Les autorités algériennes ont arrêté 27 personnes, soupçonnées d'appartenir au Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK). La répression contre les médias indépendants et les journalistes s'intensifie en Algérie, au moment même où la crise politique et économique fait rage. Plusieurs supports ont fait l'objet d'un raid des autorités et nombre de journalistes ont été arrêtés dans plusieurs régions du pays. Plusieurs d'entre eux s'étaient illustrés ces derniers mois par une couverture remarquable de la troisième vague de Covid-19 qui a terrassé l'Algériet. Ses journalistes ont enquêté et révélé l'ampleur de la crise sanitaire et de la corruption politique, au péril de leur vie. Ils ont également dénoncé la lenteur de la campagne de vaccination et l'incurie du régime. Désespérées d'obtenir l'extradition du chef du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), qui vit en France sous le statut de réfugié depuis une vingtaine d'années, les autorités algériennes ont annoncé lundi avoir arrêté 16 personnes soupçonnées d'appartenir à un groupe séparatiste qu'Alger considère comme une organisation «terroriste» et qui seraient également impliquées dans les feux de forêts. Ces personnes ont été arrêtées au cours des dernières 24 heures dans le cadre d'une affaire d'«atteinte à l'unité nationale, d'atteinte à l'ordre public et d'incitation à un attroupement», car elles sont soupçonnées d'appartenir au Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK), ont indiqué les autorités dans un communiqué. Le communiqué précise que 16 personnes ont été arrêtées à Tizi-Ouzou et Bejaïa (nord), où des affrontements ont eu lieu ces derniers jours entre des manifestants et la police après l'interdiction d'une marche de soutien aux prisonniers d'opinion. Pour le régime algérien, empêtré dans un discours qui frôle le complotisme, ces individus veulent «semer la discorde et la peur parmi les citoyens et de réactiver les cellules dormantes de cette organisation terroriste, sur ordre de parties étrangères». La Ligue algérienne des droits de l'homme (LADDH) avait demandé la libération de plusieurs journalistes arrêtés récemment. Par ailleurs, selon la LADDH, les autorités ont arrêté «le journaliste et défenseur des droits de l'homme Hassan Bouras» et perquisitionné son domicile à El Bayadh (nord-ouest), pour des motifs inconnus. Hassan Bouras, qui est également membre de la LADDH, avait été condamné à un an de prison en 2016 pour avoir «insulté un juge, un membre des forces publiques et un organe gouvernemental». Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), environ 250 personnes sont en prison en lien avec le mouvement de protestation pro-démocratie Hirak qui secoue le pays depuis 2019, ou sur les libertés individuelles. La Kabylie est considérée comme le berceau de ces protestations.