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Abdel Aziz Belal, le praxiste
Publié dans Albayane le 23 - 05 - 2021

Nous célébrons ce 23 mai 2021, le 39éme anniversaire de la disparition tragique du professeur et militant Abdelaziz Belal. A cette occasion, le Centre d'Etudes et de Recherches Aziz Belal (CERAB) a publié la traduction -en arabe- de l'un de ses deux ouvrages phares en l'occurrence «le développement et les facteurs non économiques». Il compte réunir ses écrits notamment ses articles, et les publier sous forme d'un recueil pour les rendre plus accessibles aux chercheurs.
Bien qu'il n'ait pas reçu toute l'attention qu'il mérite, Belal est une figure de proue qui a marqué de ses emprunts la pensée marocaine de la seconde moitié du XXème siècle. Sa démarche est plus que jamais d'une grande actualité.
Belal n'était pas un pragmatique. Il ne liait pas l'action à ce qu'elle rapporte et n'agissait pas, ainsi, en fonction de son propre intérêt ou de l'intérêt de son parti (PPS). Ssi Aziz, comme l'appelaient ses camarades et ses collègues, avait le sens du sacrifice. Ce qui importait le plus pour lui, c'est l'intérêt général qui renvoi aux aspirations des masses populaires, à l'achèvement de l'indépendance du pays et au parachèvement de son intégrité territoriale.
Son rêve s'inscrivait dans le rêve collectif qui trouvait son expression dans sa mobilisation en tant qu'intellectuel engagé en faveur d'une citoyenneté agissante s'exprimant à tous les niveaux ; que militant de la première heure prenant son bâton de pèlerin pour prêcher la bonne parole; ainsi qu'en tant qu'économiste hors-pair qui aspirait à affranchir la société du joug du sous –développement.
Belal n'était pas non plus un réaliste. Il réfutait de par son comportement, la maxime cartésienne qui incite à «changer ses désirs (ou idées) plutôt que l'ordre du monde». Il ne cherchait pas à comprendre le réel seulement, mais il cherchait aussi, à le changer. Bref, Ssi AZIZ s'est immunisé contre l'opportunisme et s'est donné ainsi, une mission, celle de servir l'Homme. D'ailleurs, il a tenu la dragée haute à ses détracteurs qui assimilaient l'économie à une «physique sociale», en vue de réduire l'Homme à l'homo economicus pour en faire un moyen. Il s'est servi de son savoir et de sa capacité pédagogique pour consacrer le statut initial de l'économie en tant que science sociale voire morale.
A cet effet, il s'est engagé politiquement pour dénoncer la cupidité du Capital et l'exploitation du Travail dans une démarche praxiste qui consiste à mettre en rapport le théorique et la pratique et à faire valoir l'aspect dialectique de la relation entre l'action et la réflexion. De fait, Belal, comme tout praxiste, avait le pessimisme de la réflexion et l'optimisme de l'action. sachant que «rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue» (Victor Hugo), Ssi AZIZ luttait sur tous les fronts pour gagner la bataille des idées. Il s'est servi de la recherche pour promouvoir les idées qui réhabilitent l'Homme et le repositionnent en tant que finalité; et a usé de son statut d'intellectuel pour les vulgariser et les rendre accessibles au citoyen lambda; comme il a mis à contribution son militantisme pour les mettre en pratique.
Dans ce cadre, Belal s'intéressait à plusieurs domaines, mais ne courait pas plusieurs lièvres à la fois. Il ne portait pas plusieurs casquettes, mais une casquette avec plusieurs facettes. Il a évité la tour d'ivoire de l'académicien, en cultivant le comportement de l'homme de terrain. A ce titre, il a supervisé, en tant que secrétaire général du Ministère de travail (1959), la mise au point du projet de sécurité sociale et a assumé, à la fin de sa vie, des responsabilités en tant que vice-président de la commune d'El maarif à Casablanca.
Belal était un intellectuel qui préférait au confort des salons et au politiquement correct, le militantisme qui l'amenait à sillonner le Maroc profond pour réconforter les damnés de la terre et se ressourcer. Bref, là où passait Belal, il laissait des traces par sa réflexion, son action et aussi par son comportement. Belal était un intellectuel authentique. Sa «traçabilité» le prouve.
Président du Centre d'Etudes et de Recherches Aziz Belal (CERAB)*


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