Commerce extérieur : baisse des indices des valeurs à l'import et à l'export    TGV : Alstom annonce un plan d'investissement de plus de 150 millions d'euros    Le président du Sénat chilien appelle à réactiver la coopération avec le Maroc    Le Royaume-Uni discute avec le Maroc l'autonomie au Sahara    Afrique : Des Etats membres de la SADC volent au secours du Polisario    La taxe Trump de 10% met en lumière le déséquilibre commercial entre le Maroc et les Etats-Unis    L'ACAPS accélère la transformation numérique du secteur des assurances avec le programme "Emergence"    Maroc : L'USFP condamne une décision du président Erdogan    Ali Ansari : «La tutelle de l'Algérie sur le Mali est révolue»    Achraf Hakimi devient l'ambassadeur d'Under Armour    Aziz Akhannouch lidera reunión clave para implementar ley de penas alternativas en Marruecos    Mise en œuvre des peines alternatives : Aziz Akhannouch fait le point    Maroc-France : vers un renforcement de la coopération en santé    Berlin : Abdeljebbar Rachidi et ses homologues africains lancent le Réseau africain sur la solidarité et le handicap    Propagande algérienne sur le Sahara : La France réitère son soutien à la souveraineté du Maroc    CAN U17 : Le Maroc et la Zambie se quittent sur un nul blanc    Droits de douane américains : Le Maroc bénéficie d'un taux avantageux    CAN U17 : Les Camerounais dans le rouge, les Sud-africains en standby !    CAN U17 / Zambie-Maroc: Les Chipolopolos et les Lionceaux du coup d'envoi    Liga : Feu vert pour Dani Olmo et Pau Victor avec le Barça jusqu'à la fin de la saison    Guerre commerciale : l'UE prépare sa riposte aux taxes américaines    Turquie : Décès de neuf migrants en mer Égée    Le Conseil de gouvernement adopte un projet de décret sur le régime de sécurité sociale    Droits de douane de Trump : Entre menaces de riposte et appels au dialogue    Le Conseil de gouvernement adopte un projet de décret-loi relatif à l'Agence nationale des eaux et forêts    Le Conseil de la Concurrence autorise l'acquisition par le Groupe AKDITAL de deux établissements de santé à Laâyoune    Safi : Interception record de16 Tonnes de Chira !    L'AMSSNuR tient la huitième session de son conseil d'administration    SIEL 2025 : Rabat accueille la 9e semaine de la langue espagnole    Accès aux monuments historiques : Lancement de la 1ère plateforme électronique de vente de tickets    Aid Al-Adha : Coût de la subvention à l'importation d'ovins en 2023-2024 atteint 437 millions de dirhams    Le FMI accorde une nouvelle ligne de crédit flexible de 4,5 milliards de dollars au Maroc    Droits de douane américains : Les Européens « prêts à réagir »    CAN U17/ Programme de la journée    Conjoncture : la croissance de moins en moins sensible aux activités agricoles    AP-UpM: Rachid Talbi El Alami plaide pour un partenariat équilibré entre le Maroc et l'Europe    Le domaine de la Santé, « un vaste champ d'action » de la coopération franco-marocaine    Lancement d'une nouvelle version du portail national Maroc.ma dotée d'une interface remaniée    Trump impose de nouveaux tarifs douaniers et distingue les pays amis du reste du monde : 10 % pour le Maroc, 30 % pour l'Algérie et 28 % pour la Tunisie    Nouveaux droits de douane américains : 10 % pour le Maroc, le Golfe et l'Egypte... et 30 % pour l'Algérie    Classement FIFA: le Maroc fait un bond de deux places    Les Lionnes de l'Atlas s'entraînent avant les matchs contre la Tunisie et le Cameroun    Une subvention de 437 millions de dirhams pour l'importation d'ovins partie en fumée, sans effet notable sur les prix    Le Statut de l'artiste : Désormais une réalité pour le Burkina Faso    La Côte d'Ivoire fait son cinéma au Maroc    France. Le célèbre animateur Arthur champion de la lutte contre l'antisémitisme    Libye : Un ADN ancien de 7000 ans révèle une lignée de l'Afrique du Nord    Festival Mawazine: Will Smith et Kid Cudi en têtes d'affiche    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'investissement public, moteur de développement ?
Publié dans Albayane le 28 - 10 - 2021

Un projet de loi de finances s'apprécie essentiellement par l'importance accordée aux dépenses de l'investissement. Ce sont ces dernières qui exercent plus d'impact sur l'économie et la société de par leurs « effets d'entrainement » tant à l'amont qu'à l'aval. Qu'en est-il dans le cas du Maroc ? C'est à cette question que nous tenterons modestement d'apporter des éléments de réponse dans la perspective de prolonger le débat qui se déroule actuellement au sein de l'enceinte parlementaire sur les orientations du PLF 2022. Un débat que nous voulons serein, sans parti-pris et sans agitation inutile.
Il serait bon de rappeler de prime abord cette évidence : la loi de finances, dont le budget de l'Etat constitue une composante fondamentale, n'est pas un « amas » de ressources et de dépenses. Comme une maison n'est pas un amas de pierres et de béton. C'est une construction scientifique bien élaborée dans le cadre d'une discipline académique portant le nom de « science des finances publiques ». Ainsi, un budget est soumis au respect de quelques principes généraux comme l'annualité, la spécialité, l'universalité et l'unité. A ces quatre principes de base se sont ajoutés deux autres : la sincérité et l'équilibre budgétaire. Tout cela pour permette plus de visibilité et une meilleure lisibilité, afin que les gouvernements s'astreignent à respecter la volonté populaire et à gérer sainement les biens publics et l'argent du contribuable, une fois qu'ils aient obtenu l'autorisation parlementaire pour lever l'impôt et créer la dépense. D'ailleurs, on a instauré au niveau international un classement de pays selon le niveau de leur transparence budgétaire. Le Maroc se retrouve dans une position proche de la moyenne mondiale.
Le budget est donc un ensemble de ressources face à une série de dépenses. Intéressons-nous à ces dernières. Celles-ci sont de trois sortes : les dépenses de fonctionnement, les dépenses relatives au service de la dette et les dépenses d'équipement. Les deux premières, surtout celles relatives au fonctionnement, sont incompressibles et indispensables. Les dépenses de fonctionnement, constituées par les salaires versés aux fonctionnaires de l'Etat, les frais de fonctionnement de l'administration et un certain nombre de charges communes relatives au soutien des prix de produits de base, appelées également dépenses ordinaires, n'ont qu'un effet limité, qui s'exerce au niveau de la demande et du pouvoir d'achat de la population. Bien sûr, un accroissement de la demande a un effet favorable sur l'investissement et donc sur l'offre inversant une loi selon laquelle « chaque offre crée sa propre demande » (Jean Baptiste Say).
En revanche, les dépenses d'investissement sont celles qui ont le plus d'impact sur l'économie. C'est à leur aune que l'on juge un budget d'expansionniste ou d'austéritaire. C'est en fonction de l'importance de l'investissement public, que l'on apprécie la nature de l'Etat : libéral ou interventionniste, gendarme ou providence. Cet investissement public pourrait constituer un véritable moteur de l'économie et un stimulant au développement d'une complémentarité avec l'investissement privé dans une stratégie de développement autocentrée et intégrée. L'on sait en effet que l'investissement public, de par l'effet du « multiplicateur keynésien » produit une augmentation multiple du revenu. Un dirham investi aujourd'hui pourrait générer, à terme, un revenu de 5 DH ! Ce revenu additionnel sera affecté, à son tour, soit à la consommation, soit à l'épargne et donc à l'investissement. Il s'agit, dans ce cas, de l'effet accélérateur. Ces deux effets, multiplicateur et accélérateur, ne jouent parfaitement que dans une économie autocentrée et intégrée. Car, dans les économies dépendantes et désintégrées, ces effets sont très réduits et s'exercent dans les économies du « Centre » pour utiliser une notion chère à l'Economiste Samir Amin. C'est pour cela que l'investissement public au Maroc, malgré son importance relative, ne produit pas tous les effets escomptés. Il faut pour cela des réformes de structure et un changement de méthodes de gouvernance.
Suite de la Une
D'abord, il convient de lever un certain nombre d'équivoques autour des chiffres avancés par le PLF. On parle d'une enveloppe globale de 245 MM DH au titre de l'investissement public qui comprend l'investissement inscrit dans le budget général, de l'investissement des CST (comptes spéciaux du trésor), des SEGMA (services économique gérés de manière autonome), des collectivités territoriales (communes et régions), des EEP (entreprises et établissements publics) et du Fonds Mohamed VI pour l'investissement. Tel qu'il est annoncé, ce montant de 245 MM DH nos parait énorme. Il représente plus de 20% du PIB ! Mais en décortiquant ce chiffre à la lumière des faits, on revient à des proportions beaucoup plus modestes. D'abord, il y a une différence entre le prévu et le réalisé. Le taux de réalisation oscille dans une fourchette de 60 à 80 %. En nous plaçant dans une hypothèse optimiste, celle de 7O%, ce chiffre est ramené à 170 MMDH. Ensuite, ce qui est réalisé ne se fait pas dans les règles saines de gestion en raison de multiples dysfonctionnements et anomalies telles quelles ont été relevées dans les rapports de la cour des comptes et d'autres organismes. Enfin, on rencontre plusieurs zones d'ombre dans les chiffres et les transferts du budget soit vers les EEP ou vers les CST et surtout vers ces derniers appelés, non sans exagération « caisses noires ». C'est pour remédier à ces insuffisances et améliorer l'efficacité de la dépense publique et le rendement de l'investissement public que des réformes sont lancées notamment au niveau du secteur public. Les choses sont encore à leur début. Mais l'intention est bonne : on préconise une gestion axée sur les résultats, une reddition des comptes, un redimensionnement et une restructuration du secteur public .... La création de l'Agence Nationale de gestion stratégique des participations de l'Etat a comme mission de vieller d'assurer la cohérence et la convergence entre les parties du puzzle.
Ces réformes de fond, comme celles devant intéresser le secteur privé en lui coupant les ponts avec les sources de la rente et les positions monopolistiques, pour le ramener à jouer sur le terrain de la rationalité et de la concurrence, sont des préalables à la mise en place effective d'un NMD. Ce faisant, on donnera confiance aux citoyens dans l'avenir en leur montrant que le changement n'est pas une fiction, encore moins une parodie. C'est un changement voulu et assumé. C'est du sérieux. Tout atermoiement dans ce sens ne ferait que courir à notre pays des risques dont il faut bien se passer. Nous avons d'autres défis à relever. D'autres chats à fouetter.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.