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Santé : Parlez-vous «sbitarien» ?
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 16 - 08 - 2006

Nos étudiants en médecine n'ont pas la tâche facile. Non seulement ils sont confrontés à un système d'enseignement qui n'en finit pas de se réformer, mais ils doivent en outre se dépêtrer, pour identifier les pathologies, du méli-mélo linguistique d'une société multiculturelle.
Les étudiants en médecine casablancais ont autant le sens de l'humour que celui de la communication. Le Conseil des étudiants en médecine de Casablanca (CEMC), qui vient combler un vide en matière de représentation des étudiants et de participation à la prise de décision, vient en effet de publier le premier numéro de «Toubib or not to be», le journal de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca.
Le ton de ce journal, publié sous la forme d'un magazine d'honnête facture, «se veut léger et acéré, simple mais efficace (…) truculent, haut en couleurs et assumant, sans complexe, l'entrecroisement de langues qui fait la richesse (…) de notre culture. De la darija, du berbère, de l'anglais viendront de temps à autre à la rescousse d'un français souvent incapable d'exprimer seul toute la complexité de certaines réalités…»
Au rayon dérision, on se délectera donc de l'article intitulé «Métaphysique de la blouse blanche» dans lequel Roukaya Benjelloun, 5e année, se demande pourquoi le service de néonatologie est-il situé à plus d'un kilomètre de la maternité? «Parce que, ironise-t-elle, une étude menée en triple aveugle (des yeux, du cœur et du bon sens) a montré que 98% des bébés préféraient le confort spartiate d'une ambulance branlante à la douce chaleur du ventre de maman». Ou alors parce que «les généticiens viennent d'identifier un gène existant uniquement chez les citoyens du plus beau pays du monde, le XB2démerdetoitouseul, capable de s'activer dès la sortie de la filière génitale»…
Au rayon sémiologie et linguistique, on suivra avec intérêt la rubrique «Do you speak sbitarish» (Parlez-vous sbitarien ?) dans lequel Sanaâ Touil, étudiante de 4e année, essayera de «chercher les mots les plus fréquemment entendus et utilisés dans le milieu hospitalier marocain et trouver par la même occasion leurs significations exactes, sinon approximatives dans le jargon médical».
Exemple : la tête de l'humérus se dit en marocain «erroummana», la grenade. Ceux qui ont déjà eu l'occasion de voir une tête d'humérus apprécieront la logique de l'appellation. Quant au coccyx, les apprentis médecins finissent plus ou moins vite à le reconnaître sous l'appellation «aadim ttéw», ce qui pourrait se traduire par le petit os du croupion…
Le témoignage des étudiants vient confirmer le bien-fondé de cette rubrique lexicologique. C'est par exemple l'histoire d'Amal B., qui prépare actuellement le concours d'internat, et qui s'est un jour trouvée confrontée, en rhumatologie, à une patiente qui faisait état d'analyses ayant révélé 3 grammes de «brouda», littéralement de froid, dans le sang. Pour Amal, le mystère demeure entier dans la mesure où aucun des marqueurs correspondant aux pathologies rhumatismales n'est dosé en grammes.
C'est aussi celle de Manal B., qui raconte dans son blog avoir mis quatre ans à comprendre que dans le langage populaire, «moujloud» signifiait abcès, qui ne sait toujours pas quel mal désigne ce «boukebbar» dont ses malades lui parlent tout le temps et qui s'est résignée à entendre désigner par «boumezoui» toute la gamme des douleurs abdominales : gastro-entérologiques, péri-ombilicales ou épigastriques.
C'est ainsi que Manal s'est fait un devoir de reproduire sur son blog, à destination des nombreux apprentis médecins qui la lisent régulièrement, la première liste de termes publiés dans «Toubib…» Cela dans la mesure où, souligne Amal, il est important de pouvoir reconnaître les termes utilisés par les malades lorsque ceux-ci se rapportent à un symptôme unique.
Amine Arsalane, étudiant en 4e année et membre du comité de rédaction de cette revue, s'empresse toutefois à préciser que la compétence du médecin permet de dépasser tous les problèmes de communication.
Il demeure pourtant, témoigne Amal, le cas de ces malades exclusivement amazighophones pour qui les problèmes de langue prennent vite la dimension d'un calvaire, «lorsqu'il n'y a pas dans les parages, précise-t-elle, un médecin ou une infirmière de bonne volonté pour servir d'interprète»


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