, le consortium bancaire avait accepté de débloquer près de 200 millions de DH en attendant la réalisation par les promoteurs de Taghazout de certaines conditions préalables. Toutes les conditions avaient été levées à l'exception de l'inscription de l'hypothèque sur le terrain en faveur des banques. Les garanties hypothécaires ne pouvaient être fournies puisque le terrain n'était pas acquis. La démarche étant restée suspendue à la conclusion de l'avenant signé en décembre 2008 entre Colony Capital et le gouvernement. C'est ainsi que fin janvier, document en main, les actionnaires de Taghazout Resort se sont de nouveau adressés aux banques pour obtenir les fonds nécessaires en vue de procéder à l'acquisition du terrain en question. Mais leur demande n'a pas reçu de suites favorables, car le pool bancaire a considéré que toutes les conditions n'étaient pas remplies. Or, pour les promoteurs de Taghazout Resort, il n'est pas question de poursuivre le développement du projet sur fonds propres, car ils avaient déjà investi plus de 400 millions de DH, en plus de près de 200 millions de DH de dettes, alors qu'un milliard de DH était déjà engagé par Taghazout Resort dans le projet. C'est au moment où ils attendaient un nouveau contrat de financement en cours de validation auprès des banques que le gouvernement a résilié la convention. Selon eux, « le gouvernement a perdu patience ».
Quoi qu'il en soit, Boussaid affirme regretter cette résiliation, mais persiste à dire que malgré tout, « la position de l'Etat a été faite conformément aux clauses de la convention qui la liait à l'aménageur ». Aujourd'hui, tous comptes faits, il ne reste plus que Kerzner (station de Mazagan) comme chef de file étranger au niveau des stations balnéaires du Plan Azur. Tous les majors internationaux qui étaient à la tête des consortiums ont fini par jeter l'éponge. Résultat : toutes les stations ont connu des difficultés et plus que des retards, des glissements dans les délais à cause de plusieurs facteurs comme la révision de plans d'aménagement, les retards dans les travaux, les problèmes du foncier… Pour autant, le risque n'est pas écarté, à en croire le ministre du Tourisme pour qui la récession présente trois risques majeurs pour le plan Azur. D'abord, une baisse de l'attractivité pour l'immobilier de luxe. « Cela fait qu'il y a moins de cash pour les aménageurs développeurs, compromettant ainsi le reste des programmes dont le financement est étroitement lié à l'immobilier », affirme-t-il. Ensuite, la crise touche directement les investisseurs en ce sens qu'elle réduit leur capacité de financement et de lever des fonds. D'où des arbitrages sur les destinations. Enfin, la conjoncture rend difficile le montage financier de projets, surtout dans le secteur du tourisme. Les banques deviennent plus regardantes et exigent plus de garanties. Pour autant, Boussaid ne perd pas son coté humoristique : « Et si le Plan Azur avait très bien fonctionné avec à la clé les 85.000 lits additionnels, comment les aurions-nous remplis avec cette crise internationale ? ».
Le tourisme marocain n'est pas en crise
«Le Maroc baisse un peu moins vite que ses concurrents ». Kamal Bensouda, président de l'Observatoire du Tourisme, est convaincu que la destination Maroc tient bon. Selon lui, les arrivées sur le Maroc ont progressé de 4,4% au premier trimestre 2009. En même temps, les nuitées, dans les hôtels classés, ont baissé de 7%. Ce sont les MRE qui ont sauvé la mise avec 21% car le nombre de touristes étrangers a baissé de 4 %. Les marchés émetteurs comme la France (+3 %), l'Italie (+5 %) et la Hollande (+7 %) ont augmenté pendant que la Belgique (-11 %), l'Allemagne (-7 %), la Grande Bretagne (-21 %) et l'Espagne (- %) baissent. Quant aux nuitées, elles étaient principalement réparties entre deux villes: Agadir (+10%) et Fès (+7%). Les autres villes reculent: Casablanca baisse de 4%. Mais c'est Marrakech qui a connu la plus forte baisse : 12% par rapport à 2008. Cette destination a perdu 15 points par rapport au premier trimestre 2008 en termes de remplissage. « La récession y est pour quelque chose mais elle n'explique pas tout. Marrakech est en train de changer de modèle. Sa capacité litière a augmenté de 47% en 3 ans seulement. Ses prix ont sensiblement augmenté ces dernières années. Il est impératif que le Maroc assouplisse ses tarifs s'il veut rester compétitif », estime le président de l'Observatoire. Malgré tout, Boussaid estime que le tourisme marocain n'est pas en crise. « La preuve en est que certaines de nos destinations continuent à enregistrer des croissances en termes d'arrivées, tout cela sans bradage des prix ».


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