L'économie marocaine enregistre un creusement significatif du déficit commercial à fin février 2025, sous l'effet d'une progression marquée des importations, conjuguée à une légère contraction des exportations. Selon les données provisoires de l'Office des changes (OC), le solde commercial s'établit à -50,74 milliards de dirhams (MDH), en aggravation de 22,1 % par rapport aux -41,57 milliards de MDH enregistrés un an plus tôt. Echanges de marchandises : envolée des importations, recul des exportations Les importations de biens atteignent 124,2 milliards de MDH, soit une progression de 7,4 % (+8,57 milliards de MDH) en glissement annuel. Cette hausse est principalement portée par : Les biens d'équipement, en augmentation de 8,2 % (+1,89 milliard de MDH) pour atteindre 24,9 milliards de MDH. Les produits finis de consommation, dont les achats grimpent de 10,1 % (+2,63 milliards de MDH) à 28,6 milliards de MDH, avec une poussée notable des médicaments et produits pharmaceutiques (+25,1 %, soit +381 millions de MDH) et des voitures de tourisme (+10,1 %, soit +321 millions de MDH). Les demi-produits, dont les importations progressent de 9,3 % (+2,26 milliards de MDH) pour atteindre 26,6 milliards de MDH. À l'inverse, les exportations accusent un léger repli de 0,8 % (-604 millions de MDH), s'établissant à 73,5 milliards de MDH. Ce recul s'explique par la baisse des ventes à l'étranger des phosphates et dérivés (-28,7 %, soit -4,8 milliards de MDH) qui s'établissent à 11,9 milliards de MDH. En revanche, certains secteurs résistent : L'automobile demeure le premier poste exportateur avec 19,4 milliards de MDH, affichant une hausse de 9,7 % (+1,72 milliard de MDH). Le textile et cuir progresse de 4,2 % (+451 millions de MDH) à 11,2 milliards de MDH, porté par la hausse des ventes de vêtements confectionnés (+4,6 %) et d'articles en bonneterie (+7,7 %). Le taux de couverture des importations par les exportations perd 4,9 points, s'établissant à 59,1 %, contre 64,0 % un an auparavant. Services : excédent en hausse, impulsé par les voyages La balance des services demeure excédentaire et affiche une progression de 4,7 %, avec un solde de 21,96 milliards de MDH, contre 20,97 milliards de MDH un an plus tôt. Les exportations de services enregistrent une hausse de 4,0 % (+1,63 milliard de MDH) et atteignent 42,5 milliards de MDH. Les importations de services augmentent de 3,2 % (+644 millions de MDH) pour s'établir à 20,5 milliards de MDH. Le secteur du tourisme confirme son rôle de moteur dans cette dynamique, avec une progression des recettes de 2,8 % (+428 millions de MDH) à 15,76 milliards de MDH, bien que l'augmentation des dépenses liées aux voyages (+27,2 %, soit +1,07 milliard de MDH) tempère cet essor. En conséquence, l'excédent de la balance voyages recule de 5,6 %, s'établissant à 10,76 milliards de MDH. Transferts de la disapora : légère contraction Les transferts de fonds effectués par les Marocains résidant à l'étranger (MRE) s'élèvent à 17,86 milliards de MDH, en léger recul de 0,9 % (-157 millions de MDH) par rapport à février 2024. Investissements directs étrangers (IDE) : forte progression Le flux net des investissements directs étrangers (IDE) affiche une hausse notable de 40,6 %, atteignant 6,12 milliards de MDH, contre 4,35 milliards de MDH un an plus tôt. Cette amélioration résulte d'une augmentation des recettes (+27,9 %, à 8,96 milliards de MDH) et d'une progression plus modérée des dépenses (+7,1 %, à 2,84 milliards de MDH). À l'inverse, les investissements directs marocains à l'étranger (IDME) reculent légèrement, avec une diminution des recettes de 2,6 % (3,02 milliards de MDH) et une baisse des dépenses de 6,2 % (2,89 milliards de MDH), ce qui entraîne un flux net déficitaire de 120 millions de MDH, contre -12 millions de MDH un an plus tôt. Perspectives : des déséquilibres persistants L'élargissement du déficit commercial, amplifié par la vigueur des importations et la fragilité de certains secteurs exportateurs, pose un défi majeur aux comptes extérieurs. Si les services et les IDE offrent des relais de compensation, l'évolution des prix internationaux et la demande extérieure resteront des éléments déterminants dans les mois à venir.