Cette refonte graphique majeure intervient quelques mois après la communication, par l'Elysée, d'un courrier du président Emmanuel Macron adressé au roi Mohammed VI, dans lequel le chef de l'Etat français affirme que le plan marocain d'autonomie – proposé en 2007 – constitue «la seule base pour aboutir à une solution politique juste, durable et négociée», conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Un changement d'apparence anodine, mais lourd de signification géopolitique, s'est imposé au cœur même de l'Assemblée nationale (Paris) : dans la salle où se réunit la commission des affaires étrangères, le nouveau planisphère suspendu au mur ne fait plus mention d'aucune séparation entre le Sahara et le reste du Maroc. La ligne pointillée qui figurait jusque-là a disparu, de même que les couleurs différenciées des zones. L'agencement de la carte entérine désormais la lecture promue par Rabat depuis des décennies : celle d'un espace national authentique indivisible. Le geste reflète une évolution profonde et historique de la politique française. Dans une lettre adressée au roi Mohammed VI, rendue publique par l'Elysée le 30 juillet 2024, le président Emmanuel Macron a affirmé que le plan d'autonomie proposé par le Maroc en 2007 constitue «la seule base pour aboutir à une solution politique juste, durable et négociée conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.» Le chef de l'Etat a indiqué, aussi, que «le présent et l'avenir du Sahara [occidental] s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine.» Cette formulation, d'une clarté inédite dans la bouche d'un président français, s'accompagne de la réaffirmation de «l'intangibilité de la position française sur cet enjeu de sécurité nationale pour [le] Royaume.»