Le Maroc continue de développer son secteur gazier mais les découvertes réalisées jusqu'à présent restent limitées en volume et en portée. Malgré la présence de plusieurs compagnies, notamment britanniques, les réserves identifiées ne permettent pas encore de parler de gisements majeurs. Graham Lyon, directeur général de Sound Energy, l'une des entreprises les plus engagées dans l'exploration gazière au Maroc, estime que le pays n'a pas encore enregistré de découvertes d'envergure. «À ce jour, aucun champ gazier ne peut être qualifié de "standard mondial". Toutefois, le Maroc offre un environnement de travail attractif et propose des incitations financières encourageant les forages d'exploration», déclare-t-il dans un entretien accordé à la plate-forme spécialisée Attaqa, qui sera publié dans son intégralité le 9 février. Un contexte contrasté L'annonce récente du désengagement de la société grecque Energean du projet offshore d'Anchois illustre les difficultés du secteur. L'entreprise justifie son retrait par des résultats en deçà des attentes. Avec des réserves estimées à 18 milliards de mètres cubes, ce champ reste le plus important gisement gazier non développé du pays, mais sa rentabilité semble limitée pour une entreprise de grande envergure. Pour Graham Lyon, cette situation ne remet pas en cause le potentiel du pays. «Il serait prématuré de conclure que les ressources gazières du Maroc sont limitées tant que tous les bassins n'ont pas été pleinement explorés», souligne-t-il. Sound Energy maintient ainsi ses activités malgré une réduction de ses engagements sur certains permis. L'entreprise s'appuie notamment sur un partenariat avec Mana Energy et sur le soutien de plusieurs actionnaires marocains. Un marché en expansion Le développement du marché gazier marocain repose principalement sur la demande intérieure. Selon Graham Lyon, «le Maroc dispose d'une consommation suffisante et fixe ses prix du gaz en conséquence afin d'assurer l'approvisionnement du marché local en priorité.» Actuellement, la production nationale de gaz naturel est estimée à 100 millions de mètres cubes par an, un volume modeste au regard des besoins du pays, qui importe près d'un milliard de mètres cubes annuellement. À l'horizon 2030, la consommation marocaine pourrait atteindre 1,7 milliard de mètres cubes, et dépasser les trois milliards de mètres cubes en 2040, selon les projections du Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE). Si le Maroc ne peut prétendre à court terme à un statut de producteur majeur, il n'en demeure pas moins que certaines perspectives existent, notamment autour du champ de Tendrara et d'un projet offshore encore en phase préliminaire, dont le développement pourrait s'étendre sur trois à quatre ans. «Le Maroc ne deviendra un acteur mondial du gaz que si des découvertes majeures surviennent, ce qui relèverait presque du miracle», confiait récemment Graham Lyon. En attendant, le royaume poursuit ses efforts pour sécuriser ses approvisionnements et attirer de nouveaux investissements dans l'exploration énergétique.