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Mohammed Larbi El Kharrim, S.G du Syndicat démocratique des Collectivités locales (FDT) : «Devant la suspension du dialogue, nous sommes contraints d'observer des grèves»
Publié dans Albayane le 09 - 08 - 2010

La tension au sein du secteur des Collectivités locales ne cesse de s'aggraver. Plusieurs grèves ont été observées depuis juillet dernier. D'autres sont prévues pour le mois de Ramadan.
Dans cet entretien avec notre journal, le Secrétaire général du Syndicat démocratique des Collectivités locales affilié à la Fédération démocratique du travail (FDT) impute la responsabilité de cette situation à la direction générale des collectivités locales (DGCL) qui a failli à son engagement de dialogue avec les cinq syndicats représentatifs.
Al Bayane :
Comment évaluez-vous la situation au sein du secteur des Collectivités locales ?
Mohammed Larbi El Kharrim : C'est une situation qui suscite de l'interrogation et de la perplexité. Chaque semaine, le secteur est secoué par une grève depuis le mois de juin, mais personne ne bouge et ne fait attention aux intérêts des citoyens et de la nation, touchés par ces grèves. Les syndicats n'ont pas trouvé l'écoute auprès des responsables qui se comportent avec légèreté et mépris à l'égard de nos actions de protestation. Ni le gouvernement, ni le Ministère de l'intérieur, n'ont pris l'initiative d'ouvrir le dialogue avec les syndicats, ni même de s'interroger sur ce qui se passe. Que le département de tutelle réponde, au moins, à nos communiqués et déclarations de presse, explique à l'opinion publique ce qui se passe et apporte les éclairages nécessaires. Nous nous interrogeons si vraiment il y a gouvernement ou pas. Et vu ce mutisme collectif observé par le gouvernement et aussi par le département de tutelle, cette attitude nous pousse à accroître le rythme de nos actions de protestation.
Nous regrettons de l'impact préjudiciable des grèves sur les intérêts des citoyens et notamment nos ressortissants à l'étranger qui nous sont chers, mais nous sommes contraints d'agir ainsi, devant l'absence d'écoute et la fermeture des portes du dialogue. Nous ne disposons d'aucun autre moyen de protestation et de pression. Notre secteur souffre depuis une trentaine d'années de problèmes profonds et difficiles.
Quel était le taux de réussite de la grève les 3 – 4- 5 août dernier ?
Nous estimons que le taux de réussite a dépassé les 90 %. Cette grève a paralysé tous les services des Collectivités locales, tant rurales qu'urbaines.
Quelle sera votre action future?
Nous travaillons dans un cadre organisé. Nos instances décisionnelles vont se réunir au début de la semaine prochaine pour évaluer la situation et décider des actions futures. Nous allons également nous concerter avec nos alliés pour décider ensemble les actions futures à entreprendre.
Nous considérons que l'alliance avec les autres syndicats, et notamment avec nos collègues de l'Union nationale du travail au Maroc (UNTM), est stratégique, vitale et nécessaire pour notre secteur.
Au départ, la coordination était tripartite comprenant la FDT, l'UNTM et l'UMT (Union marocaine du travail), avant de se limiter à deux syndicats seulement : FDT et UNTM. Pourquoi ?
Nous œuvrons en permanence pour le regroupement des syndicats au sein d'une même coordination, car nous considérons que l'unité de l'action syndicale est le seul moyen pour faire pression sur le département de tutelle afin de revenir à la table des négociations et reprendre le dialogue. Nous considérons qu'aucun syndicat, seul, n'est capable d'arracher même un point ou une virgule du Ministère de l'intérieur. Certains collègues ont décidé de quitter la coordination et agir de manière unilatérale, nous respectons leur point de vue et leurs actions, mais nous espérons relancer la coordination intersyndicale dans les prochains jours.
Pourquoi l'UMT s'est retirée de la coordination ?
Réponse : Nous ignorons les raisons objectives de ce retrait. Nos collègues de l'UMT ont décidé unilatéralement une grève les 13-14 et 15 juillet, alors que nous avions, FDT et UNTM, appelé au report de cette grève d'une semaine afin d'en réussir la mobilisation organisationnelle et médiatique. Nous espérons leur retour à la coordination. A cet effet, une réunion tripartite devra se tenir la semaine prochaine pour clarifier les choses entre nous et relancer l'action unitaire.
Pourquoi le dialogue avec le ministère de l'intérieur s'est interrompu ?
Réponse : Ce dialogue a commencé en novembre 2009 entre les syndicats et la Direction générale des Collectivités locales (DGCL) et au cours duquel on s'était mis d'accord sur la méthodologie, les ordres du jour des échéanciers précis des réunions programmées. Quatre points essentiels ont été alors retenus pour ce dialogue : Le nouveau statut relatif au personnel communal, la sortie du statut de l'établissement d'œuvres sociales, la révision du système indemnitaire et la formation et formation continue.
D'autres points supplémentaires ont aussi été ajoutés à l'ordre du jour , mais dont la satisfaction ne nécessitait que la publication d'un décret, arrêté ou circulaire de la part du ministère, à l'instar du point concernant la régularisation de la situation des diplômés, dessinateurs, conducteurs de chantiers et agents publics.
De même que la question concernant la suppression des échelles de 1 à 4. Après le changement à la tête de la DGCL, une réunion protocolaire a eu lieu en mi - avril avec le nouveau Wali directeur, en présence des cinq syndicats.
Le nouveau directeur s'était alors engagé de relancer le dialogue après le premier mai, sur la base des points sur lesquels s'était interrompu le dialogue en février dernier. Depuis cette audience, nous attendons toujours la relance du dialogue. Malheureusement, le Wali directeur général de la DGCL n'a pas tenu son engagement jusqu'aujourd'hui.
Vous avez qualifié vos revendications de profondes. Lesquelles ?
Nos principales revendications portent d'abord sur la promulgation d'un nouveau statut relatif au personnel communal. Mis en œuvre depuis plus de trente ans, l'actuel statut est devenu anarchique et ne répond plus aux développements connus par le secteur eu égard aux nouveaux rôles de développement dévolus aux Collectivités locales et en considération de l'évolution importante des ressources humaines travaillant dans le secteur.
Ce nouveau statut devra définir notre identité, nos droits et obligations.
Ensuite, il y a la nécessité urgente de la création d'un établissement d'œuvres sociales à l'instar des départements ministériels qui disposent, tous, d'établissements similaires. La création de cet établissement est vital pour notre secteur, vu les salaires médiocres perçus par le personnel communal, et qui sont des plus bas comparativement à ceux en vigueur au sein de la fonction publique.
Cet établissement est un moyen d'améliorer la situation matérielle et sociale du personnel communal, à travers l'octroi de prestations en matière de transport, logement, estivage, rentrée scolaire…. Parmi nos revendications, il y a lieu également de mentionner la révision du système indemnitaire, la régularisation de la situation des diplômés, dessinateurs, conducteurs de chantiers et techniciens.
Et puis la mise en place d'un nouveau système de promotion interne favorable au personnel communal, en plus de la promulgation du décret relatif à la suppression des échelles de 1 à 4, comme il a été décidé dans le cadre du dialogue social. Le nombre d'agents qui vont bénéficier de cette mesure s'élève à 68 milles fonctionnaires, soit 45 % de l'effectif total du personnel communal. De même, nous plaidons pour clarifier les rapports entre les élus et le personnel, qui est une relation qui n'est pas claire. Nous plaidons pour confier la gestion des ressources humaines entre les mains du Secrétariat général du Conseil communal. Les prérogatives du dit secrétariat doivent s'étendre pour couvrir les décisions de notation, sanction, promotion et suivi.
Aussi, la nomination du secrétaire général doit-elle émaner du ministère de tutelle.
Et qu'en est-il des libertés syndicales ?
Réponse : Notre secteur jouit d'une liberté syndicale, bien que cette liberté n'ait pas atteint le niveau souhaité. Mais, si la majorité des présidents communaux et d'agents d'autorité respectent cette liberté, il y a des mentalités qui refusent toujours d'admettre que le Maroc est rentré à la troisième millénaire et que le droit à la grève et la liberté syndicale sont stipulés par la Constitution.
La multiplication de grèves suscite certains dégoûts chez les citoyens et citoyennes qui voient à chaque fois leurs intérêts retardés par ces grèves. Cette réaction ne vous embarrasse-t-elle pas ?
Sans aucun doute, les intérêts des citoyens et notamment nos ressortissants marocains à l'étranger, sont lésés sous l'effet des grèves et nous nous excusons en regrettons. Mais nous n'avons aucune
autre alternative que la grève. Nous imputons la responsabilité de ces grèves au Ministère de l'intérieur. Tous les syndicats considèrent que ce département de tutelle a failli à ses engagements et ses promesses de dialogue.
Une unanimité est dégagée autour de ce point.
Votre secteur est accusé d'employer des fonctionnaires fantômes. Qu'en dites -vous ?
Notre secteur est accusé de clientélisme, favoritisme et de compter des fonctionnaires fantômes. Mais il est loin de tout cela.
Certes, il ya ici et là des abus et des fonctionnaires fantômes comme c'est le cas dans de nombreux secteurs. Il ne faut pas généraliser, car ce phénomène n'est pas une caractéristique dominante au sein de notre secteur qui est , au contraire, un secteur discipliné, travailleur et imprégné de nationalisme.
Quant à nous, nous sommes contre le phénomène de fonctionnaires fantômes et nous luttons contre. On ne peut fermer les yeux sur un fonctionnaire qui perçoit un salaire, mais sans fournir le travail égal. C'est inadmissible.


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