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Fête de l'Huma : Culture et débats politiques à la pelle
Publié dans Albayane le 19 - 09 - 2010

La fête de l'Huma, édition 2010, n'a pas dérogé aux 75 précédentes, en soufflant sa 80ème bougie, avec une éclipse durant la IIe Guerre Mondiale. L'initiative de Marcel Cachin, en 1930 quand le pouvoir en place voulait étouffer le journal communiste, continue son chemin et s'ancre, année après année, dans le patrimoine culturel français.
Regroupement annuel autour des communistes français, la fête continue à drainer les foules, malgré le score du PCF, en régression soutenue depuis la décennie 80.
Fête de la solidarité, du partage et de la convivialité, elle a connu des moments forts en débats et en culture, avec la présence de dirigeants de toute la gauche française et le squat des scènes par des groupes musicaux et des artistes de renom.
Des hommages posthumes ont été rendus à de grands hommes engagés de la culture française, aux résistants, etc.
Les allées de la fête de l'Huma ont connu, l'espace de 3 jours, une forte intensité, au bonheur de plusieurs centaines de milliers de visiteurs et des stands de commerce (repas, artisanat, livres…).
Soulignons, côté organisation, la maîtrise totale de l'événement festif de masse.
La Fête de l'Huma n'est pas celle du merguez et des frites. De l'avis général, c'est un espace de grands débats, de rencontres politiques et d'ébauche de projets.
Après l'inauguration officielle, par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, la fête a été marquée par une multitude de débats pluralistes. Plus de 200 débats étaient programmés en 3 jours… C'est dire l'intensité exceptionnelle des échanges, des discussions et des rencontres, sans parler des dialogues autour et dans les centaines de stands que la Courneuve a abrités.
Le forum des retraites, conjoncture oblige, aura été, après l'imposant meeting de Pierre Laurent, le Secrétaire national du PCF, et les tabacs de Jacques du Tronc (70.000 spectateurs), d'Alain Souchon, et l'hommage rendu à Jean Ferrat (50.000 participants), le lieu d'attrait le plus significatif. Sans parler des autres spectacles de la Grande Scène, de la Scène Zebrok, avec l'explosion des « désaxés électro» The Prodigy, une formation britannique, le groupe Danakil (reaggae français), les Raggasonic, les dancefloors du groupe Madness ou encore les artistes, plus ou moins engagés (Agnès Bihl, D' de KabalDee Nasty (Hip-hop), Volo pour ne citer que ceux-là. A cela, il faudra ajouter l'Espace théâtre, La scène Jazz'Hum'Ah, le village du Livre…
En plus de la forte affluence enregistrée par le meeting de Pierre Laurent, d'autres thèmes ont également connu une forte participation, à l'image du forum social, le contre sommet de Cancun, le P.O, ponctué de la solidarité avec Hannan Zoab, députée de la Knesset déchue de ses droits pour son soutien à «un bateau pour Gaza» et d'une rencontre avec Manuel Mussalam, curé de Gaza, en présence de nombreux membres du Parlement palestinien, dont certains avaient transité par les geôles israéliennes.
L'Afrique n'était pas du reste. La fête a célébré les «50 ans d'indépendances africaines, une souveraineté à conquérir».
Les thèmes économiques n'ont pas manqué dans les grands débats. «Finances ou industrie ?» «Les peuples européens face aux marchés financiers », pour ne citer que ces thèmes, ont figuré parmi les grands débats.
Les femmes, leur place au travail et dans la société, sur fond des inégalités, hommes/femmes, ont eu leur dose de partage et de discussions à la fête.
Une grande soirée a été consacrée à «La banlieue porte plainte», un recueil de témoignages vivants et d'échanges d'expériences entre hommes et femmes, de quartiers abandonnés, socialement, à travers la France.
Les figures de la Résistance française, qui ont eu le courage politique de s'opposer à Vichy et en ont payé le tribut, ont eu droit à un vibrant hommage, lors d'un débat animé par Guy Kervopessko, conservateur du Musée de la Résistance nationale, l'historien René Bourderon et le résistant Cécile Rol Tanguy, au village du Livre.
Le débat était à son summum après la séance de clôture de la fête, avec les discours de Pierre Laurent et les propos des dirigeants de toute la gauche, du PS au NPA, surtout que la question d'un candidat présidentiel commun du Front de la Gauche ne requiert pas l'unanimité…
Des spectacles de grande tenue, de vibrants hommages
La Fête de l'Humanité, en plus d'un espace politique qui a vécu une fièvre sociale à cause de la remise en cause des acquis des travailleurs, a été également un lieu de grande culture. Plusieurs artistes et groupes d'artistes se sont produits sur les principales scènes, dont la Grande scène, complètement réaménagée pour cette édition.
Chaque jour, une multitude d'artistes de renom se relayaient pour squatter les scènes et se faire plaisir, tout en faisant plaisir à un public connaisseur, venu en masse partager des moments de bonheur et de joie.
Il faudra noter que l'espace imparti ne permet pas de raconter fidèlement ou de faire - trois jours entre mini activités militantes, tours de fêtes et un peu de concerts- tous les spectacles et les espaces de détente et de convivialité que l'immense parc de la Courneuve a abrités.
Côté chanteurs, il faudra signaler le tabac d'Alain Souchon, de Jacques du Tronc, de Fransesca Soleville en hommage à Jean Ferrat, disparu en mars dernier.
Commençons par la fin. Dimanche en fin d'après-midi, Jacques Dutronc, en légendaire de la chanson française, a émerveillé les 70.000 visiteurs venus assister à son spectacle sur la Grande Scène.
Le grand chanteur, qui avait souhaité participer à l'événement pour terminer sa tournée (84 concerts depuis janvier dernier, a eu droit à un tonnerre d'applaudissements, durant tout ce concert apothéose, en chantant plusieurs de ses tubes, dont «On nous cache tout, on nous dit rien». Sans oublier «''J'aime les filles” de la Fête de l'Huma!», le chanteur était en parfaite symbiose avec la pluie de jeunes français et étrangers qui connaissaient parfaitement ses tubes et les répétaient après lui.
En plus des blagues qu'il adressait au public, ses chansons ont été ponctuées par un dialogue avec le public, qu'il trouvait du mal à quitter. Il voulait squatter la Grande scène, les deux heures ne lui suffisaient pas.
Parmi les tubes repris ce dimanche, citons encore quelques uns : Et moi et moi et moi à Il est cinq heures Paris s'éveille, «Hommage de chèvre» ou encore «bizarre de l'hôtel de ville»
Il n'a pas cessé de communiquer avec le public, en parlant de Serge Gainsbourg, avec qui il est coauteur de «l'Hymne à l'amour» (moi le nœud). Il a évoqué, séance tenante, le cinéma et Claude Chabrol qui vient de disparaître et feu Alain Corneau.
Signalons enfin que le numéro 1 de La Mèche (un nouveau journal satirique) a été mis en vente. Et puis j'ai vu des ersatz de concert !
Des jeunes venus de partout, souvent en groupes, ont choisi, vendredi, de camper sur la grande pelouse pour écouter le groupe de musique électro Prodigy. Des bandes de filles, avec l'enthousiasme des lycéennes ont payé les 9 euros, les trois nuits, pour camper, avec une tente canadienne sur la même pelouse. De nombreuses personnes âgées ont également fait le déplacement pour ne pas manquer leur moment militant de l'année.
Les syndicalistes, connus pour leurs discussions traditionnelles, ont centré leurs débats sur les retraites
La 80e édition de ce traditionnel rendez-vous a également été une grande opportunité de solidarité internationale, avec le peuple palestinien et les pays africains, notamment. Débats, discussions et chants militants se levaient sur les allés de la Fête. Les airs de Jean Ferrat remémoraient les valeurs que le poète très proche du peuple défendait mais également ses critiques dans l'engagement - parlent aux gens, surtout en ce moment', explique Patrick Le Hyaric. Ses fidèles compagnons (Allain Leprest, Francesca Solleville, Jehan) et une poignée d'artistes (Enzo Enzo, San Severino, D de Kaballe, Clarika).
Un concert, «Jean des encres, Jean des sources», a été présenté par Michel Drucker, très ému pour la circonstance.
M.K.
Ferrat pour la vie
Emotion sur la grande scène samedi pour l'hommage à Jean Ferrat, présenté par un Michel Drucker retenant ses larmes. La nouvelle génération (Enzo Enzo, Clarika, Sanseverino, etc.) ont repris à leur manière les titres les plus connus du chanteur disparu en février dernier.
A gauche, toutes
Une foule monstre a assisté au meeting de Pierre Laurent, secrataire national du PCF
Presque tout le microcosme politique de gauche est passé par la Fête. Harlem Désir et Claude Bartolone (PS), aux côtés d'Arlette Laguiller et de Nathalie Arthaud (LO), d'Olivier Besancenot (NPA) et de Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), qui s'est éclipsé rapidement. Pour Europe Ecologie, Jean-Marc Brûlé et André Gattolin étaient là, Cécile Duflot, patronne des Verts, étant passée la veille. «Il y a, dans le peuple de gauche, une envie de partage dans l'action» et «une très forte aspiration à l'unité», a assuré le numéro un communiste, soulignant que la gauche pouvait «faire reculer» le gouvernement et «gagner cette bataille» sur les retraites.
Des images de la solidarité
Hannan Zoab, députée de la Knesset déchue de ses droits pour son soutien
à «un bateau pour Gaza», avec Patrick Le Hyaric et Pierre Laurent.
Un moment de grande solidarité


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