Dans un climat diplomatique déjà marqué par de graves tensions entre Paris et Alger, la décision du gouvernement français d'octroyer des visas temporaires aux imams algériens pour la période du ramadan a provoqué une vive controverse. Cette mesure, révélée par l'hebdomadaire Marianne, intervient alors que les relations bilatérales demeurent crispées sur plusieurs fronts, notamment la question des expulsions de ressortissants algériens et la détention de l'écrivain Boualem Sansal. Selon des sources gouvernementales, ces visas permettront l'arrivée de récitateurs religieux en France afin d'accompagner les fidèles durant le mois sacré. Une pratique qui, cette année, prend une dimension éminemment politique, alors que l'Algérie refuse toujours de réadmettre certains de ses ressortissants expulsés par la France. Face à la controverse, un conseil interministériel de contrôle de l'immigration se tiendra le 26 février sous la présidence de François Bayrou. L'objectif : trancher entre la ligne dure défendue par Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur et l'approche plus conciliante portée par le Quai d'Orsay. Un débat gouvernemental sous haute tension D'un côté, selon la presse française, Bruno Retailleau plaide pour un durcissement des conditions d'octroi des visas aux ressortissants algériens, dénonçant une asymétrie dans les relations bilatérales. Il propose une réévaluation des accords franco-algériens de 1968, une réduction drastique du nombre de visas accordés et un gel des avoirs des dignitaires algériens résidant en France. "Nous devons cesser d'envoyer des signaux de faiblesse à Alger", aurait-il affirmé. À l'opposé, Jean-Noël Barrot, ministre des affaires étrangères, prône une approche plus diplomatique, mettant en avant les risques d'un affrontement direct avec Alger. "Nos intérêts économiques et stratégiques imposent une gestion mesurée de ce dossier", aurait-il argué, soucieux de ménager des relations déjà fragilisées par l'affaire Boualem Sansal et le refus algérien de collaborer sur les expulsions.