L'ancien ministre espagnol de la défense, Federico Trillo (2000-2004, Parti populaire), a révélé que Washington avait proposé à Madrid, en 2002, de restituer au Maroc les Îles Zaffarines (Îles Jaafarines) et le rocher d'Al-Hoceima dans le cadre d'une médiation sur la crise de l'îlot Leïla (Perejil), a rapporté la chaîne espagnole Antena 3. Ces déclarations, faites dans l'émission Espejo Público, jettent une lumière nouvelle sur l'implication des Etats-Unis dans ce différend qui avait failli dégénérer en affrontement armé entre le Maroc et l'Espagne durant l'été 2002. Selon M. Trillo, alors membre du gouvernement de José María Aznar, l'administration américaine, soucieuse de préserver la stabilité aux abords du détroit de Gibraltar, en pleine préparation de l'invasion de l'Irak (2003), aurait suggéré à Madrid de concéder ces territoires à Rabat en contrepartie du retrait des forces marocaines de l'îlot contesté. Un soutien occidental implicite aux revendications marocaines légitimes Ces révélations interviennent alors que l'Espagne attend de connaître l'orientation de la nouvelle administration américaine sur des dossiers stratégiques, notamment le Sahara et Gibraltar. Elles rappellent également que plusieurs puissances occidentales, dont les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, ont historiquement adopté une position réservée sur la souveraineté espagnole sur ses dernières possessions au nord du Maroc. Selon M. Trillo, l'ancien secrétaire d'Etat américain Colin Powell, qui avait mené la médiation entre Rabat et Madrid, avait informé le Maroc de l'imminence de l'intervention militaire espagnole à Leïla. Dans le même temps, l'ancien président français Jacques Chirac aurait conseillé à Madrid de reconsidérer non seulement la question des îles Jaafarines et du rocher d'Al-Hoceima, mais aussi celle de Ceuta et Melilla. Ces éléments relancent le débat sur la position de l'OTAN à l'égard de ces territoires, Madrid cherchant à les inclure sous le parapluie protecteur de l'Alliance atlantique malgré l'absence de reconnaissance explicite dans les textes fondateurs du traité.